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DERNIERS JOURS de l’État du ciel artistique au Palais de Tokyo...

vendredi 20 octobre 2017, par André Balbo

A partir du 6 juin, après le lancement encore récent de l’État du ciel, Partie 2, avec Hiroshi Sugimoto, Thomas Hirshhorn, Vivien Roubaud, Thomas Teurlai, et Tatiana Wolska, voici révélée la Partie 3, avec Ed Atkins (Bastards), All that Falls (Attention à la chute), 100 ans plus tard, et quelques autres.

Le Palais de Tokyo n’a pas son pareil pour présenter les créations artistiques les plus contemporaines, très à leur place dans ces volumes perpétuellement incomplètement reconstruits et profondément modifiés qui se prêtent aux dérives, à la poésie et aux surprises. À voir bien entendu !

Du 14 février au 7 septembre 2014, le Palais de Tokyo (dont la fréquentation annuelle voisine les 800 000 visiteurs, joli succès !) nous hisse sur la pointe des pieds pour scruter "L’État du ciel". Ce titre témoigne de l’attention portée par artistes, poètes, et philosophes aux circonstances physiques, morales et politiques de notre monde.

Au cours de ce semestre, une dizaine de propositions ou d’expositions répondront à ce que Breton disait à propos de Giorgio de Chirico : « L’artiste, cette sentinelle sur la route à perte de vue des qui-vive. »

L’art moderne ou contemporain prête une active attention à l’état du réel, quand souvent les artistes, pour transformer le présent, avancent parfois les solutions poétiques pour répondre aux circonstances.

© Angelika Markul, Gorge du Diable, 2013. © Hiroshi Sugimoto, Lightning Fields 130, 2009. © Ed Atkins, Us Dead Talk Love, 2012.

Ces constats donnent naissance à de nouvelles formes d’expositions qu’une fois encore ce mot ne suffit plus à définir. Ainsi, la transposition du thème de la lamentation dans le langage du cinéma, inspirée de l’Atlas Mnémosyne d’Aby Warburg, par Georges Didi-Huberman et Arno Gisinger, ou la réflexion sur la chute, du mur de Berlin aux Twin Towers, proposée par Gérard Wajcman et Marie de Brugerolle, ou encore l’immense installation Flamme éternelle, de Thomas Hirschhorn, consacrée aux relations entre art et philosophie, qui sera activée par la présence de près de 200 poètes et intellectuels qui viendront débattre de la façon dont ces relations peuvent modifier notre conscience.

Ajoutons les 10 fictions d’Hiroshi Sugimoto sur le thème de la disparition de l’humanité, ou la méticuleuse exploration faite par Angelika Markul des catastrophes de Tchernobyl et Fukushima, ou encore les hybridations virales corps-machines conçues par David Douard et les variations digitales d’Ed Atkins. À chaque fois, les symptômes d’un état général du monde s’articulent entre contemplation et action.

L’État du ciel, inspiré du titre Le Promontoire du songe, de Victor Hugo dans lequel il écrit : « L’état normal du ciel, c’est la nuit », concerne bien le temps qu’il fait. Un temps politique, dans lequel voir est déjà une manière d’agir.

Partie 1.

Georges Didi-Huberman et Arno Gisinger, Nouvelles histoires de fantômes (14/02 - 07/09).

À partir de l’aphorisme du critique d’art Aby Warburg qui écrivait en 1929 sensiblement que l’usage fait des images était devenu en quelque sorte " une histoire de fantômes pour grandes personnes ", ces deux artistes ont installé un vaste champ d’images qui s’observe dans un premier temps d’une cursive, puis que l’on peut traverser, en évitant les écrans, petits bipèdes dans un monde d’images.

Les images de ce volume considérable sont soit verticales et fixes, ce qui définit le champ, soit sont des séquences animées sur les multiples grands écrans du sol.

Un fond musical de lamentation, un sol aux aspects éphémères, la réinterprétation par la reproductibilité d’images artistiques ou pas, nous amènent à nous mouvoir dans cette installation fantôme où notre attention se noiera dans cet ensemble ou se fixera un temps sur une image, fixe ou animée.

Arno Gisinger a photographié et rend compte, transformée, de l’exposition "Atlas", tenue à Hambourg en 2011, lui créant ainsi une suite, de même le fit-il d’un document précieux, un vieux carnet transformé par Jacob Burckhardt dans les années 1833-1836.

David Douard, Mo’swallow (14/02 - 12/05)

Cet artiste présente une installation qui mêle vidéo, sculptures, sons, bouteilles de lait, tuyaux et cloisonnements. La proposition, déconstruite, n’en est pas une car elle s’impose. Soif de connaître, d’absorber, encore et encore, de transmettre la vie, de se transformer.

Des parties sèches de l’installation puis d’autres où le liquide s’écoule, avec son bruit doucereux, réconfortant, sa semi opacité, telles les éléments d’une ville objectivisée, inter reliés, les flux s’écoulent. Mais ce qui s’écoule est peut-être, ou surement du lait contaminé. Il nourrit et apporte la purulence aussi. Le liquide se révèle trouble et ambivalent.

Cela parait confus ? Que vous en restera-t-il ? Quelles traces ces doutes et ses rumeurs laisseront-ils en vous ? D’où proviendront les prochaines contaminations...

Angelica Markul, Terre de départ (lauréate du Prix Sam pour l’art contemporain 2012), 14/02 - 12/05

Ce prix récompense un artiste de la scène française créant un projet pour un pays non européen.

5 étapes. Bambi à Tchernobyl. No man’s land du site de la catastrophe. Images glissantes d’un sous-bois sans feuille où le bois parait rouillé. Une musique proche du drame du Bambi de Walt Disney, à la mort de la mère... Une pièce de silence. Des matières qui furent vivantes, séchées, ou minérales. Puis l’inversion des chutes d’Iguaçu, site immense et terrifiant, sur deux écrans. Un couleur de repos, de noir, d’anthracite. Puis la machine dont la valse lente montre une autonomie conquise. Ce parcours est aussi à sa manière une forme de train fantôme...

Coproduction Cnap et FRAC Lorraine, Des choses en moins, des choses en plus, (14/02 - 02/03)

Il s’agit là d’œuvres à protocoles. 43 artistes avec des performances actives qui s’inscriront ou pas dans le lot présenté. 18 accueillants regardeurs par exemple, certains scrutant, d’autres au regard vague. Des vélos dont les roues à certains moments, créeront des reflets. Des images et des mouvements qui apporteront des idées à un nouveau vocabulaire auquel le public pourra être participant et créateur... Des poèmes lus, dont la sélection variera en fonction de la couleur de la carte tirée...

***


Sculpture-installation Baôli, de Sheila Hicks

Et ce n’était que la première partie. Maintenant nous pouvons voir, depuis le 25 avril 2014 :

Partie 2.

(25/04 - 07/09).

Hiroshi Sugimoto, Aujourd’hui le monde est mort. L’artiste philosophe architecte japonais, influencé par Marcel Duchamp, est de plus en plus présent en France.

Love Doll Angie. Quand les hommes finiront, selon Sugimoto, réinterprété par Jean de Loisy, par ne plus avoir le courage de faire l’amour avec les femmes. La réplique pourra-t-elle dépasser la réalité ?

Après Arles et la Fondation PB-YSL, le voilà au Palais de Tokyo avec sa tranquille assertion Aujourd’hui le monde est mort.

Promenade réflexive autour d’objets de sa collection et d’installations ouvrant à de la profonde story-philosophie.

Entrez dans ce cimetière gourmand et d’une grande patience où les ismes (communisme & Cie) qui nous faisaient attendre un avenir meilleur se sont tous dissous, où l’humanité ne se pollinise plus elle-même (disparition des abeilles, homosexualité, love doll), et où les traces fossiles de mondes et d’êtres disparus nous entourent et nous plaignent du fond de leurs grands âges minéraux... Captivant.


Terrifiant raccourci que ces corps et végétaux, qui furent vivants, emprisonnés depuis la nuit des temps dans la roche, et cette bouteille alambiquée supposée enfermer les derniers litres d’air terrestre...

Thomas Hirshhorn (25/04 - 23/06), à partir de ses 4 lignes de conduite, jette son cri optimiste la Flamme éternelle. Elle peut être là : soyez présent (en venant réfléchir, partager, et agir), donc producteur (d’idées, de créations, de liens, de rencontres, de résistance par le travail), un lieu gratuit existe au Palais de Tokyo, et ses flux bien réels de créateurs, philosophes, intellectuels, artistes et autres... ne sont pas programmés.

Thomas Hirshhorn, premier concerné, sera tout le temps présent. Le nom des 300 autres personnes qui viendront ne seront affichés que lorsqu’ils y seront.

Si la Flamme est là, ce n’est ni une œuvre, ni une installation. C’est une situation "permettante"... Une occasion à saisir pour ceux qui ont quelque chose à dire. Internet, bibliothèque en devenir, lieux de détente, de création et de partage cernés d’une immense et épaisse vague protectrice de pneus. Central, une flamme matérialise le cœur de cet endroit qui crée et réfléchit.

Contrepoint radical et optimiste du travail de Sugimoto... à proximité du bar et du restaurant... annoncés à prix coûtant.

Vous voulez voir un peu de quoi il retourne ? Un petit extrait vidéo ?

http://youtu.be/jVxOFn6UVKQ

- Avec Baôli, de Sheila Hicks, architecte, peintre et sculpteur, une œuvre semi-pérenne à la fois publique et scénique, recrée, colore et illumine un lieu un peu destroy par la multitude de couleurs et le confort visuellement suave qu’elle inocule avec ses flots de fibres végétales.

- Tant d’autres choses à voir encore... dont les installations de Vivien Roubaud instillant la notion de danger : douloureux mariage de la lame de scie à rubans brinquebalée de mouvements aléatoires éventrant à l’occasion un pauvre matelas, celles de Thomas Teurlai, flirtant entre risque et inquiétude, extension d’un son (de trompe tibétaine ?), en surface et profondeur, d’une large plaque de verre, simulation d’une bouche d’aération de métro... avec passages de rames fantômes ! Et les sculptures traversantes de Tatiana Wolska. Et il en reste, vous ne serez pas déçus !

Partie 3.

Ed Atkins (06/06 - 07/09). Pour sa 1ère exposition monographique en France, Ed Atkins présente Bastards, installation monumentale en triptyque vidéo. Délirant, possédé et monstrueux, un personnage “sous influence”…

Lamentations, dénigrement et supplication, rythment la vidéo où ses errances et dérives psychiques trouvent leur écho dans le flux continu de l’image, du texte et de la bande-son. Une œuvre viscérale et organique qui interroge sur la représentation de soi, la métamorphose interne de l’être, et l’expression du doute.

Ed Atkins, Us Dead Talk Love, 2012. Courtesy de l’artiste, Cabinet, London et Galerie Isabella Bortolozzi, Berlin

All that falls / Attention à la chute. (06/06 - 07/09). Sous le commissariat de Marie de Brugerolle et Gérard Wajcman, et avec Ronald Amstutz, Vasco Araújo, Julien Bismuth, Jean-Pascal Flavien, Dominique Ghesquière, Lola Gonzàlez, Camille Henrot, Willy Kautz, Agnieszka Kurant, Julie Legrand, Urs Lüthi, Michael C. McMillen, Steve McQueen, Philip Metz, Deimantas Narkevicius, Tony Oursler, Daniel Pommereulle, Benoit Pype, Delphine Reist, Lili Reynaud Dewar, Jimmy Robert, Miri Segal, Pablo Vargas Lugo, et la participation de Felix Baumgartner.

"Du Mur de Berlin aux Twin Towers, le XXIe siècle est né dans les chutes. Traumatiques ou libératoires, réelles ou métaphoriques, entre crises, krachs, crashs, tsunamis, déboulonnages de régimes et sauts à l’élastique, par les temps qui courent, ça tend à tomber. Mais tout ce qui tombe ne tombe pas toujours mal. La chute n’est pas que déprimante ou désastreuse. Au milieu des tragédies, des éclairs de vérité peuvent aussi nous tomber dessus : quand tombent les illusions..."


Willy Kautz, IL H O O Q (2013), Dessin, peinture et collage ; animé par Crec Maniak ; 37min (en boucle)

Et encore à venir : Michaela Eichwald, Lauréate du Prix Lafayette 2012 (11/07 - 07/09) ; Alessandro Piangiamore, Les Modules, Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent (11/07 - 07/09).

L’État du ciel, Partie 1, Partie 2 et Partie 3 jusqu’au 7 septembre 2014, au Palais de Tokyo, 13, avenue du Président Wilson, 75 116 Paris. 01 81 97 35 88. Métro Iéna et Alma Marceau, bus 32, 42, 63, 72, 80, 82, 92. RER C Pont de l’Alma. De midi à minuit tous les jours, sauf le mardi, fermé les 1er janvier, le 1er mai et le 25 décembre, 10 ou 8€.

***

Vous retrouverez dans les articles 2013 et 2014 à Paris : LES GRANDES EXPOSITIONS de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2013, et CALENDRIER 2014 des grandes expositions à Paris, ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Enfin, contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous avions établi notre sélection, avec Paris 2013 : LES MEILLEURS CATALOGUES d’expositions de Paris. Nous commencerons dans quelques jours notre sélection 2014.

N’hésitez pas à nous critiquer, corriger ou même... à compléter nos informations, si vous disposiez de plus de détails que nous !

En grande nouveauté, car Paris, sans la province, ne serait vraiment pas grand chose... et est loin de nous être suffisant, nous vous proposons dorénavant une vue panoramique des Expositions et Festivals en province ? 2014. Expositions et Festivals en PROVINCE de A à Z. Ou encore CALENDRIER 2014 des Expositions et Festivals en PROVINCE

Avec des déclinaisons présentant davantage de détails par villes. dans les villes suivantes :
Angoulême
Arles
Avignon
Bordeaux
Dijon
Grenoble
Ile-de-France
Lens
Lille
Lyon
Marseille
Metz
Montpellier
Nantes
Nice
Ornans
Rennes
Rodez
Rouen, Le Havre
Saint-Étienne
Strasbourg
Toulouse
Tours

André Balbo

sources : Visites, Palais de Tokyo

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