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Exposition Chtchoukine... 1,2 million de visiteurs !

Dernière mise à jour : vendredi 9 juin 2017, par André Balbo

Tous les records ont été d’ores et déjà battus par les trésors français et russes des musées de l’Ermitage et Pouchkine qui sont encore à Paris pour deux semaines.

Du 20 octobre 2016 au 5 mars 2017 (prolongation), à la Fondation Louis Vuitton, 130 œuvres de la collection Chtchoukine.

Le catalogue Icônes de l’art moderne. La Collection Chtchoukine, coédition Gallimard / Fondation Louis Vuitton, s’est vu décerné une Mention spéciale au Prix CatalPa 2016 pour les catalogues d’expositions de Paris.

À partir du 27/02, l’exposition sera ouverte tous les jours de 7 à 23h (petit-déjeuner offert aux visiteurs de 7 à 9h), et jusqu’à 1h du matin le 4/03/17.

Le 01/03/17, journée spécialement dédiée aux enfants et aux familles.

À ne rater sous aucun prétexte. L’événement culturel de l’année, en toute simplicité. Et le public l’a bien compris : deux semaines avant la clôture, plus d’un million de visiteurs l’ont déjà vue.

Proprement bouleversant de voir de tels chefs-d’œuvre de nos plus grands peintres de l’art moderne... dont la grande majorité nous étaient restés inconnus. Une grande émotion et un plaisir étrange, et surprenant.

Voilà une de ces belles histoires comme les aiment les esthètes et les amateurs !

Sensiblement à l’époque où la génération moderne des grands marchands d’art prend son envol, un collectionneur russe, issu d’une vieille dynastie de riches industriels orthodoxes vieux-croyants, vint à Paris en 1897. Il s’appelait Sergueï Chtchoukine (1854-1936) et allait constituer, essentiellement entre 1898 et 1914, par ses choix personnels et quelques conseils avisés de grands marchands d’art, cette monumentale collection.

Vincent van Gogh, Portrait du docteur Rey, Arles début janvier 1889, huile sur toile, Coll. S. Chtchoukine, 1908, musée Pouchkine

D’envergures comparables, deux collectionneurs russes allaient se livrer en ce domaine une concurrence fructueuse et acheter de l’art français en quantités et en qualité. Le second était Ivan Morozov, également d’une famille immensément riche de vieux-croyants.

Van Gogh : Chaumières à Auvers/Oise (1890), musée de l’Ermitage

Des deux, Morozov était peut-être le plus prudent dans ses emplettes.

Il choisira par exemple pour 13 000 francs L’Acrobate et la petite équilibriste (1905) de Pablo Picasso, deux paysages de la Montagne Sainte-Victoire de Paul Cézanne, et le chef-d’œuvre absolu de Vincent van Gogh, le Café de nuit à Arles.

À la mort de son père, Sergueï Chtchoukine s’était vu offrir le palais Troubetskoï... qu’il lui était urgent de meubler et de décorer, ce dont Matisse, qui se rendit à Moscou, fut chargé en assez grande partie. Chtchoukine d’ailleurs, bon prince, le présenta à Morozov, qui avait lui aussi de terribles soucis de décoration pour son propre palais.

Ce sera par exemple à l’intention de Sergueï Chtchoukine que le peintre créera l’une de ses fresques de La Danse.

Gauguin : Eh quoi, tu es jaloux ? (No te aha ’oe fe’i’i ?, 1892), musée Pouchkine, Moscou

Au cours de ce premier séjour parisien de 1897, le collectionneur, que son tropisme naturel portait essentiellement vers les impressionnistes, les postimpressionnistes, et les modernes, acheta son premier tableau de Claude Monet, suivi d’une kyrielle d’autres œuvres de Cézanne, de Rousseau, de Derain, de Lautrec, de van Gogh, de Degas, et de Gauguin notamment.

Il acquiert également une grande partie de la première période cubiste de Picasso, dont Les Trois Femmes, et des pièces maîtresses de la période bleue et de la période rose du peintre, périodes qui manquent tant en France.

Pablo Picasso, Portrait de Benet Soler, Barcelone, été 1903, huile sur toile. Coll. S. Chtchoukine avant fin 1913, musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg

Les relations d’affinités que Chtchoukine a très rapidement entretenu avec les plus grands marchands d’art de l’époque, les Paul Durand-Ruel, Ambroise Vollard, Georges Bernheim et Daniel Henry-Kahnweiler, ou tout particulièrement avec les artistes Monet et Matisse, puis Picasso, ont fortement influencé l’élaboration de sa collection, exemplaire de l’art le plus radical de cette époque, le plus à l’avant-garde.

La Fondation Vuitton indique que Chtchoukine aurait acheté lors de ses séjours à Paris entre 1895 et 1914 plus de 250 tableaux d’art moderne, dont 8 Cézanne, 16 Derain, 16 Gauguin, 38 Matisse, 13 Monet et une bonne cinquantaine de Picasso (certains parlent d’une centaine).

La Révolution russe de 1917 verra très vite Chtchoukine émigrer en Allemagne (ce que fit également Morozov), juste avant qu’un décret émis personnellement par Lénine fasse saisir cette formidable collection. Le collectionneur, n’y apportant qu’une demi-douzaine de tableaux, s’installa par la suite à Paris, où il mourra en 1936.

Cézanne : Mardi gras (Pierrot et Arlequin) (1888), musée Pouchkine

Ce sera, détails croustillants et cruels, dans le Palais même du collectionneur, dans sa propre demeure, que les Soviétiques installeront le premier musée d’art moderne occidental de l’URSS, inauguré dès 1919, dont la première conservatrice sera... la propre fille de Chtchoukine, Ekaterina Keller.

Après quelques aléas, en 1948, les collections Chtchoukine et Morozov, qui avaient été réunies, seront réparties entre le musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg et le musée Pouchkine à Moscou.

Qu’une aussi conséquente partie de la collection Chtchoukine soit montrée 4 mois durant en France (127 œuvres sur un total de 274 !) est réellement un événement rare et une occasion dont il vous faudra absolument profiter !

Elle est fort justement considérée comme l’une des collections les plus importantes pour l’art moderne, en grande partie français, du début du XXe siècle, et n’a jusqu’alors jamais été montrée dans une telle importance à l’étranger, certaines pièces comme L’Atelier rose, de Matisse, quittant pour la première fois la Russie.


Édouard Vuillard, Intérieur. Relais à Villeneuve/Yonne, Villeneuve/Yonne, 1899, huile sur carton marouflé sur panneau, Coll. S. Chtchoukine, avril 1899, musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg

C’est un peu comme le retour temporaire de certains de nos grands trésors artistiques nationaux... Allons les saluer et les contempler, même si ces chefs-d’œuvre, qui ne représentent qu’une moitié de la collection dans son ensemble, ne nous sont montrés qu’en fonction des capacités d’accrochage de la Fondation... qui ne sont pas encore celles des musées russes.

D’autant que, afin de présenter la collection Chtchoukine d’une manière un peu plus complète, le musée d’Art oriental de Moscou, qui en conserve les œuvres asiatiques, la Galerie Tretiakov à Moscou, le musée russe à Saint-Pétersbourg, pour des œuvres emblématiques modernes, le MoMA, le Musée national d’art moderne, Paris, et le Stedelijk Museum ont été également associées au montage de cet immense projet.


Van Gogh : La Vigne rouge (1888), musée Pouchkine

L’exposition présente également une trentaine de pièces majeures de l’avant-garde russe (Constructivisme, Suprématisme), dont des œuvres de Kasimir Malevitch, Alexandre Rodtchenko, Vladimir Tatline, Lioubov Popova, Michel Larionov, et Olga Rozanova. C’est l’un des partis pris de l’exposition que d’établir des confrontations entre maîtres modernes et artistes de l’avant-garde russe, afin de restituer au mieux l’onde de choc de ce dialogue plastique.

Gustave Courbet, Le Châlet dans la montagne, Suisse (Vevey), vers 1874, huile sur toile, Coll. S. Chtchoukine, 1898, musée Pouchkine

Le commissariat de cette exposition exceptionnelle, affublée du titre particulièrement affadi, muséal et disgracieux d’"Icônes de l’art moderne", est assuré par Anne Baldassari, ancienne et fameuse présidente du musée Picasso-Paris. Le projet a été rendu possible grâce aux aides du petit-fils de Sergueï Chtchoukine, André-Marc Delocque Fourcaud, de Marina D. Loshak, Directrice du musée Pouchkine et de Mikhaïl B. Piotrovsky, Directeur du musée de l’Ermitage.

Pour ceux qui souhaiteront comprendre davantage ce qu’était la Russie du temps des Chtchoukine, les grandes familles de commerçants Vieux-Croyants, pour ceux qui aimeraient savoir comment un collectionneur se déterminait à choisir des tableaux qui initialement le heurtaient, et qui disait avoir besoin de vivre un an ou plus avec un tableau pour en saisir l’importance...

Une biographie touffue existe et regorge d’ambiances et de détails de cette vieille Russie, de cette fratrie et de ses drames.

D’où venait donc cette frénésie d’achat qui s’était emparée de Sergueï, après avoir possédé Piotr ?

Natalia Semenova et André Delocque, petit-fils de Chtchoukine, ont retracé par le menu la façon dont les liens se sont tissés entre le collectionneur si intuitif et visionnaire et ces artistes de génie à l’aube d’une célébrité planétaire : Monet, Renoir, Van Gogh, Gauguin, Cézanne, Matisse, Picasso….

Des photos étonnantes et colorisées de ces chefs-d’œuvre accrochés à touche-touche dans ce mythique palais Troubetskoï.

Chtchoukine. Le patron de l’art moderne, édité par La collection Chtchoukine, 382 pages, 19€.

La collection Chtchoukine et ses icônes de l’art moderne, du 20 octobre 2016 au 5 mars 2017 (prolongation), Fondation Louis-Vuitton, 8 av. du Mahatma Gandhi, Bois de Boulogne, 75116 Paris, 01 40 69 96 00, fondationlouisvuitton.fr, entrée 16, ou 10, et 5€, comprenant (le même jour) le Jardin d’Acclimatation. Ouvert de 10 à 20h du mercredi au lundi, nocturne le vendredi jusqu’à 23h, fermé le mardi. Métro Sablons, sortie Fondation Louis-Vuitton. Comptez 12 minutes de marche.

Pendant les vacances scolaires du 4 au 20 février 2017, l’exposition est ouverte tous les jours de 9 à 21h.

À partir du 27/02, l’exposition sera ouverte tous les jours de 7 à 23h, et jusqu’à 1h du matin le 4/03/17.

Le 01/03/17, journée spécialement dédiée aux enfants et aux familles.

Il n’y a pas encore de stations de taxis à proximité.


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Vous retrouvez comme chaque année dans PARIS 2017. LES GRANDES EXPOSITIONS de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans Le CALENDRIER 2017 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2017-2018 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musées d’Orsay et de l’Orangerie, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, au musée Guimet, au musée Galliera, au Petit Palais, et au Château de Versailles.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : PARIS EXPOS HEBDO. Nouveautés / Conseils / Derniers Jours.

Vous pouvez consulter plus d’une centaine de présentations d’artistes, classées de A à Z.

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2017 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2016, 2015, 2014, 2013, 2012.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions 2017 dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
Aix-en-Provence - Albi - Les Alpilles - Angers - Angoulême - Antibes - Arles - Aubagne - Avignon : Saintes-Maries-de-la-Mer, L’Isle-sur-la-Sorgue - Bègles - Biarritz - Biot - Blois - Bordeaux - Bourg-en-Bresse - Cagnes-sur-Mer - Cannes - Carcassonne - Dijon - Grasse- Grenoble - Hyères - Ile-de-France : Auvers/Oise, Boulogne-Billancourt, Bussy-Saint-Martin, Chamarande, Chantilly, Châtenay-Malabry, Compiègne, Écouen, Fontainebleau, Giverny, L’Isle-Adam, Jouy-en-Josas, Malmaison, Marne-la-Vallée, Meudon, Milly-la-Forêt, Noisiel, Pantin, Pierrefitte/Seine, Poissy, Pontoise, Royaumont, Rueil-Malmaison, Saint-Cloud, Saint-Denis, Saint-Germain-en-Laye, Saint-Ouen-l’Aumône, Sceaux, Sèvres, Versailles, Vitry/Seine, Yerres - Le Cannet - Le Havre - Lens - Le Rayol - Le Canadel/Mer - Les Sables-d’Olonne - Libourne - Lille : Villeneuve d’Ascq, Roubaix, Tourcoing, Croix, Graveline, Cassel, Valenciennes - Lodève - Lyon - Marseille - Martigues - Metz - Monaco - Montauban - Montpellier - Mougins - Nantes - Narbonne - Nice - Nîmes - Ornans - Rennes : Landernau, Quimper - Rodez - Rouen - Saint-Étienne - Saint-Nazaire - Saint-Paul-de-Vence - Saint-Tropez - Sérignan - Sète - Strasbourg - Toulon - Toulouse - Tours - Valence - Vallauris - Vence - Vendôme - Villeurbanne

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam : Harlem, Rotterdam, La-Haye, Bois-le-Duc, - Bâle - Berlin - Bruxelles - Genève - Liège - Londres - Madrid - Milan - Monaco - Venise

André Balbo

sources : Visites, Fondation Louis Vuitton

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