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Exposition Olga Picasso

Dernière mise à jour : mardi 9 mai 2017, par André Balbo

Du 21 mars au 3 septembre 2017, première exposition consacrée aux années partagées entre Pablo Picasso et sa première épouse, Olga Khokhlova au musée national Picasso-Paris.

Olga Khokhlova, fille de colonel, est née en 1891 à Nijyn, une ville ukrainienne de ce qui est encore l’Empire russe.

Venue jeune en France, elle décide de devenir ballerine après avoir assisté à une représentation de la danseuse Shroessont. Elle intègre en 1911 la prestigieuse troupe innovante des Ballets Russes, que dirige Serge Diaghilev. Tournées nombreuses en Europe, en Angleterre, aux États-Unis.

La troupe est un must et déclenche les passions sur son passage, enflammant intelligentsia, artistes, snobs et bourgeois, pour la qualité de ses danseurs, pour ses extravagances, son esthétique révolutionnaire, la flamboyance de ses décors et de ses costumes.

Pendant la Première Guerre mondiale, l’Espagne ne comptant pas parmi les pays belligérants, Picasso, qui réside en France, n’est pas mobilisé. Temps pénible. Moqueries, caquètements de poules et plumes poursuivent les rares hommes valides que l’on croise dans les rues, jugés lâches de ne pas être partis au front.

C’est aussi le moment du "Retour à l’ordre", quand on réprouve ce que l’on avait adoré et signe maintenant une décadence : le cubisme (Pablo en est touché au premier chef), le couturier Paul Poiret, et bientôt ce sera le tour des ballets russes.

Sans que le cubisme ne disparaisse complètement de son inspiration ni de sa production, Picasso revisite des traits plus proches des œuvres d’Ingres. Approché par le vibrionnant Cocteau, qui rêve de s’allier et de s’entourer à la fois les artistes des rives droite et gauche de Paris, le maître, tel Europe, se laisse convaincre et enlever par le poète et son projet de spectacle d’avant-garde.

Il séjourne à Rome, qu’il découvre avec Jean Cocteau, à partir du 17 février 1916, et s’installe Via Margutta, d’où il voit la villa Médicis. Outre de nombreux portraits dessinés, il peint L’Italienne, L’Arlequin et Femme au collier.

L’homme des rudes Espagnes arides découvre d’autres sources d’inspiration, les charmes de l’Antiquité, d’autres tons. Il s’émerveille de civilisations et d’arts pluri-millénaires.

C’est dans la Ville éternelle, en mai 1917, qu’Olga fait sa connaissance, en compagnie du compositeur Igor Stravinski, alors que Picasso réalise, à la demande de Jean Cocteau, les décors et les costumes du ballet Parade.

Olga pensive, Pablo Picasso, 1923, dessin au crayon noir, pastel, Paris, Musée national Picasso-Paris, Photo (C) RMN-Grand Palais / Mathieu Rabeau (C) Succession Picasso – 2017

La musique en est d’Érik Satie, l’argument de Jean Cocteau, et la chorégraphie de Léonide Massine. Le ballet va défrayer la chronique et même faire grand scandale le 18 mai 1917 lors de sa première au Châtelet.

Picasso part pour Madrid en juin, avec la troupe de Diaghilev, dont Olga bien sûr, qu’il présentera à sa famille, et le 12 juillet, un banquet est offert en son honneur à Barcelone.

Du 23 janvier au 15 février 1918, Picasso expose avec Matisse chez Paul Guillaume.

Olga quitte une première fois les Ballets russes. Elle abandonnera définitivement sa carrière de danseuse en 1919 pour Pablo. Ils se marient à Paris le 12 juillet 1918 à l’église orthodoxe Saint-Alexandre-Nevsky de la rue Daru, avec pour témoins Jean Cocteau, Max Jacob, et Guillaume Apollinaire. Le voyage de noces se fera à Biarritz, dans la villa la Mimoseraie d’Eugenia Erràzuriz.

Modèle par excellence de la période classique de Picasso, Olga apparaît d’abord sous une ligne fine et élégante marquée par l’influence ingresque, en continuité et en dernier feu du "Retour à l’ordre".

Ces années sont aussi pour le jeune couple celles d’un bouleversant basculement social. Enterrement de la vie de bohème. Le maître, dont les succès et la cote ne font que croître, et qui porte maintenant chapon melon et gilet, a loué dans la classieuse rue de La Boétie, au numéro 23 (la galerie de Paul Rosenberg, qui est devenu son marchand, voisin et ami, est au 21 !) un duplex spacieux, qui devient le terrain de jeu d’une intense vie mondaine. Max Jacob, en copain moqueur, nommera ses moments « la période duchesse ».

Le peintre délaisse encore la déstructuration cubiste si décriée pour une nouvelle élégance de ligne plus classique.

Durant toutes leurs années de vie commune Olga Khokhlova est un modèle important de Picasso, notamment pour le célèbre Olga Khokhlova à la mantille (qui n’était en fait qu’un napperon).

Synonyme d’un certain retour à la figuration, Olga est souvent représentée mélancolique, assise, lisant ou écrivant, allusion sans doute à la correspondance qu’elle entretient avec sa famille qui vit un moment tragique de l’Histoire, et qu’elle ne reverra jamais. La dernière visite qu’elle a rendu à sa famille en Russie date de 1915.

Pablo Picasso, Olga Khokhlova à la mantille (1917), huile sur toile, 53 x 64cm

Au même moment en effet, parallèlement à l’ascension sociale du couple et à la reconnaissance artistique accrue de l’œuvre de Picasso, la Russie impériale, gravement atteinte par la Grande Guerre, souffre d’une importante crise économique et alimentaire, et perdra plus de deux millions de ses soldats au front.

La famille d’Olga subit du même coup une tragédie dont se font écho les lettres que reçoit Olga : déclassement social, disparition du père, coupure progressive des liens épistolaires.

Avec la naissance le 4 février 1921 de leur enfant, Paul, Olga devient l’inspiratrice de nombreuses scènes de maternité, compositions baignées d’une douceur inédite.

Pablo Picasso (1881-1873), Le Baiser, Paris, 12 janvier 1931, huile sur toile, Musée national Picasso-Paris, Dation Pablo Picasso, 1979

Les scènes familiales et les portraits du jeune garçon témoignent d’un bonheur momentanément serein notamment dans des formes atemporelles qui correspondent à une nouvelle attention pour l’Antiquité et la Renaissance découvertes en Italie (que Picasso a visité avec intensité, Rome, Naples et Pompei ne sont pas si loin) et réactivées par le séjour estival à Fontainebleau (1921).

Après la rencontre en 1927 de Picasso avec Marie-Thérèse Walter, jeune femme alors âgée de 17 ans et qui deviendra sa maîtresse, la figure d’Olga se métamorphose dans les œuvres de l’artiste.

En 1929, dans Le Grand nu au fauteuil rouge, elle n’est plus que douleur, forme molle dont la violence expressive traduit la nature de la crise profonde alors traversée par le couple.

Quand Olga, qui a appris la relation de son mari avec Marie-Thérèse, décide de le quitter et de partir en 1935 dans le Sud de la France avec Paul, elle demande le divorce. Pour de sombres raisons de partage des biens et de convenances, Picasso refuse, et, bien que ne vivant plus ensemble depuis des décennies, ils resteront officiellement mariés jusqu’à la mort d’Olga à Cannes en 1955.

Pablo Picasso, Grand Nu au fauteuil rouge, 5 mai 1929, Musée national Picasso-Paris © Succession Picasso 2016

L’année de leur séparation définitive, 1935, marque d’ailleurs un arrêt temporaire de la peinture dans l’œuvre du maître.

Ne dit-on pas qu’en 1937, dans son très fameux tableau Guernica, Picasso aurait placé Marie-Thérèse et Olga de part et d’autre ?

L’exposition, à travers une généreuse sélection de plus de 350 œuvres, peintures, dessins, éléments de mobilier ainsi que de nombreuses archives écrites et photographiques inédites, met en perspective la réalisation de quelques-uns des chefs-d’œuvre de Picasso en resituant cette production dans le cadre de cette histoire personnelle.

Cette exposition est à suivre un peu comme un récit intime et évidemment un peu impudique. Les œuvres présentant Olga vont suivre et subir les successives métamorphoses de la chronologie des sentiments que les époux traverseront plus mal que bien. Idéalisée au début de leur rencontre, la danseuse russe, modèle parfait et hiératique, lointain, rêveur et vaguement inaccessible au regard du visiteur, deviendra progressivement ce poids, cet empêchement et cette contrainte agressive que Picasso cherchera à blesser et écarter dans des œuvres d’une rare cruauté.

Pablo Picasso (1881-1973), Minotaure violant une femme. Boisgeloup, 28 juin 1933. Plume, encre de Chine et lavis sur papier. Musée national Picasso-Paris. Dation Pablo Picasso, 1979

Les photos présentées révèlent aussi visages, sentiments et attitudes que les dessins et peintures captent si précisément. La femme qui lit, comme celle qui écrit, est pour Picasso celle qui, sur le moment, lui échappe et ne lui est temporairement plus entièrement consacrée et soumise.

Comme le combat qui est montré ici parait avoir été violent et sans merci !

L’événement se déploie sur deux étages du musée Picasso, occupant près de 800 m2.

Commissariat : Emilia Philippot, Joachim Pissarro, et Bernard Ruiz-Picasso.

Olga Picasso, du 21 mars au 3 septembre 2017, au Musée national Picasso-Paris, 5, rue de Thorigny, 75003 Paris, 01 85 56 00 36, métro Saint-Paul, Filles-du-Calvaire, Saint-Sébastien-Froissart, ou Chemin-Vert, bus 20, 29, 65, 75, 69, 96. Tous les jours sauf le lundi, le 25 décembre, le 1er janvier et le 1er mai. De 11h30 à 18h du mardi au vendredi, de 9h30 à 18h les samedi, dimanche, et vacances scolaires. 12,50 ou 9,50€. Réservations +33 1 85 56 00 36 ou www.museepicassoparis.fr. Le musée est accessible aux personnes à mobilité réduite. Accueil personnalisé : accessibilite@museepicassoparis.fr.


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Vous retrouvez comme chaque année dans PARIS 2017. LES GRANDES EXPOSITIONS de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans Le CALENDRIER 2017 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2017-2018 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musées d’Orsay et de l’Orangerie, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, au musée Guimet, au musée Galliera, au Petit Palais, et au Château de Versailles.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : PARIS EXPOS HEBDO. Nouveautés / Conseils / Derniers Jours.

Vous pouvez consulter plus d’une centaine de présentations d’artistes, classées de A à Z.

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer.

Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2017 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2016, 2015, 2014, 2013, 2012.

Le catalogue de cette exposition fait partie de notre sélection 2017 des catalogues d’expositions de Paris.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions 2017 dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
Aix-en-Provence - Albi - Les Alpilles - Angers - Angoulême - Antibes - Arles - Aubagne - Avignon - Bègles - Biarritz - Biot - Blois - Bordeaux - Bourg-en-Bresse - Brest - Cagnes-sur-Mer - Cannes - Carcassonne - Dijon - Grasse- Grenoble - Hyères - Ile-de-France : Auvers/Oise, Boulogne-Billancourt, Bussy-Saint-Martin, Chamarande, Chantilly, Châtenay-Malabry, Compiègne, Écouen, Fontainebleau, Giverny, L’Isle-Adam, Jouy-en-Josas, Malmaison, Marne-la-Vallée, Meudon, Milly-la-Forêt, Noisiel, Pantin, Pierrefitte/Seine, Poissy, Pontoise, Royaumont, Rueil-Malmaison, Saint-Cloud, Saint-Denis, Saint-Germain-en-Laye, Saint-Ouen-l’Aumône, Sceaux, Sèvres, Versailles, Vitry/Seine, Yerres - L’Isle-sur-la-Sorgue - Landerneau - Le Cannet - Le Havre - Lens - Le Rayol - Le Canadel/Mer - Les Sables-d’Olonne - Les-Saintes-Maries-de-la-Mer - Libourne - Lille : Villeneuve d’Ascq, Roubaix, Tourcoing, Croix, Graveline, Cassel, Valenciennes - L’Isle-sur-la-Sorgue - Lodève - Lyon - Marseille - Martigues - Metz - Monaco - Montauban - Montpellier - Mougins - Nantes - Narbonne - Nice - Nîmes - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen - Saint-Étienne - Saint-Nazaire - Saint-Paul-de-Vence - Saint-Tropez - Sérignan - Sète - Strasbourg - Toulon - Toulouse - Tours - Valence - Vallauris - Vence - Vendôme - Villeurbanne

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam : Harlem, Rotterdam, La-Haye, Bois-le-Duc, - Bâle - Berlin - Bruxelles - Genève - Liège - Londres - Madrid - Milan - Monaco - Venise

André Balbo

sources : Visite, musée national Picasso-Paris

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