eVous
La ville dans la poche
Accueil Paris Arrondissements de Paris Ile-de-France Le Marais Lyon Marseille Nice Toulouse Bordeaux Nantes Lille Agenda France Guides France Montpellier Shopping Visiter la France Strasbourg Bruxelles Musique TV Cinéma Expositions Ailleurs Terres et saveurs Astuces, idées et inspirations

Accueil > Le Marais > Sorties, Le Marais > Expositions dans le Marais > Événements au Centre Pompidou et à la BPI > DERNIERS JOURS de la grande exposition Martial Raysse au Centre (...)

DERNIERS JOURS de la grande exposition Martial Raysse au Centre Pompidou

Dernière mise à jour : lundi 6 mai 2019, par Expositions

Du 14 mai au 22 septembre 2014, le Centre Pompidou présente quelque 200 œuvres de Martial Raysse (peintures, sculptures, films et dessins), un des tout premiers peintres français contemporains.

Rétrospective importante, puisque le peintre se faisait volontairement plus discret, alors qu’il progressait toujours dans son travail, jamais en retard d’une esthétique ou d’un nouveau media.

Martial Raysse vient de recevoir le prestigieux Præmium Imperiale dans la catégorie "peinture", un équivalent artistique au Prix Nobel.

Cette rétrospective du travail de Martial Raysse, qui vient à point nommé, a la bonne idée de respecter la chronologie de ses créations. Ainsi vous pourrez assister comme à la parade, ou plutôt (re)visiter, avec ses peintures, ses sculptures, ses films et ses dessins, aux différentes périodes artistiques de sa trajectoire, brillamment illustrées.

Des traits communs peuvent être décelés à ces différentes époques : le portrait, une relation étroite avec l’histoire de l’Art, une sensibilité à l’ambiance et au temps présent, et une manière d’attraper l’attention par des expérimentations sans cesse renouvelées.

Le parcours commence par sa période pop, influencé qu’il fut, lors de son séjour Outre-Atlantique, par l’art américain de cette époque, quand il réalisait des portraits de femmes parfois rehaussés de néons éclairants, intégrés aux tableaux, ou de films. "J’ai découvert le néon. C’est la couleur vivante, une couleur par-delà la couleur".

« Quiconque n’a pas commencé par imiter ne sera jamais original ». Théophile Gautier.

Suzanna, Suzanna, 1964, collage, flocage et huile sur toile (Arman dans le rôle du vieillard)

Niçois, il participe dès ses débuts à l’effervescence du mouvement des Nouveaux Réalistes (avec Arman, Klein...), qui sans bien définir un projet, refusaient les usages et pratiques rétrogrades, nostalgiques ou trop classiques de l’art, coupés du monde moderne tel qu’il était. Différent, Raysse appréciait déjà sortir du cadre (préétabli ?), du plan, du genre, et était un assembleur très imaginatif.

Pour des raisons un peu de même nature que celles de ses amis, Martial Raysse dira : « J’ai voulu un monde neuf, aseptisé, pur et au niveau des techniques utilisées de plain-pied avec les découvertes technologiques du monde moderne : les objets en plastique, les couleurs fluo, les visages de publicité stéréotypés. Je suis un peintre qui utilise les techniques modernes pour exprimer un monde moderne ».

Mais des différences sont posées : Raysse, autodidacte, n’utilise pas des objets de récupération, mais des objets choisis, achetés neufs dans un Prisunic, magasins qu’il considérait comme les musées du XXe siècle.

Et en effet son imaginaire paraît fasciné par les images, par la vie, et par le quotidien.

Dans ses assemblages on retrouve les imagerie "magazines" et "publicité". Est-ce pour en capter les principes narratifs qu’il réinterprète tant de grands tableaux ?

Quand Martial Raysse expose dans ses œuvres (tableaux, sculptures ou films) la beauté, inspirée de l’art classique ou d’une autre source, il n’est pas rare qu’il y glisse délicatement, mais résolument, la notion même du fait que nous sommes putrescibles et appelés à ne pas trop durer. Ce sera dans le choix de la couleur de la peau de son personnage, un vert serait par exemple éloquent, le sparadrap ou la mouche, l’araignée, la coccinelle posée par hasard à la commissure des lèvres... petit rappel jamais inutile des vanités.

Cette exposition-rétrospective, par son large choix de peintures, de sculptures, de films et de dessins, montre l’originalité et la puissance de création de Martial Raysse, artiste français dont la renommée est internationale, et la cote très haut perchée. Surtout pour les années 1960, justement.

Lors de la présentation de l’exposition à la presse, lorsque ce fait fut évoqué, il s’en agaça, soulignant avec sévérité qu’il avait toujours espéré et tenté de mieux faire et que ce soit différent, en avançant. Sans continuer de faire là où il était attendu...

Puis il s’enflamma à propos des habitudes dont il faut se méfier comme de la peste, "regardez le pays sclérosé que nous allons laisser à nos enfants..." Cet homme est en plus un sage. Pour ce qui le concerne, il aura su tenir le cap durant le demi-siècle de sa carrière.

Martial Raysse, Made in Japan. La Grande Odalisque, 1964. Musée national d’Art moderne Centre-Georges Pompidou, Paris © RMN

Martial Raysse tint à vivre "les événements de Mai 68" en France. Très engagé, il vécut alors des expériences communautaires, et son installation Oued Laou (1971-2014) dit de façon assez synthétique ce qui lui importe à côté de l’art.

L’événement est parvenu à réunir certaines des œuvres emblématiques très innovantes de la période Pop, quelques-unes de ses « années chamaniques », quand il se plaçait sciemment sur le côté du monde de l’art et des grands courants, en produisant des films expérimentaux, ses célèbres séries Coco Mato et Loco Bello (1975), psychédélique et champignonnesque.

Ces images peuvent aussi porter et transmettre une joyeuse irrévérence, par leur caractère un peu carnavalesque, grotesque, parodique et intempestif.

Martial Raysse a certainement bénéficié aussi de son atout majeur : son insatisfaction permanente. Belle idée qui lui fera dépasser, alors qu’il triomphe dans le genre, son expression dans le pop art.

Son époque suivante pourrait être appelée Minimale Pop. En tous cas, si à l’époque, le public, ne l’avait pas très bien compris, cela n’empêchait aucunement l’artiste de tracer sa route esthétique.

Sa production artistique dans les années 1980 sera franchement ambitieuse. L’exposition présente des tableaux de cette époque, marqués par sa grande érudition culturelle et par l’irruption d’une mythologie personnelle.

C’est la première fois que l’ensemble de ses « grands tableaux » sont présentés au public, ainsi qu’une large sélection de ses sculptures et de ses films.

Cet artiste, visionnaire et très "réflexif", a indubitablement ouvert des voies. Il a inventé des formes et conçu des mixtes de techniques innovantes. Et cela tout en restant étroitement relié aux grands maîtres classiques, quand ils pouvaient participer, dans son art, et par le leur, à l’aider à rendre et à dépeindre le monde contemporain, comme dans ses grandes fresques d’inspiration carnavalesque.

N’oublions pas non plus que cet artiste de notre Sud réalisa aussi fontaines et monument à Nîmes quand Jean Bousquet y était maire, et qu’il eut droit en 2000 aux honneurs d’une exposition à l’Institut central des Beaux-Arts de Beijing.

Un mot de la fin ? Martial Raysse se donne un mal fou à mieux faire. Sa meilleure peinture, sa meilleure œuvre ? C’est celle qui n’est pas encore faite ! Pour lui, ne vous attardez pas aux années 1960. Foncez vers les plus récentes.

Martial Raysse, du 14 mai au 22 septembre 2014, au Centre Pompidou, 75191 Paris cedex 04, 01 44 78 12 33, métro Hôtel de Ville ou Rambuteau. De 11 à 21h tous les jours sauf le mardi. 11 à 13€ selon période, tarif réduit de 9 à 10€, valable le jour même pour le musée national d’art moderne et l’ensemble des expositions.

***

Vous retrouverez dans l’article 2014 à Paris : LES GRANDES EXPOSITIONS de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2014 des grandes expositions à Paris, ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : LA SEMAINE des expositions, musées, et galeries : que faire à Paris du....

Enfin, contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer.

Nous établissons notre sélection, avec Paris 2014 : LES MEILLEURS CATALOGUES d’expositions de Paris.

Celui de cette exposition en fait partie.

Nous vous proposons aussi une sélection d’expositions et de festivals dans les villes françaises suivantes :

Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

Et bien sûr pour Paris :

Les Grandes Expositions 2015 à Paris de A à Z
Calendrier 2015 des grandes expositions à Paris
peuvent déjà être consultés sur Évous.fr... et complétés, si vous disposez de plus d’informations que nous !

Et juste quelques expositions 2014 pour Bruxelles et Londres, Genève, Bâle, Amsterdam...

André Balbo

sources : Visite, Centre Pompidou