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EXCLUSIF : le récit, la surprise, et le film de la remise de 2 Prix CatalPa 2013 pour les catalogues d’expositions de Paris

vendredi 6 octobre 2017, par André Balbo

Le jeudi 28 novembre 2013 avait lieu, dans les salons de la mairie du IIIe arrondissement, la soirée de remise du Prix CatalPa 2013 pour les catalogues d’expositions de Paris, événement annuel organisé par l’association Les Arpenteurs d’expositions.

Paris propose chaque année, dans ses musées publics ou privés, quelques centaines d’expositions temporaires de haute tenue, disons 150 à 250, selon les années, si l’on ne prenait en compte que les principales.

Éphémères, ne durant que quelques petits mois, elles s’effeuillent puis s’évaporent. Nous n’en attrapons au passage que quelques-unes, qui nous touchent plus particulièrement, et ressentons souvent des regrets plus ou moins vifs pour quelques autres qui nous auront échappé. Mais de celles qui nous auront touchés, que restera-t-il des émotions artistiques qu’elles auront su faire naître ? Et des découvertes plastiques, culturelles, historiques dont elles étaient l’origine ?

Le catalogue d’exposition, bien fait, prend ici toute sa place. Il peut être la trace, le prolongement et la mémoire de tels événements. Et même motiver une appropriation individuelle irremplaçable de ces connaissances artistiques, culturelles ou scientifiques rendues accessibles, et tangibles.

Bizarrement, jusqu’alors, la critique s’exprimait peu ou pas en ce domaine, alors que ces catalogues, en plus d’être une matérialisation d’événements, d’expressions, sont peut-être aussi l’un des avenirs du beau livre. Les éditeurs le savent bien.

L’association Les Arpenteurs d’expositions, depuis 2012, se propose de nommer chaque année un jury de personnalités aux regards complémentaires, dont l’objectif, en décernant le Prix CatalPa, sera d’apporter son éclairage au public, aux éditeurs, aux médias, aux libraires et aux institutions.

En 2012, nous vous avions raconté la soirée, montré le film, et évidemment mis en valeur les lauréats du Prix CatalPa 2012.

Cette année, après rencontres, confrontations, débats et échanges, le Jury de l’affaire des catalogues (www.laffairedescatalogues.org/jury.php), parti de 59 catalogues retenus parmi ceux publiés cette année (www.laffairedescatalogues.org/catalogues.php), était dans un premier temps parvenu selon ce que l’on peut presque aujourd’hui appeler une tradition, aux 10 catalogues Nominés (www.laffairedescatalogues.org/nomines.php). Ils étaient exposés dans les salons de la mairie du IIIe.

Et ils surprenaient par l’étendue des domaines abordés : Archéologie, Architecture, Art moderne, Art contemporain, Cinéma, Civilisations, Histoire contemporaine, Mode, Musique, et Politique.

Cette soirée du 28 novembre était l’événement qui livrait, dans l’émotion d’une deuxième fois, les conclusions des délibérations finales du Jury.

Dans cette grande salle de fêtes Napoléon III, pendant que le public prenait place, Jean-Luc Vidal interprétait au violoncelle un extrait de la 1ère suite de J. S. Bach.

En plus de membres du Jury, de l’association et de quelques journalistes (presse écrite et radio), 70 à 80 acteurs du monde de l’édition et de la culture assistaient à la soirée, dont les 3 récipiendaires.

Étaient notamment présents Pierre Baptiste, conservateur, et Anne Leclercq, assistante du pdt, musée Guimet , Bruno Quantin, RP, Adeline Souverain, éditrice, Pompée Saint-Véron, chef de fabrication, de Paris-Musées et Paris Musées Éditions , Jean-Christophe Claude, directeur adjoint, Cristina Agostinelli, conservatrice art contemporain, Centre Pompidou et éditions du Centre Pompidou , Manuel Fialho, directeur de l’Observatoire de l’Art contemporain ( OAC ), Emmanuel Bréon, conservateur en chef à la Cité de l’architecture , Sophie Laporte, responsable éditoriale, et Camille Giordano, Skira-Flammarion , Hélène Marian Srodogora et Michael Levin, graphistes, et Sophie Nagiscarde, commissaire de la Spoliation des Juifs au Mémorial de la Shoah , Hélène Arnaud graphiste, Charlotte Écorcheville, éditrice, Marie-Christine Baladi, responsable partenariat et projet Angkor, Amélie Airiau, fabrication, Françoise Issaurat, assistante RP de Béatrice Foti, Élisabeth de Farcy, responsable des Découvertes et du projet Angkor, chez les éditions Gallimard , Matthieu Simonnet, responsable des RP, et Nolwenn Lauzanne, éditrice de la Fondation Cartier , Gérard Leyris, Christian Gros, commissaire, Charlotte Lacour-Veyranne, conservatrice, musée Carnavalet .

Le maire du IIIe, Pierre Aidenbaum, dit un mot d’accueil vraiment chaleureux, vantant le réel intérêt d’une telle idée, née dans son arrondissement, et dont l’objectif était de valoriser les catalogues d’expositions de Paris. Et si j’ai bien entendu, une invitation était même esquissée pour que l’an prochain cette agréable cérémonie puisse se tenir au Carreau du Temple, qui sera alors flambant neuf !

Le cinéaste Éric Darmon, auteur de documentaires sur de grands artistes (Philip Glass, Steve Reich, Pierre Henry, Frans Krajcberg, le Théâtre du Soleil), filmait l’événement.

Puis, le vice-président Christian Fabre, qui devait faire avec sensibilité et un réel talent tout au long de la cérémonie les passages de témoins, après avoir remercié le Maire de son accueil, salua les indispensables soutiens amicaux et gracieux dont avaient pu bénéficier Les Arpenteurs d’expositions dans leur entreprise. Ceux de Patrick DiMeglio (www.patrickdimeglio.com), pour l’identité graphique, de Valérie Palatchi (www.misspixy.com), pour le site www.laffairedescatalogues.org, du sculpteur Arnaud Kasper (www.kasper.fr), pour la création des trophées du Prix CatalPa 2013, du cinéaste Éric Darmon (memoiremagnétique@gmail.com) pour ses prises de vues, et enfin de Valérie Bruneton et de son agence ND Conseil (www.ndconseil.fr) pour le traitement de la communication.

Après une courte projection rappelant la remise de prix aux lauréats 2012, les 10 Nominés de 2013 furent évoqués pendant que leurs couvertures s’étalaient à l’écran.

Christian Fabre donna quelques grandes lignes de ce qu’avait été l’année des expositions à Paris, notamment la forte présence de talentueux artistes chinois, comme Yue Minjun et Zeng Fanzhi, la multiplication d’événements touchant à la mode (Alaïa, Paris Haute Couture, La Petite Robe noire et Le roman d’une garde-robe), et enfin la volonté de redonner un certain lustre à des artistes méritants choisis (Jordaens, Valloton, et les peintres anglais de la période victorienne).

Jean-Luc Vidal entama alors au violoncelle le thème de la Folia, de Marin Marais. La remise des Prix 2013 allait commencer.

André Balbo déclara, dans le silence impressionnant qui s’était fait soudain, que les membres du jury avaient su communiquer avec passion et pertinence leurs argumentations, et parvenir aux choix finaux, avec l’arrachement des exclusions que cela implique toujours.

Il lut au micro : "Parce qu’il relate avec talent un drame archéologique et muséal, doublé de l’histoire d’une passion,
Parce qu’il sait inciter aux voyages et aux découvertes d’autres civilisations, aux différences et à l’émerveillement,
Parce que cet ouvrage, pour la qualité et la précision de ses textes comme de ses illustrations restera longtemps une référence dans nos bibliothèques,

Le catalogue Angkor. Naissance d’un mythe. Louis Delaporte et le Cambodge, coédité par Gallimard et le musée Guimet, se voit accorder une Mention spéciale au Prix CatalPa 2013 pour les catalogues d’expositions de Paris.
Nous félicitons l’ensemble des contributeurs de ce catalogue, auquel nous souhaitons le meilleur succès. L’exposition au musée Guimet se poursuit jusqu’au 13 janvier 2014.
Nous remettons cette enveloppe contenant une clé USB avec photo de la couverture ornée de son bandeau CatalPa.
"

Des applaudissements nourris emplirent la grande salle. Élisabeth de Farcy, pour les éditions Gallimard, et le conservateur et auteur Pierre Baptiste, pour le musée Guimet, montèrent sur scène, et remercièrent, en soulignant les difficultés et les plaisirs que chacun d’eux avait rencontrés dans l’élaboration de cet ouvrage exceptionnel.

L’évocation d’un autre catalogue enchaînait déjà. "Parce qu’il crée une grande proximité avec le travail de l’artiste et avec ses œuvres,
Parce que ses photos comme ses textes, d’une qualité exceptionnelle, démultiplient notre regard sur ces sculptures,
Parce qu’il n’hésite pas à nous offrir, au-delà de l’exposition, l’ensemble des œuvres créées par l’artiste,
Pour ces petits livrets-références précieux insérés dans l’ouvrage, sa manière douce d’être bilingue, et la grande beauté de cet objet,

Le catalogue Ron Mueck, édité par la Fondation Cartier pour l’art contemporain, se voit attribuer le Prix CatalPa 2013 pour les catalogues d’expositions de Paris.
L’exposition "Ron Mueck", s’est tenue à la Fondation Cartier pour l’art contemporain du 16 avril au 27 octobre 2013 (avec prolongation du fait du grand succès public)."

Les applaudissements étaient à la hauteur de l’événement. La clé d’un succès supplémentaire était alors remise à Nolwenn Lauzanne, des éditions de la Fondation Cartier, qui raconta avec beaucoup d’émotion l’extraordinaire privilège qu’elle avait ressenti à travailler avec des artistes aussi intenses que Ron Mueck et ses assistants, et cela sur une longue durée. Prolixe, elle apportait au public présent un nouvel éclairage sur ce catalogue et cette œuvre formidables.

La surprise vint alors de ce qu’André Balbo reprit le micro pour déclarer : "Parce qu’il a su rassembler des documents terribles sur notre histoire proche en réveillant la redoutable neutralité apparente de documents administratifs qui mènent au crime de bureau,
Pour sa révélation méthodique, et accessible immédiatement à tout le monde, des étapes successives d’une politique d’État qui fut française,
Pour ses choix graphiques radicaux parfaitement en cohérence avec ce sujet historique, qui font de ce catalogue un exploit éditorial,
Pour son sujet énorme et la justesse de sa forme,
Pour la profonde émotion qu’il a suscitée chez chacun des membres du jury,

Le catalogue La Spoliation des juifs : une politique d’État (1940-1944), coédité par le Mémorial de la Shoah et la Ville de Grenoble se voit attribuer aussi le Prix CatalPa 2013 pour les catalogues d’expositions de Paris.
L’exposition "La Spoliation des Juifs : une politique d’État (1940-1944)", s’est tenue au Mémorial de la Shoah du 30 janvier au 10 septembre 2013.
Nous remettons également cette enveloppe contenant une clé USB avec photo de la couverture du catalogue ornée de son Bandeau de Prix CatalPa 2013.
"

Pour la première fois de sa courte histoire, deux Prix CatalPa distincts étaient attribués la même année à deux catalogues ! Forts applaudissements à nouveau dans la salle.

Sophie Nagiscarde, pour le Mémorial de la Shoah, Hélène Marian Srodogora et Michael Levin, graphistes du catalogue, montèrent sur scène, remercièrent, et dirent leur satisfaction profonde de se voir récompensés, étant conscients que les choix graphiques qui avaient été faits sur ce sujet d’une si grande gravité avaient été radicaux.

Les personnalités de la Fondation Cartier furent à nouveau appelées sur scène, et après que Jean-Luc Vidal eut interprété au violoncelle Kol Nidrei, de Max Bruch, un trophée original et unique, réalisé par le sculpteur Kasper, fut remis à chacune des deux équipes lauréates.

Les 173 panneaux lumineux de la Ville de Paris devaient afficher les Prix CatalPa 2013 six jours durant.

Vous pouvez regarder le résumé filmé de la soirée, dont le montage a été réalisé par Jean-Pierre Bruneau, cinéaste spécialisé en musique (il fit notamment découvrir en France la musique des Cajuns).

Ensuite, une agréable collation fut prise par l’assemblée dans l’ambiance particulièrement conviviale que peut procurer le plaisir de voir le bel ouvrage accompli récompensé et reconnu parmi ses pairs.

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