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DERNIERS JOURS. Rétrospective Télémaque au Centre Pompidou

Dernière mise à jour : lundi 6 mai 2019, par Expositions

Du 16 février au 18 mai 2015, une grande exposition sur Hervé Télémaque, cette figure incontournable de la figuration narrative, sur l’œuvre de cet artiste qui introduisit, comme dans le Pop Art, la BD et la publicité dans son expression, et inventa bien d’autres choses encore.

Cette généreuse exposition du peintre Télémaque rassemble une sélection de 74 œuvres de toutes sortes (35 peintures, 9 dessins, 12 objets, 11 collages, 7 assemblages...), de 1959 à tout récemment (la plus récente, Le Moine comblé, vient juste de sécher !), qui privilégie, pour respecter le souhait de l’artiste, les collections publiques nationales. En remerciement aux musées et Frac français essentiellement qui misèrent sur son travail.

Hervé Télémaque est né en 1937 à Haïti (Port-au-Prince), et dit avec humour qu’en règle général, il a toujours fait les choses à l’envers. Pourquoi ? Parce qu’il s’installa et commença à peindre 3 années à New York (fit un bref séjour marquant au Mexique), avant de s’installer, avec sa femme Maël, à Paris en 1961, quand le parcours des autres artistes allaient plus communément de Paris à New York.

Confidence, 1965. Huile et bois collé sur toile ; escabeau de bois ; barre métallique et marteau. Genève, Fondation Gandur pour l’art.

Pourtant, malgré son choix, Paris demeure pour lui une ville qu’il dit trop riche d’idées et d’histoire. Est-ce une comparaison ?

Peindre en restant avec acharnement dans la réalité ("l’abstraction conduit fatalement au décoratif"), inclure de l’autobiographie dans ses œuvres, du quotidien, des produits de consommation, ajouter des éléments oniriques, la sexualité, des mots, des phrases à demie effacés, et la couleur de la peau avec tout ce qu’elle trimbale de racisme et de lourd. Des œuvres qui seraient pour certaines de véritables palimpsestes, voire des réquisitoires, ou de simples critiques...

Très tôt les jeunes surréalistes, et même André Breton, déjà connaisseur et amateur d’art haïtien, remarquent son travail, et identifient cette violence retenue. Et la négociation difficile et radicale de Télémaque avec le mur, qui reçoit l’œuvre (Confidence, 1965, exposée pour la première fois depuis sa création), ou même avec le cadrage, qu’il va malmener, déformer, complexifier, au motif que la fatalité pousse trop souvent à reproduire, pour un même format un même tableau... et qu’il peut être impératif aussi de fuir les angles, d’éviter les coins en adoptant l’ovale, ou toute autre forme.


My Darling Clementine (détail), 1963. Huile et papiers collés sur toiles ; boîte en bois peint, poupée en caoutchouc. Centre Pompidou. Emblématique de la Figuration narrative par la découpe inhabituelle du châssis et son éclectisme.

Il sera à l’origine avec Bernard Rancillac de la formidable exposition "Mythologies quotidiennes", en 1964, puis participera au mouvement de la Figuration narrative, avec le jeune critique Gérald Gassiot-Talabot.


Le Propre et le figuré, 1982. Acrylique sur toile. Centre Pompidou.

Des éléments récurrents apparaissent dans les tableaux de Télémaque, comme les sous vêtements, slips ou gaines, des personnages du monde des comics, superhéros, cow-boys et flibustiers, le charbon noir et la canne blanche du Baron Samedi, la chauve-souris pour Haïti, du matériel de camping, des accessoires de sport, le Nègre hilare ou la Vache qui rit de la publicité, ces clous et marteau qui rappellent douloureusement le grand-père mais aussi le bricolage basique qui accompagne nécessairement la naissance d’une toile, et encore ces boules sombres, bouches béantes dentées ou édentées...

En 1968, Hervé Télémaque prend "le Large" d’avec la peinture, ou du moins avec le marché de l’art qui ne lui achète que peu. Il donne à des musées, dont celui d’art moderne de Villeneuve d’Ascq, et crée des objets surréalistes, qu’il nomme ses "sculptures maigres", mais pas à la Marcel Duchamp, car précieusement manufacturées, elles.

Il reviendra quelques années plus tard à la peinture, aux collages, et se renouvèlera notamment dans des séries comme "Selles" ou "Maisons rurales".

Puis viendront les très riches années 1990, ses nouvelles innovations, le marc de café mélangé à la peinture, et ces redites et multiples références aux grands maîtres (vénérations ou irrévérences ?), quand sont convoqués Marcel Duchamp, Van Gogh, dont on aura les deux oreilles, ou Magritte, après que l’aient été Hector Hyppolite, Roy Lichtenstein, Robert Rauschenberg, et avant que ne le soient Jacob Lawrence, Nicolas Poussin, Arshile Gorky, ou... Plantu.

Télémaque fera aussi de grands dessins au fusain, et s’intéressera à l’actualité, aux sources africaines, que nous avons tous, et bien évidemment à la "négritude", toujours très féconde.


Le Moine comblé (amorces, avec Arshile Gorky), 2014. Une joyeuse transfiguration de l’ultime peinture de Gorky (The Black Monk).

Ne prenez pas ce parcours muséographique comme un rébus où l’on se devrait de reconstituer quelques occultes significations. Vous découvrirez de la légèreté et de l’humour. Et le mélange d’un plaisir de vivre et d’une mémoire où bouillonneraient tous nos passés conséquents ou à conséquences.

J’avoue que je ne connaissais pas le travail de Télémaque, et que j’ai été ravi de cette rencontre aussi étendue, chaleureuse et multiple. À voir...

Hervé Télémaque lors de la présentation à la presse de son exposition.

Le commissaire de l’exposition est Christian Briend. En 2014, l’artiste a fait don au Centre Pompidou de 4 œuvres exposées : Caca soleil ! (1970) ; Blême (La Chambre noire n°5), (1991) ; Entre-jambes, avec le garde du corps, (1994) ; La Femme adultère, à partir de Nicolas Poussin, (1995).

Hervé Télémaque, du 25 février au 18 mai 2015, au Centre Pompidou, Galerie 1, 75191 Paris cedex 04, 01 44 78 12 33, métro Hôtel de Ville ou Rambuteau. De 11 à 21h tous les jours sauf le mardi, mais notez les nocturnes exceptionnelles les jeudi, vendredi et samedi jusqu’à 23h. 13 à 11€, valable le jour même pour le musée national d’art moderne et l’ensemble des expositions.

Lire aussi les articles sur les autres expositions du Centre Pompidou dont Jeff Koons, la rétrospective, Qu’est-ce que la photographie ?, et bientôt Le Corbusier.

***

Vous retrouverez dans l’article Les Grandes Expositions 2015 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans Calendrier 2015 des grandes expositions à Paris, ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences dans : LA SEMAINE des expositions et musées : que faire à Paris du....

Enfin, contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer.

Comme les autres années (2014, 2013, 2012), nous établissons au fur et à mesure notre sélection dans l’article Paris 2015 : LES MEILLEURS CATALOGUES d’expositions de Paris.

Celui de cette exposition en fait partie.

Nous vous proposons aussi une sélection d’expositions et de festivals dans les villes françaises suivantes :
Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

De même nous avons commencé :
Les Grandes Expositions 2016 à Paris de A à Z
Calendrier 2016 des grandes expositions à Paris
peuvent déjà être consultés sur Évous.fr... et complétés, si vous disposez de plus d’informations que nous !

Et juste quelques musées et expositions pour Bruxelles, Genève, Bâle, Amsterdam, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Visite, Centre Pompidou

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