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DERNIER JOUR de l’exposition de Delaunay (Robert !) est au Centre Pompidou

Dernière mise à jour : lundi 6 mai 2019, par Expositions

Du 15 octobre 2014 au 12 janvier 2015, la compétition artistique et complice des Delaunay reprend : Monsieur est au Centre Pompidou, quand Madame s’expose au musée d’Art moderne de la Ville de Paris...

Il y a quelque temps déjà un autre couple célèbre exposait simultanément et séparément à Paris. Quand Misia Sert était confortablement exposée dans la feutrine à Orsay, les grandes fresques tonitruantes de Monsieur, l’immense José Maria Sert, se déployaient au Petit Palais. Quelle histoire ! Aucun lien n’avait pourtant alors été tissé entre les 2 événements. Dommage, dommage...

Autre binôme amoureux et fameux du monde de l’art, les Delaunay s’emparent de Paris dans ces temps de pleine tempête et quand Paris reprend avec autorité la main sur la planète artistique.

Manège de cochons, 1922, huile sur toile, Centre Pompidou, Mnam, don Sonia Delaunay, 1956. Restauré pour l’exposition. Un mouvement giratoire effréné de cercles polychromes. Au centre, une paire de jambes gainées de noir restitue l’ambiance tapageuse des fêtes foraines. On reconnait au premier plan l’ami Tristan Tzara (monocle et chapeau melon).

Pour ne pas avoir l’ampleur de celle de Sonia, l’exposition de Robert Delaunay (1885-1941), qui lui est très franchement déclarée complémentaire, n’en présente pas moins un grand intérêt.

Le Centre Pompidou du reste, grâce à l’importante donation que Sonia et son fils Charles lui firent en 1964, détient aujourd’hui la collection des Delaunay la plus importante du monde.

Notons ici, de façon liminaire, qu’il faudra toujours reconnaître que Sonia usa inlassablement de son influence auprès de son mari pour que son choix de couleurs s’ouvre, chatoye, ou chatouille davantage.

Inventeur de ce qu’Apollinaire avait appelé l’Orphisme, Robert, comme Sonia du reste, fut un pionnier de l’abstraction, et cela ne lui est plus contesté d’ailleurs depuis l’exposition de 1999 au Centre Pompidou "Robert Delaunay, 1906-1914. De l’impressionnisme à l’abstraction". Il a également acquis depuis le rang de précurseur de l’art cinétique.

Rythmes, 1934. Donation de Sonia Delaunay et Charles Delaunay en 1964 photo : Jacqueline Hyde / Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Domaine public

Cette exposition "Rythmes sans fin" explore la seconde période de l’œuvre de Robert Delaunay, celle qui débute à la sortie de la guerre et reste encore méconnue. Il se libère alors du cadre de la toile pour réaliser, à partir des années 1930, des œuvres murales et investir l’espace architectural.

Ainsi en 1930, après une longue pose, revient-il à l’abstraction avec deux toiles intitulées Rythme. Joie de vivre, et Rythme sans fin (780 m2 !). Il fait ses premiers reliefs et des panneaux pour la maison du Docteur Viard, explore des matériaux picturaux nouveaux, plâtre, sable, caséine, liège, ciment, plus tard ce sera la pierre-laque, et s’efforce d’intégrer ses découvertes à l’architecture.

L’année suivante, les Delaunay, très en attente de projets collectifs, projettent avec Chagall, Gleizes, Arp et Le Corbusier de créer un village d’artistes à Nesles-la-Vallée.

Impressionné par les nouveautés urbaines, qui englobent aussi bien le gigantisme de la tour Eiffel que l’impact des panneaux-réclames ou l’électrification des rues, Robert Delaunay perçoit la modernité comme un débordement visuel, une sensation optique qui submerge, à la fois monumentale, éblouissante et fulgurante.

L’acte de voir s’impose alors comme le sujet de sa peinture, marquée par ses recherches sur la simultanéité. Agissant directement sur la sensibilité du spectateur, la peinture revêt ainsi pour l’artiste « un aspect populaire », ce qui, successivement, le conduit à élargir le champ de son travail à l’environnement contemporain (décoration intérieure, cinéma, architecture).

Rythme n°1, 1938/1970. En 1938, Robert Delaunay réalise cette peinture, pour le Salon des Tuileries. Considérée comme son testament artistique, elle a été traduite ici en tapisserie à la demande de Sonia.

Les disques colorés, inventés avant la guerre, se muent en modules circulaires, qui deviennent, répétés à l’infini, synonymes ou symboles du rythme de la vie moderne.

En 1935, Robert Delaunay expose des revêtements muraux en relief et en couleurs d’une totale nouveauté technique, réalisés avec une extraordinaire variété de matériaux, animant alors les surfaces par un jeu de textures. L’artiste ne vise rien de moins qu’une révolution dans les arts, non plus dans le champ pictural, mais sur le terrain de l’architecture. L’association de la couleur et de la lumière permet une mise en rythme totale de son œuvre.

La deuxième partie de l’exposition est consacrée aux étonnants aménagements décoratifs que Robert Delaunay conçoit et réalise, avec le jeune architecte Félix Aublet, pour le Palais des Chemins de Fer et pour le Palais de l’Air de l’Exposition Internationale des arts et des techniques dans la vie moderne, de 1937, à Paris. Ils firent à juste titre sensation.


Aménagement conçu par Félix Aublet et Robert Delaunay dans le hall tronconique

Sonia, leur fils Charles, Albert Gleizes, Roger Bissière, Jean Crotti, Alfred Manessier, Léopold Survage, Raymond Duchamp-Villon, l’un des frères de Marcel, et Jacques Villon font partie de l’équipe de réalisation. Ah, le collectif !

Pour la grande salle du Palais des Chemins de Fer, Robert Delaunay peint une toile de 10 mètres par 15 : Air, Fer et Eau. Il réalise également une œuvre murale pour le Pavillon de la solidarité. L’aménagement du Palais de l’Aéronautique suscite des commentaires enthousiastes.

Un ensemble de photographies documentaires inédites, issues des collections de la Bibliothèque Kandinsky est présenté en diaporama. Des maquettes, études préparatoires et un choix de plans de bâtiments empruntés aux Archives nationales, permettent de mieux se représenter ce que ce projet avait de novateur et de spectaculaire.

Une dizaine de fresques sur ces différents moyens de transport, dans lesquelles rythmes sinusoïdaux et contrastes colorés cherchent et souvent trouvent les signes de la "nouvelle langue de l’âge de la vitesse".

Au milieu d’ellipses colorées, une passerelle accrochée aux combles permettait au public de découvrir, en plongée, un avion suspendu dans l’air...

L’exposition, placée sous le commissariat d’Angela Lampe, donne ainsi une nouvelle actualité à l’œuvre de Robert Delaunay et l’inscrit d’autant plus fortement dans l’histoire de l’art moderne, au-delà de l’Orphisme et de l’Abstraction optique auxquels trop souvent on le cantonnait.

Robert Delaunay. Rythmes sans fin, du 15 octobre 2014 au 12 janvier 2015, au Centre Pompidou, Galerie du musée, Niveau 4, 75191 Paris Cedex 4, 01 44 78 12 33, métro Hôtel de Ville, Rambuteau. De 11 à 21h tous les jours sauf le mardi. de 11 à 13€ selon période, ou de 9 à 10€.

Voir aussi Sonia Delaunay, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, jusqu’au 22 février 2015.

Voir aussi au Centre Pompidou Marcel Duchamp, la peinture même, et Une histoire. Art, architecture, design des années 1980 à nos jours, le nouvel accrochage des collections contemporaines du Centre Pompidou.

***

Vous retrouverez dans l’article 2014 à Paris : LES GRANDES EXPOSITIONS de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2014 des grandes expositions à Paris, ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : LA SEMAINE des expositions, musées, et galeries : que faire à Paris du....

Enfin, contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer.

Nous établissons notre sélection, avec Paris 2014 : LES MEILLEURS CATALOGUES d’expositions de Paris.

Celui de cette exposition en fait partie.

Nous vous proposons aussi une sélection d’expositions et de festivals dans les villes françaises suivantes :

Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

Et bien sûr pour Paris :

Les Grandes Expositions 2015 à Paris de A à Z
Calendrier 2015 des grandes expositions à Paris
peuvent déjà être consultés sur Évous.fr... et complétés, si vous disposez de plus d’informations que nous !

Et juste quelques expositions 2014 pour Bruxelles et Londres, Genève, Bâle, Amsterdam...

André Balbo

sources : Visite, Centre Pompidou, Nathalie Ernoult

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