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DERNIERS JOURS de l’exposition Roland Topor à la BnF

vendredi 30 juin 2017, par André Balbo

Du 28 mars au 16 juillet 2017, à la Bibliothèque nationale de France, site François Mitterrand, Galerie 1.

Présentation de l’artiste

Voir Présentations d’Artistes de A à Z

Roland Topor (1938-1997) est un illustrateur, dessinateur, peintre, écrivain, poète, metteur en scène, chansonnier, acteur et cinéaste français.

Fils du peintre et sculpteur Abram Topor et de Zlata, immigrés juifs polonais, établis au début des années 1930, il y passe ses premières années, partant ensuite en Savoie, où ses parents se cachent de l’occupant nazi qui les traquent.

Roland Topor s’inscrit en 1955 aux Beaux-Arts de Paris.

Son premier dessin publié fera la couverture de la revue Bizarre en 1958.

En 1960, il illustre L’Architecte, de Jacques Sternberg. Première exposition à la Maison des Beaux-Arts. Publication aussi de son premier livre de dessins, Les Masochistes, chez Éric Losfeld. La revue Fiction publie sa première nouvelle : L’amour fou.

Il collabore de 1961 à 1966 au journal Hara-Kiri, créé en 1960 par Cavanna et Georges Bernier, dit le Professeur Choron. Avec les dessinateurs Reiser, Fred, Lob, Cabu, Gébé et Wolinski, il "part joyeusement en guerre contre les monstres Bêtise, Mensonge, Futilité, Injustice, Conformisme" dit Cavanna. Topor partage le culte de cet humour noir, décapant et cynique.

Il publie aussi des croquis politiques dans Libération, mais également, dans une veine plus rose, au magazine Elle, où il est engagé par Peter Knapp. Il y fera la connaissance de Roman Cieslewicz.

Il reçoit le Prix de l’humour noir pour son livre de dessins paru chez Pauvert : Anthologie.

Briseur d’idées reçues, humaniste, maître ès dérision, virtuose de l’humour noir et de la pensée incorrecte. Son rire devient légendaire. Signalons en passant que, en polonais, "Topor" signifie "hache".

Il est, avec Fernando Arrabal, Alexandro Jodorowsky, Oliver O. Olivier et Jacques Sternberg, l’un des créateurs du mouvement Panique (1962).

En 1963, il illustre le Manuel du savoir-mourir, d’André Ruellan, qui recevra le Prix de l’humour noir.

Son premier roman, Le Locataire chimérique, est publié en 1964 chez Buchet Chastel. Roland Topor participe au Gag Festival organisé par Daniel Spoerri à Berlin.

En 1965, il est acteur dans le film de William Klein Qui êtes-vous Polly Maggoo ? dont il dessine le générique final. Cinq éphémères paniques avec Fernando Arrabal et Alexandro Jodorowsky au Centre culturel américain.

Attiré par le cinéma d’animation, il collabore une première fois avec René Laloux sur Les Escargots en 1966.

En 1968, il participe aux journaux L’Enragé, de Siné, Le Pavé, de Jean-Jacques Lebel, et Action, de Schalit, Cieslewicz étant à la maquette.

Il obtient le Prix des Deux-Magots pour son roman Joko fête son anniversaire en 1969.

En 1971, il débute au New York Times, et réalise le générique dessiné du film d’Arrabal Viva la Muerte.

Il participe à l’exposition collective 1960-72, Douze ans d’art contemporain en France au Grand Palais.

Il collabore, avec René Laloux au film d’animation La Planète sauvage, qui obtient le Prix spécial du jury à Cannes (1973).

Rétrospective en 1975 Panic, the Golden Years, au Stedelijk Museum d’Amsterdam. Dessins de "La Lanterne magique" pour le film de Fellini Casanova.

1976. Affiche pour Amnesty international.

1977. Topor illustre les Œuvres romanesques de Marcel Aymé (quelques 120 illustrations...).

Quelques seconds rôles au cinéma, puis il joue dans Nosferatu, fantôme de la nuit, de Werner Herzog, aux côtés d’Isabelle Adjani et de Klaus Kinski.

Pour le cinéma encore, Topor réalise des affiches, dont celles des films (Le Tambour, de Volker Schlöndorff (1978), qui est diffusée dans le monde entier, L’Empire de la passion, de Oshima, et L’Ibis rouge, de Jean-Pierre Mocky).

Son roman Le Locataire chimérique adapté au cinéma par Roman Polanski deviendra Le Locataire, en 1976. Topor collabore avec Federico Fellini pour son Casanova, dessinant les images projetées pendant la séquence de la « lanterne magique ».

Roland Topor, Malin comme 3 singes. Estampe, 1972 BnF, estampes et photographie © adagp, Paris, 2016

À la radio, il est l’un des protagonistes de l’émission Des Papous dans la tête sur France Culture.

Topor travaille aussi avec son ami et complice Jean-Michel Ribes. Ils écrivent pour la télévision Merci Bernard (1982-1984), puis Palace (1988) ; pour le théâtre Batailles (1983) ; pour le cinéma La Galette du roi (1985).

Topor travaille également pour la télévision sur la série pour enfants Téléchat, réalisée par son ami intime, le Belge Henri Xhonneux. Succès immédiat : 234 épisodes sont tournés. À rebrousse-poil (publié en 1987), coécrit avec Xhonneux, relate le tour du monde de Groucha, personnage principal de Téléchat, en 80 jours.

C’est aussi avec Xhonneux que Topor entreprend une adaptation cinématographique de la vie du marquis de Sade, en 1988, présentée au public l’année suivante, lors de la commémoration du bicentenaire de la Révolution française. L’œuvre (Marquis), interprétée par des acteurs en masques d’animaux, déconcerta, mais il est aujourd’hui devenu un film "culte".

Auteur de théâtre (Vinci avait raison, qui fit scandale à sa création en Belgique, Joko fête son anniversaire, qui reçut le prix des Deux Magots 1970, L’Ambigu, et L’Hiver sous la table), Topor travailla aussi avec Jérôme Savary (Les Aventures de Zartan, De Moïse à Mao), et signa en 1992 mise en scène, décors et costumes de Ubu roi au théâtre national de Chaillot, à Paris.

En 1992, il fonde, avec Giacomo Carioti et Jean-Louis Colas, l’association ROMALIAISONPARIS, Société de Libres Talents entre deux Capitales, dont le but est l’amitié et la collaboration entre artistes français et italiens. Il en est le premier président et, pour elle, réalise en 1996 le symbole Pinocchio qui se fait Marameo, un croquis extraordinaire, dessiné lors du voyage à Rome, en novembre 1996, pour recevoir, sur invitation de Giacomo Carioti et Rinaldo Traini, manager d’Expocartoon, le prix Une vie pour l’illustration ; après sa mort, le dessin est devenu le symbole du prix Roland Topor, remis par ROMALIAISONPARIS.

Roland Topor, qui meurt des suites d’un AVC le 16 avril 1997, sera nommé, à titre posthume, satrape du Collège de Pataphysique.

Il avait dit : « Dieu voit tout, entend tout, confond tout. » et l’inoubliable « Inutile de regarder en l’air, il n’existe aucun bar correct dans cette direction. »

Présentation de l’exposition Le monde selon Topor

Artiste difficilement classable, Roland Topor est aujourd’hui considéré comme l’un des dessinateurs les plus importants du XXe siècle. Créateur perpétuel et insatiable, il a mis son crayon au service d’un imaginaire particulièrement débridé : dessins d’humour, illustrations pour la presse et l’édition, affiches, films d’animation, émissions de télévision, décors et costumes de théâtre.

Topor fut en outre l’auteur de romans, de nouvelles, de pièces de théâtre, de chansons et de scénarios de films.

Son œuvre trouve son aboutissement dans l’édition, car il considérait que son public ne devait pas se limiter aux seuls collectionneurs et amateurs d’art.

Cette rétrospective, organisée 20 ans après sa mort, fait découvrir à travers 300 pièces, la variété et l’étendue de la production artistique de Topor, par l’exposition d’un grand nombre de dessins originaux, rarement exposés, car provenant de collections privées.

Elle rend hommage à l’artiste hors-norme, au génie graphique et à l’homme d’esprit à l’humour subversif que fut Roland Topor.

La BnF conserve le fonds le plus important de publications, d’estampes et de livres de Topor, grâce, d’une part au dépôt légal, bien sûr, mais aussi à une donation consentie par son fils Nicolas.

Roland Topor se fait connaître dès la fin des années 1950 par des dessins d’humour publiés dans la presse. Il sera de l’aventure de Hara-Kiri de 1961 à 1966, et ses dessins seront également dans nombre d’autres publications, confidentielles ou grand public.

Sans titre, 1995, encre et crayon de couleur, collection Kazik Hentchel. Dessin publié en couverture du roman de Kazik Hentchel, Entretiens avec les fleurs, Stock, 1995.

Sa poésie, son humour si particulier et sa réputation (il se voulait davantage déconneur qu’humaniste) feront que le monde de l’édition le sollicitera pour illustrer des livres lorsqu’il était dans une forme d’affinité avec leurs auteurs : Jacques Sternberg, Boris Vian, ou Marcel Aymé. De même sera-t-il dans une forme d’avant-garde, par contraste et opposition avec le vieillissant et pontifiant groupe surréaliste, lorsqu’il créera avec Arrabal et Jodorowsky le mouvement dérisoire Panique.

Le mot Panique, qui fut retenu à cette occasion, est aussi l’indice que son humour ne servait pas seulement à vendre (ou à être vendu). Son vocabulaire était en perpétuelle construction, en recherche d’aide auprès du public, alors que des gens lui faisaient un peu peur, et cela dans un grave manque de temps qui lui faisait se répéter : "plus vite, plus vite !"

Topor tenait aussi à ne pas s’aligner sur un seul mode d’humour, et tenait plus que tout à soigner la communication qui accompagnait son propos, veillant avant tout à être compris du plus grand nombre.

On remarquera dans les vidéos présentées dans l’exposition ce rire si caractéristique et pudique qui vient souvent en ponctuation à la fin de ses entretiens, comme la tension qu’il a pu mettre à définir sa démarche d’artiste au plus près.

Les 6 vies d’un dessin. En 1976, Amnesty international lance une campagne de presse pour dénoncer la torture dont sont victimes les prisonniers politiques et sollicite une quinzaine d’artistes pour créer une œuvre originale. Topor offre un dessin évoquant la liberté d’expression opprimée : un visage de profil, dont la machoire inférieure est décrochée par un coup de marteau. L’idée est reprise d’un dessin paru dans Hara-Kiri dix ans plus tôt et dans le journal hollandais God, Nederland &Oranje en mars 1967.

Topor a déjà redessiné ce motif pour une lithographie de l’album Cosy Corner en 1972, et le réutilise pour la couverture du n°1 de la revue Mépris en 1973. C’est cette dernière version qui sert pour l’affiche d’Amnesty. À l’initiative de cette organisation, le "coup de marteau est peint à une échelle monumentale sur un mur à Maastricht en 1989.

Topor mettra aussi passion et talent dans les arts du spectacle, par souci et goût du travail à plusieurs (qu’il jugeait plus rapide et plus agréable que le travail en solitaire dont l’énergie s’épuise), dès les années 1960 : création de dessins pour films d’animation, de génériques ou d’affiches.

Dans le domaine du cinéma sa collaboration la plus remarquée fut pour le film d’animation La Planète sauvage de René Laloux (1973).

L’exposition présente aussi les marionnettes d’une parodie de journal télévisé pour enfants, Téléchat, qu’il conçut et qui fut diffusée à partir de 1983 en France.

Elle met aussi en lumière son travail d’artiste et d’auteur pour qui le littéraire et le graphique étaient deux écritures intimement mêlées.

Le Théâtre du Rond-Point lui a rendu par ailleurs hommage en lui consacrant un festival du 12 au 17 décembre 2016.

Commissariat Alexandre Devaux, historien d’art et spécialiste de Roland Topor, Céline Chicha-Castex, conservatrice au département des Estampes et de la photographie, BnF.

Le monde selon Topor, du 28 mars au 16 juillet 2017, à la BnF, site Mitterrand, Galerie 1, Quai François-Mauriac, Paris 75013, du mardi au samedi de 10 à 19h, le dimanche de 13 à 19h (fermeture des caisses à 18h), et fermé lundi et jours fériés. 9 ou 7€. Réservations FNAC au 0892 684 694 (0,34€ TTC/mn) et sur www.fnac.com…

Voir aussi : Toutes les expositions 2017 de la BnF


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Vous retrouvez comme chaque année dans PARIS 2017. LES GRANDES EXPOSITIONS de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans Le CALENDRIER 2017 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2017-2018 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musées d’Orsay et de l’Orangerie, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, au musée Guimet, au musée Galliera, au Petit Palais, et au Château de Versailles.

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André Balbo

sources : Visite, Bibliothèque nationale de France, Wikipédia

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