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DERNIERS JOURS au Centre Pompidou de l’exposition Le Surréalisme et l’objet

Dernière mise à jour : lundi 6 mai 2019, par Expositions

Du 30 octobre 2013 au 3 mars 2014, avec « Le Surréalisme et l’Objet », le Centre Pompidou déploie sur 2 100m2 la première exposition d’ampleur consacrée aux pratiques sculpturales de cette célèbre avant-garde du XXe siècle, majeure s’il en est... et un brin vindicative, mais dont l’influence sur la création actuelle est sans cesse réévaluée.

Du premier ready-made de Marcel Duchamp revendiqué comme tel (qui n’est pas la Roue de bicyclette, pas tout à fait "already-made", puisque MD avait dû la fixer au tabouret !), le fameux Porte-bouteille de 1914, et aux œuvres de Man Ray et Arp, aux sculptures de Miró de la fin des années 1960, l’exposition piste les traces de l’histoire surréaliste de la sculpture par le recours à l’objet quotidien.

Parmi les signes avant-coureurs, la survenue du premier "mannequin" dans un des tableaux de Giorgio de Chirico, en 1914 aussi (hasard objectif, dirait Breton ?), laisse à penser... que bientôt on trouvera la Poupée (1933-1934) de Hans Bellmer et les éléments de sa genèse. Pour le Manifeste de 1924, le mannequin était l’un des objets les plus propices à provoquer le "merveilleux" surréaliste, à faire naître ce sentiment « d’étrange étrangeté », inspiré à Sigmund Freud par sa découverte de la "poupée" d’un conte d’Hoffmann.

Hans Bellmer La Poupée, 1933-1936 Objet articulé Bois peint, papier mâché collé et peint, cheveux, chaussures, chaussettes 61 x 170 x 51 cm Centre Pompidou, musée national d’art moderne Dist. RMN-GP Photo Philippe Migeat, Centre Pompidou © Adagp, Paris 2013

Sur le parcours, des œuvres de Cindy Sherman (Untitled 1992. Sex Pictures Series), Ed Ruscha, Mona Hatoum, Théo Mercier et Heim Steinbach répondent à leurs manières plus contemporaines aux recherches surréalistes. Plus loin, sur une petite musique lancinante et des stridences de ménate, des extraits du film "Grandeur nature" de Berlanga, interprétés par Michel Piccoli, puis encore des documents historiques projetés sur des écrans translucides, qui posent des respirations, dont certaines sont haletantes. Pouvoir voir l’envers d’une œuvre, soit-elle un film. Un mannequin sagement mais fièrement campé sur un banc…

Et puis il y eut ce que l’on peut qualifier d’événements fondateurs surréalistes comme la visite aux Puces que firent, en 1934, Breton et Giacometti (il y dénicha ce casque, annonciateur de Dark Vador, et Breton une cuiller en bois, au manche soutenu par un soulier de femme...), quand l’objet trouvé prenait aussi sa place, les Expositions internationales du surréalisme, de 1933 et de 1938, l’Exposition surréaliste d’objets de 1936, chez Charles Ratton, point d’orgue de l’exposition, quand les objets primitifs entrèrent dans la danse…

L’exposition de 1938 à la Galerie des Beaux-Arts est aussi fondatrice de bien des créations contemporaines. C’était l’annexion du réel, l’invention de l’installation, plus simplement une exposition mais une sorte de train fantôme, un parc d’attractions qui reçut, à cette époque, c’est proprement énorme, quelque 40 000 visiteurs ! Une haie de mannequins (Abercrombie peut aller rhabiller les siens) accueillait le public, auquel Man Ray confiait des torches lumineuses pour voir dans la presque obscurité créée. Ne peut-on pas voir là une flagrante filiation directe pour des artistes contemporains comme Philippe Parenno et Pierre Huygues notamment ? Tiens, ce dernier est également à Pompidou...

Dans cette course, péremptoire mais tâtonnante, du surréalisme vers la 3e dimension, la sculpture et l’objet, les apports de Salvador Dali et d’Alberto Giacometti furent essentiels. Le premier proposait d’entreprendre la fabrication d’objets à fonctionnement symbolique, donc forcément érotiques, quand l’autre commençait, avec la Boule suspendue, une série de sculptures un tant soit peu ludiques, et que l’on ne pouvait que tripoter... ce à quoi les surréalistes à jour de leur cotisation ne pouvaient qu’applaudir. Giacometti, plutôt initialement proche de Georges Bataille, devenait alors une de leurs conquêtes.

Alberto Giacometti Boule suspendue, 1930-1931, Bois, fer et corde, 60,4x36,5x34cm Centre Pompidou, musée national d’art moderne, Dist. RMN-GP, photo Philippe Migeat, Centre Pompidou © Succession Giacometti (Fondation Alberto et Annette Giacometti, Paris) / ADAGP, Paris 2013

Retenons au passage cette belle citation de Dali : "Les objets à fonctionnement symbolique ne laissent aucune chance aux préoccupations formelles. Ils ne dépendent que de l’imagination amoureuse de chacun et son extra plastiques." Standing ovation.

Une grande œuvre, qui ne saurait être passée sous silence : la définition de la beauté par Man Ray, ou la rencontre du parapluie et de la machine à coudre… bien que cela fasse aujourd’hui terriblement daté.

Didier Ottinger, directeur adjoint du musée national d’art moderne, est le commissaire de l’exposition. Sa vision nouvelle sur le mouvement surréaliste développe l’hypothèse selon laquelle, avec l’adhésion au PCF à partir de 1927 d’André Breton et des autres figures les plus influentes et agissantes du mouvement (Louis Aragon, Paul Éluard, Pierre Unik, et Benjamin Péret), sur fond d’opposition à la guerre au Maroc, adhésion donc au concept de "matérialisme dialectique", la promotion de l’objet s’était imposée au groupe comme la réponse possible à un contexte idéologique récusant l’appel aux puissances du rêve et de l’inconscient.

L’objet, "objectivation du rêve", s’imposait à eux comme l’agent efficace d’une subversion poétique de la réalité.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les sculptures réalisées de Max Ernst, Alexander Calder ou Pablo Picasso, témoignaient de la place qu’occupait dès lors l’objet dans l’art surréaliste, comme une pratique de la sculpture proche d’un art de l’assemblage. Irions-nous jusqu’à évoquer un cousinage avec les collages qui avaient mis la peinture au défi ?

À travers plus de 200 œuvres, dont nombre de chefs-d’œuvre de Giacometti, Dalí, Calder, Picasso, Miró, Max Ernst ou Man Ray, « Le Surréalisme et l’objet » rend compte des moments-clés de cette réflexion, ainsi que de sa postérité féconde dans l’art contemporain.

Le Surréalisme et l’Objet, du 30 octobre 2013 au 3 mars 2014, Centre Pompidou, 75191 Paris cedex 04, 01 44 78 12 33, métro Hôtel de Ville ou Rambuteau. De 11 à 21h tous les jours sauf le mardi. 11 à 13€ selon période, tarif réduit de 9 à 10€, valable le jour même pour le musée national d’art moderne et l’ensemble des expositions.

Vous retrouverez dans l’article 2013 à Paris : LES GRANDES EXPOSITIONS de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2013 des grandes expositions à Paris, ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : LA SEMAINE des expositions, musées, et galeries : que faire à Paris du....

Enfin, contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous avons établi notre sélection, avec PARIS 2013 : LES MEILLEURS CATALOGUES d’expositions de Paris.

Celui de cette exposition en fait partie.

*Et il est nominé au Prix CatalPa 2013 pour les catalogues d’expositions de Paris.*

Les Grandes Expositions et Calendrier 2014 peuvent déjà être consultés sur Évous.fr... et complétés, si vous disposez de plus d’informations que nous !

En grande nouveauté, car Paris, sans la province, ne serait vraiment pas grand chose... et est loin de nous être suffisant, nous vous proposons dorénavant une vue panoramique des Expositions et Festivals en province ? 2014. Expositions et Festivals en PROVINCE de A à Z. Ou encore CALENDRIER 2014 des Expositions et Festivals en PROVINCE

Avec des déclinaisons présentant davantage de détails par villes. dans les villes suivantes :
Angoulême
Arles
Avignon
Bordeaux
Dijon
Grenoble
Ile-de-France
Lens
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Lyon
Marseille
Metz
Montpellier
Nantes
Nice
Ornans
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Rodez
Rouen, Le Havre
Saint-Étienne
Strasbourg
Toulouse
Tours

Et juste quelques expositions 2014 pour Bruxelles et Londres...

André Balbo

sources : Visite, Centre Pompidou