eVous
repérez, proposez, partagez

Accueil > Paris > Sortir à Paris > Expositions à Paris > Paris 2014 : LES MEILLEURS CATALOGUES d’expositions de Paris, les Nominés et (...)

Paris 2014 : LES MEILLEURS CATALOGUES d’expositions de Paris, les Nominés et le Prix CatalPa 2014...

Dernière mise à jour : mercredi 1er novembre 2017, par André Balbo

La sélection des ouvrages qui suivent, et plus particulièrement les 10 Nominés au Prix CatalPa, sont susceptibles de nous laisser plus durablement les traces de ces événements artistiques ou culturels qui font de Paris une ville particulièrement attrayante.

Parmi eux, le Prix CatalPa 2014 a été décerné au catalogue "Niki de Saint Phalle", et une Mention spéciale a été attribuée au catalogue "Gustave Doré. L’imaginaire au pouvoir".

Ainsi ces catalogues sont-ils capables de nous offrir des approfondissements, des présentations plus fouillées, et des "compléments d’enquêtes". Ils peuvent prendre place dans une bibliothèque artistique rassemblant des ouvrages choisis.

Vous avez trouvé dans l’article 2014 à Paris : LES GRANDES EXPOSITIONS de A à Z les différentes expositions 2014 des établissements et musées de la capitale, et dans CALENDRIER 2014 des grandes expositions à Paris, ces mêmes événements classés par dates.

Mais déjà l’année change... Anticipez avec nos articles (Paris 2015. LES GRANDES EXPOSITIONS, CALENDRIER 2015 des grandes expositions de Paris,) et allez voir ce que l’on nous mijote...

Mais que restera-t-il demain de nos émotions artistiques de 2014 ? De nos découvertes plastiques, culturelles, historiques qui touchèrent nos sens et nos pensées ?

Qui est parvenu à visiter l’ensemble des expositions qui l’auraient intéressé ? Ou même à retenir dans sa mémoire et sa sensibilité profonde, chacune des œuvres d’art, des découvertes scientifiques, des révélations archéologiques ou historiques, qui sut le toucher, en un lieu, un instant, quelques jours ?

Message diffusé dans la semaine du 4 novembre 2014.

Les musées produisent pour nous, comme pour eux, des événements "culturels" de toutes sortes. Ils brassent des concepts, des rencontres artistiques, font des associations d’idées ou d’artistes, voire combinent des confrontations, judicieuses, ou qui le sont moins.

Parfois, l’idée d’une exposition est originale, forte, voire inédite : révéler un artiste dont l’œuvre parviendra à nous toucher intimement, rassembler une large partie de son œuvre, la présenter de telle manière que soudain une compréhension nouvelle nous atteint et complète la vision que nous en avions.

Les couvertures des 10 catalogues d’expositions de Paris nominés. Ils ont concouru pour le Prix CatalPa 2014 qui a été attribué le 18 novembre 2014 dans les Salons d’Honneur de la Mairie du IIIe arrondissement de Paris.


Mosaïque des Nominés 2014 © Jean-Gabriel Lopez, DR.

Dans notre lutte permanente contre le temps qui file, là comme ailleurs, contre l’actualité artistique ou culturelle qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence éditoriale, un rôle certain à jouer. Ils peuvent même offrir de véritables prolongements à ces ravissements exceptionnels qui auraient pu, sans leurs publications, n’être que fugaces.

Pour leurs diverses qualités, et dans leurs différentes fonctions, nous avons sélectionné les meilleurs catalogues des expositions parisiennes dès qu’ils nous sont devenus accessibles.

Ces ouvrages sont susceptibles de nous laisser plus durablement les traces de ces événements artistiques ou culturels qui font de Paris une ville particulièrement attrayante.

Ils sont aussi capables parfois de nous offrir des approfondissements, des présentations plus fouillées, et des "compléments d’enquêtes".

Explorons ensemble la production de catalogues des expositions qui se tiennent, ou se sont tenues, en 2014 à Paris, comme nous vous avions présenté celles de 2013 et de 2012.

CHACUN DES CATALOGUES 2014 PRÉSENTÉS AU FUR ET À MESURE DANS CETTE SÉLECTION EST EN LIEN AVEC L’ARTICLE DE L’EXPOSITION... QUI LUI A DONNÉ LE JOUR.

Message diffusé dans la semaine du 11 novembre 2014.

Nous vous communiquons aussi dans cet article le Prix CatalPa 2014, décerné au catalogue Niki de Saint Phalle.

Une Mention spéciale au Prix CatalPa a été attribuée au catalogue Gustave Doré. L’imaginaire au pouvoir.

Retenez aussi les les 10 catalogues 2014 qui furent nominés CatalPa 2014. Chacun d’eux mérite dans son domaine toute votre attention et justifierait de figurer dans une bibliothèque artistique idéale.

Ces éminentes distinctions ont été décernées par les membres du jury 2014 nommés par l’association Les Arpenteurs d’expositions dont j’ai l’honneur de faire partie.

Voir aussi : www.laffairedescatalogues.org.

***

1914-1918. Entre les lignes et les tranchées

À l’origine de la Grande Guerre, en France comme en Allemagne, un puissant dispositif de propagande permit aux élites gouvernantes d’entraîner les peuples dans l’apocalypse. Cela méritait d’être démonté, et de le mettre en rapport avec documents, photographies et paroles de poilus des tranchées. Ces éléments font mentir l’histoire instrumentalisée par ceux qui voudraient encore nous faire croire, cent ans après, que cette catastrophe était inévitable et relevait du consentement des peuples.

À travers les paroles de deux prêtres fantassins et photographes, de deux généraux en colère et d’un soldat amoureux, mais aussi des lettres et des témoignages de ces poilus hypersensibles qu’étaient les peintres et les écrivains mobilisés dans les tranchées, Jean-Pierre Guéno nous raconte 1 563 jours de mort et de vie quotidiennes et nous révèle « entre les lignes » les véritables causes de la Grande Guerre : la nécessité de souder et de légitimer une IIIe République toute neuve côté français, et un empire improbable côté allemand, et surtout un nouveau partage du monde, de ses sources d’énergie et de ses matières premières.

Il nous rappelle les vrais moteurs et les vrais champs de bataille de la guerre, ceux qui motivent souvent les nations, comme ceux qui les gèrent : l’appât du gain et du pouvoir.

Ce livre met en scène le formidable discours à la jeunesse de Jaurès en 1903, le fil rouge des incroyables photos des frères Roux, des fonds d’archive inédits (Roux, Duplessis, Gallieni, Drans), les rapports de tranchée du capitaine Charles de Gaulle, l’interview du plus grand banquier des États-Unis, qui explique en mars 1917 les ressorts d’une guerre avant tout économique, l’affiche de mobilisation de la Grande Guerre, placardée partout le dimanche 2 août 1914 et imprimée... 10 ans plus tôt, alors que Jaurès cherche à convaincre la jeunesse du fait que la paix sociale conditionne la paix militaire !

Un regard en arrière nécessaire et préventif à la fois.

Entre les lignes et les tranchées. Photographies, lettres et carnets. 1914-1918. Coédition Gallimard / Musée des Lettres et Manuscrits. Jean-Pierre Guéno, Gérard Lhéritier, cartonné. 280 pages, 279 illustrations, 29€.

América latina photographies. 1960 - 2013

Prolongement de l’exposition, le catalogue América Latina 1960-2013 est un ouvrage de référence sur la photographie latino-américaine. Comprenant quelque 500 reproductions couleur ou noir et blanc, il offre un vaste panorama de la production artistique des cinquante dernières années.

Ainsi permet-il d’explorer la richesse de ces pratiques photographiques, et leur grande diversité, tout en développant les contextes historico-politiques et artistiques dans lesquels elles ont vu le jour.

" L’association du texte et de la photographie, que ce soit avec la photographie directe ou à travers l’utilisation de la sérigraphie, du collage, de performances, de la vidéo, ou d’installations, a répondu aux besoins de certains de ces artistes de communiquer dans un contexte d’urgence et d’explorer les notions de territoire, d’identité et de mémoire."

Des analyses de Luis Camnitzer, Olivier Compagnon et Alfonso Morales Carrillo accompagnent des biographies d’artistes, des notices d’œuvres et une chronologie détaillée. Ensemble ils aident à approfondir la connaissance des langages visuels propres à ces continents.

América latina photographies. 1960 - 2013. Coédition Fondation Cartier pour l’art contemporain / Museo Amparo, cartonné, 19,9 × 29,4 × 3,6 cm, 392 pages, 500 illustrations, 38,50€.

Années 50 (Les). La mode en France (1947-1957)

Le 7 février 1947, la première collection de Christian Dior révolutionne les codes de la mode et de la féminité. Le « New Look » est né, avec ses jupes amples sous le genou, ses tailles cintrées ses poitrines hautes et ses épaules arrondies.

Les années 50 sont une période faste pour la haute couture parisienne. Avec Balenciaga, Fath, Balmain, Givenchy, Cardin, Chanel… les maisons de haute couture connaissent un tel succès qu’elles consacrent à nouveau Paris capitale mondiale de la mode, après l’intervalle de la guerre.

Ce catalogue évoque tous les aspects de cette période qui a marqué l’histoire de la mode : l’évolution des silhouettes, le fonctionnement d’une maison de haute couture, la naissance du prêt-à-porter et la démocratisation de la mode des couturiers, la presse de mode…

À travers des photos des plus grands photographes de mode (Henry Clarke, Richard Avedon, Willy Maywald…), des reportages dans les coulisses des défilés (photos exceptionnelles en couleurs de Marc Shaw), des prises de vue inédites des robes conservés à Galliera, des textes de spécialistes de la mode et des focus sur les grands couturiers, cet ouvrage offre un nouveau regard sur cette époque charnière qui mêle haute couture et prémices du prêt-à-porter.

Au sommaire "Les silhouettes des années 50", "Le fonctionnement des maisons de haute couture", "L’économie de la mode" et "Une mode pour un monde moderne".

Parmi les auteurs : Olivier Saillard, Alexandra Bosc, Ykje Wildenborg et Alexandra Palmer.

Attention. Justement parce que cet ouvrage de référence risque devenir un objet de collection, on pourra regretter l’absence d’outils de lecture aussi évident qu’un index des noms, des maisons, des modèles.

Les Années 50. La mode en France (1947-1957), coédition Paris Musées / Palais Galliera, relié, 258 pages, 200 illustrations, 44,90€.

Archives du rêve (Les)

La collection de dessins du musée d’Orsay en compte près de 93 000, dont 18 000 d’arts décoratifs et d’architecture, et plus de 700 pastels. Comme ils sont fragiles à la lumière, ils sont peu exposés.

Esquisse ou œuvre finie, ces dessins portent toujours la marque de la main qui les a faits et colorés. Ils constituent une forme de journal intime de l’artiste, où se côtoient autoportraits, notations du quotidien et de fragments du monde, visions fantastiques et oniriques.

Ces archives du rêve nous sont présentées ici par l’historien de l’art Werner Spies, grand spécialiste et ami d’Ernst et de Picasso, comme de nombreux autres créateurs, plasticiens, hommes de lettre et critiques de notre temps, à qui il a demandé de réagir à ces œuvres, par les mots ou tout autre manifestation de leur main.

100 contributeurs du monde de l’art et des lettres ont été invités, dont : Pierre Alechinsky, Eduardo Arroyo, Paul Auster, Georg Baselitz, Michel Butor, Christian Boltanski, Fernando Botero, Daniel Buren, Jean-Marc Bustamante, Sophie Calle, Jean Clair, Tony Cragg, Marlene Dumas, Philippe Forest, Gloria Friedman, Andreas Gursky, Yannick Haenel, David Hockney, Rebecca Horn, Anish Kapoor, William Kentridge, Anselm Kiefer, Jeff Koons, Julia Kristeva, Michael Krüger, Bertrand Lavier, Jean Le Gac, Peter Lindbergh, Mario Vargas Llosa, Annette Messager, Yan Pei-Ming, François Morellet, Richard Peduzzi, Guiseppe Penone, Christian de Portzamparc, Yasmina Reza, Daniel Richter, Gerhard Richter, François Rouan, Sempé, Cindy Sherman, Philippe Sollers, Tomi Ungerer, Jacques Villeglé, Wim Wenders, Jean Michel Wilmotte.

Présentation somptueuse, et riches contributions.

Les archives du rêve, dessins du musée d’Orsay : carte blanche à Werner Spies Coédition musée Orsay - Musée de l’Orangerie / Hazan, 432 pages, 240 illustrations, 49,90€.

Art contemporain (30 ans de la Fondation Cartier pour l’)

Pour ses 30 ans, la Fondation Cartier pour l’art contemporain publie un coffret réunissant deux livres richement illustrés relatant son histoire de pionnière en ce domaine : audace, curiosité et engagement auprès des artistes.

Le premier volume témoigne du caractère unique de ce lieu de création et de rencontres, qui a le premier fait le choix de soutenir les artistes et de proposer une programmation ouverte à tous les domaines de la pensée contemporaine. Construit autour d’entretiens avec les principaux acteurs de l’histoire de la Fondation Cartier, ce livre revient sur ces 30 ans d’expositions et d’événements exceptionnels. Il invite à découvrir le bâtiment de verre du boulevard Raspail au fil des expositions qu’il accueille, révélant son extraordinaire modularité, source d’inspiration pour les artistes.

Le second volume propose d’entendre les voix de personnalités proches – artistes, conseillers, critiques et amis de l’institution – qui ont participé à l’écriture de son histoire. Réunissant environ 2 000 images d’archives, photographies inédites et documents rares (croquis de scénographie, archives personnelles d’artistes), ce livre propose un parcours chronologique suivant l’intégralité de la succession des expositions, performances et événements marquants qui furent présentés.

Réunis dans un coffret doré, ces deux catalogues font référence quant à la Fondation Cartier et à son histoire. Ils témoignent de la diversité de sa programmation, de sa curiosité pour les territoires de la création et de la pensée les plus variés, de son ouverture au monde et de sa manière unique de croiser la multiplicité des champs artistiques.

Ce catalogue couvre aisément les expositions successives regroupées sous l’appellation de Mémoires vives...

Fondation Cartier. Trente ans pour l’art contemporain, Volumes 1 et 2 réunis sous coffret, éditions Fondation Cartier pour l’art contemporain, 23 × 30 × 7 cm. Version française et anglaise, 256 + 388 pages, 75€.

Auguste

Auguste (63 av. J.-C. - 14 après J.-C.), premier empereur romain, héritier de Jules César, chef militaire et religieux, sut instaurer la Pax romana, qui fut une période de prospérité voire d’abondance. Grand réformateur et brillant politique, il sut réformer profondément les institutions, et de plus fut un grand protecteur des arts et des lettres.

Ce catalogue, établi sous la direction d’Eugenio La Rocca de l’Université de Rome, illustre ce que fut sa prodigieuse et fulgurante carrière et les talents multiples qu’il dut mettre en œuvre, afin de favoriser l’épanouissement d’une culture artistique romaine de plus plus élaborée et riche qui se démarquerait du pesant modèle grec.

L’ouvrage synthétise l’ensemble des recherches effectuées sur Auguste, empereur d’exception, qu’elles aient été passées ou qu’elles soient récentes. Il présente à travers les reproductions de quelque 300 œuvres ou objets (portraits, statues, vaisselle, bijoux, bas-reliefs) des témoins culturels et artistiques de cet avènement de Rome à un autre niveau de civilisation.

15 pages d’une bibliographie internationale incroyable, un index, et des tableaux qui aideront à mieux comprendre les filiations entre les uns et les autresque demande le peuple ?

Auguste. Éditions de la Réunion des musées nationaux - Grand Palais, 24,5x29cm, relié, 320 pages, 330 illustrations, 45€.

Baccarat. La légende du cristal

Le Petit Palais demeure dans le faste des expositions universelles en accueillant dans ses grandes galeries, les étonnants témoignages de la virtuosité des artistes de cette légende du cristal que fut Baccarat.

L’événement a permis de réunir un choix exceptionnel de plus de 300 pièces de cette célèbre manufacture lorraine, créée en 1764, et aujourd’hui à capitaux américains. Les pièces des collections patrimoniales ont pu être complétées pour l’occasion d’autres emprunts prestigieux faits au musée d’Orsay, au Louvre, aux Arts décoratifs, à la Cité de la Céramique, aux Arts et Métiers, etc.

L’accent est mis ici sur les créations de Baccarat présentées aux grandes expositions parisiennes, de 1823 à 1937 ainsi qu’aux expositions majeures des Arts décoratifs de 1909 et 1910.

De nombreux dessins et documents inédits permettent de retracer la genèse des pièces exposées, de dévoiler leurs sources d’inspiration et de les réinsérer dans le goût d’une époque.

Ce catalogue se veut l’exacte traduction du faste et de l’atmosphère pouvant régner dans ces expositions majeures du début du XXe siècle. Il offre également par des textes riches, une documentation capitale sur l’histoire de Baccarat, de l’époque des luxes tapageurs des cours européennes et des têtes couronnées tropicales, aux souffles industriels des événements internationaux de la Révolution industrielle, aux épurements de la modernité.

Baccarat. La légende du cristal, coédition Paris Musées / Petit Palais, de Michaela Lerch et Dominique Morel, relié dos rond, 128 pages, 250 illustrations, 27 x 37 cm, 35€.

Bernard (Émile), 1868,1941

Émile Bernard, qui fut peintre, graveur, critique d’art, écrivain et poète, et qui comptait parmi les personnalités majeures de la vie culturelle parisienne au tournant du XXe siècle, n’a pas eu la place capitale qu’il aurait mérité dans l’élaboration de l’art moderne.

La première rétrospective de son œuvre en France, cet automne au musée de l’Orangerie, et qui le fera souvent découvrir au public, est l’occasion de ce catalogue.

Chronologique, on perçoit clairement l’évolution stylistique de cet homme exigeant, curieux, parfois polémiste. Grand voyageur, dans certains pays notamment exotiques, il a côtoyé de grands artistes, souvent dans le conflit.

Émile Bernard a soutenu les arts de son temps et leurs évolutions. De Paris à Pont-Aven, de l’Italie au Caire en passant par Aix-en-Provence, il a expérimenté cloisonnisme, peinture nabie, symbolisme, tachisme, orientalisme, avant de revenir vers un classicisme sous l’émotion de la redécouverte des maîtres italiens. Il ira, à la fin de sa vie jusqu’à remettre en cause les avant-gardes, qu’il avait jusqu’alors soutenues, au nom de la traduction picturale.

Ces différentes étapes ("Du synthétisme au symbolisme", "La peinture polémique", "Émile Bernard et les maîtres anciens", sont précisément décrites dans cet ouvrage, qui décrypte une à une, à l’aide de cartels et notules, les principales œuvres.

Émile Bernard, 1868,1941. Une coédition Flammarion / musée d’Orsay, ouvrage collectif (Rodolphe Rapetti, Fred Leeman et Marie-Paule Vial), broché, 240 pages, 39€.

Blumenfeld (Erwin). Photographies, dessins et photomontages

Ce catalogue sur l’œuvre d’Erwin Blumenfeld (1897-1943) illustre de façon saisissante un parcours artistique entre les deux guerres mondiales, mais aussi l’incidence de l’émigration sur une vie.

Il réunit les différents arts visuels pratiqués par Blumenfeld tout au long de sa vie : dessins, photographies, montages et collages.

Sont réunis ici les motifs, aujourd’hui devenus classiques, de ses photographies expérimentales en noir et blanc, ainsi que ses multiples autoportraits et portraits de personnalités connues ou inconnues.

La photographie de mode et la photographie publicitaire occupaient beaucoup Blumenfeld. Ces photographies, essentiellement en couleurs, témoignent de son incessant désir d’expérimentation après 1945 et mettent clairement en évidence le lien direct entre cette activité commerciale et les méthodes et techniques utilisées auparavant en noir et blanc.

Erwin Blumenfeld. Photographies, dessins et photomontages, coédition Hazan / Jeu de Paume, 264 pages, 35€.

Borgia (Les) et leur temps. De Léonard de Vinci à Michel-Ange.

L’exposition a su rassembler, au musée Maillol, une centaine d’œuvres, peintures, sculptures, créées par les artistes les plus renommés de l’époque : Giovanni Bellini, Léonard de Vinci, Michel-Ange, Andrea Mantegna, Raphaël, ou Titien.

Les trois principales personnalités parmi les Borgia sont évoquées dans cet ouvrage. Rodrigo Borgia, devenu pape sous le nom d’Alexandre VI (1431-1503). Il eut pour compagne Vannozza Cattanei qui lui donna plusieurs enfants.

César Borgia (1476-1507), condottiere et homme politique ambitieux, source d’inspiration pour Nicolas Machiavel de son célèbre ouvrage Le Prince, premier traité de politique moderne.

Lucrèce Borgia (1480-1519), sœur de César, fut l’une des femmes les plus extraordinaires de la Renaissance, dotée d’une grande culture mais aussi d’une renommée sulfureuse.

Dans les Appartements « Borgia » du Vatican, Pinturicchio a peint sous le pontificat d’Alexandre VI une série de fresques représentant des histoires sacrées où figurent les portraits des membres de la famille et les moments essentiels de leur vie, dont des détails sont reproduits dans ce catalogue.

Un second cycle de fresques, également du Pinturicchio est représenté : celui de la librairie Piccolomini de la cathédrale de Sienne, où, dans de splendides fenêtres historiées, est racontée l’histoire des Borgia.

Les Borgia et leur temps. De Léonard de Vinci à Michel-Ange. Coédition Gallimard / musée Maillol. Ouvrage collectif de Barbara Briganti, Claudio Crescentini, Massimo Miglio, Claudio Strinati et de Marie Viallon. 192 pages, 35€.

Brassaï. Pour l’amour de Paris

Au soir de sa vie, Brassaï confesse que Paris demeurait le fil rouge de son œuvre, et pour lui une source d’inspiration inépuisable. « J’étais à la recherche de la poésie du brouillard qui transforme les choses, de la poésie de la nuit qui transforme la ville, la poésie du temps qui transforme les êtres... »

À ce Paris vécu qu’il découvre tout enfant dans les années 1900, à cette ville où il s’installe en 1924, après des études d’art à Berlin, et qu’il parcourt sans cesse lors de ses déambulations nocturnes, se superpose le Paris éternel, qu’il sublime et dont il propose une vision très personnelle.

Déambulations nocturnes et dérives volontaires, laissant la porte ouverte systématiquement au hasard, il ira aux côtés d’Henri Miller, de Blaise Cendrars, de Man Ray et de Picasso...

Il tentera de comprendre, de capter, plus que de capturer, « l’esprit » de chacun de ses quartiers : la foule élégante de la rue de Rivoli, les badauds devant les magasins des Grands Boulevards, les charbonniers le long de la Seine à Bercy, mais aussi la majesté des monuments prestigieux, en particulier Notre-Dame et ses gargouilles qu’il surveille de jour comme de nuit...

Brassaï. Pour l’amour de Paris. Agnès de Gouvion Saint-Cyr, Coédition Hôtel de Ville de Paris / Flammarion, broché, 256 pages, 250 illustrations N & B, 24 x 28 cm, 35€.

Carpeaux (Jean-Baptiste, 1827-1875)

Alexandre Dumas disait de lui qu’il faisait "plus vivant que la vie". Jean-Baptiste Carpeaux, fils d’un maçon et d’une dentelière de Valenciennes, particulièrement doué et tourmenté, devint, par la brièveté, le succès et la fulgurance de sa carrière (qui ne dura qu’une quinzaine d’années), une figure majeure du renouveau de la sculpture française.

Ce catalogue montre les œuvres et raconte Carpeaux, qui se construisit un destin d’exception, étroitement lié au règne de Napoléon III, et à ce que l’on appela "la fête impériale". Mais ce sculpteur du mouvement, ce portraitiste du sourire, et ce dessinateur familier et descriptif de la cour des Tuileries, n’en demeura pas moins un attentif observateur des vérités de la rue.

L’exigence qu’il portait à son œuvre le faisait travailler sans relâche, qu’il s’agisse de sujets personnels ou de commandes. Ainsi son art l’entraînera-t-il aux extrêmes de la tragédie anthropophage d’un groupe comme Ugolin, qui dévorera ses enfants et petits-enfants, jusqu’à la légèreté et au plaisir de l’enthousiaste Danse, qui fera polémique et en choquera plus d’un, réalisée pour l’Opéra Garnier.

Son admiration pour Michel-Ange et la beauté antique s’imposent au visiteur de l’exposition comme au lecteur du catalogue. Chez Carpeaux, le sentiment religieux se teinte souvent d’une inquiétude.

Ce catalogue permet d’entrevoir l’étendue des talents, très appréciés par Rodin, de Jean-Baptiste Carpeaux, également peintre et dessinateur à ses heures.

Index des Noms très utile. Reproductions impeccables. Un somptueux catalogue.

Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875), coédition de Gallimard et du musée d’Orsay, dirigé par Édouard Papet. 364 pages, 350 illustrations, 49€.

Cartier-Bresson (Henri)

Nominé au Prix CatalPa 2014 pour les catalogues d’expositions de Paris.

En réunissant plus de 500 photographies, dessins, peintures, films et documents, regroupant ses plus grandes icônes, mais aussi des images moins connues, le Centre Pompidou retrace l’histoire d’une œuvre et, à travers elle, celle du siècle.

Henri Cartier-Bresson (1908-2004), qualifié dans son métier de photographe des superlatifs les plus dithyrambiques (L’œil du siècle, L’homme-œil, ou L’œil absolu), était incontestablement un "œil". Parvenant à combiner en permanence la puissance documentaire au lyrisme poétique, il a produit l’une des œuvres les plus fascinantes du XXe siècle.

Du surréalisme à Mai 68, en passant par la Guerre d’Espagne, la décolonisation et les Trente glorieuses, le catalogue de cette rétrospective du Centre Pompidou retrace le parcours du photographe.

Dix ans après sa disparition et à l’issue d’un travail de recherche de plusieurs années, cet ouvrage imposant, précautionneux vis-à-vis des mythes et des poncifs, propose une lecture réactualisée de cet immense corpus d’images de quelques décennies...

Son auteur, Clément Chéroux, historien de la photographie, dirige le Cabinet de la photographie du Centre Pompidou.

Henri Cartier-Bresson, éditions du Centre Pompidou, Clément Chéroux, 397 pages, 500 illustrations, relié, 49,90€.

Clemenceau, le Tigre et l’Asie

On ne saurait réduire le personnage qu’était Georges Clemenceau a l’image d’un "Père la Victoire" redouté pour la virulence de ses discours. Redouble, il l’était. Cet homme d’État fut en son temps un "tombeur de ministères". Mais il n’était pas que cela.

Homme lettré, écrivain, journaliste, il fut l’ami constant, exigeant et sourcilleux d’un Claude Monet vieillissant, dont il finira par installer les Nymphéas à l’Orangerie des Tuileries. Cette délicatesse de l’amateur d’art, cette curiosité faite talent affûté pour celui qui recherche sens de la vie, et histoire des émotions et de l’homme, Clemenceau allait les porter vers les civilisations de l’Asie.

Clemenceau intime vouait une véritable passion pour l’Asie dans son ensemble : ses arts, ses civilisations, ses religions, au point d’y accomplir un long voyage au soir de sa vie et d’y consacrer l’écriture d’une pièce de théâtre, Le Voile du Bonheur, qu’il fit jouer avec succès.

Collectionneur, le Tigre s’entoure ainsi de quelques milliers d’objets, dont la plus grande partie fut dispersée en 1894 aux enchères.

Aujourd’hui estampes, peintures, kôgô, ou boîtes à encens japonaises, masques, céramiques, mais aussi photographies, sont les témoins de cette passion pour les arts de l’Extrême-Orient.

Il ne s’agissait pas pour lui d’accumuler les objets dans un seul but esthétique, mais d’en comprendre la signification profonde en s’imprégnant du sens et de la pensée dont ils étaient issus.

Ce catalogue raconte comment cet homme, orientaliste et promoteur du dialogue des cultures, contribua à diffuser la connaissance de l’art et des civilisations de l’Asie auprès du public français.

Clemenceau. Le Tigre et l’Asie. Coédition Snoeck / musée Guimet, 320 pages, très richement illustré, 42.

Correspondances amoureuses. Je n’ai rien à te dire sinon que je t’aime.

Qu’existe-t-il de plus difficile que de retranscrire ses sentiments sur une feuille de papier ? Désir de plaire, peur d’être éconduit, volonté de se distinguer. Au fil des siècles, les plis cachetés à la cire, sur une feuille de papier glissée dans des enveloppes, renseignent quant au pouvoir des mots.

Enivrés par la force de leurs attirances, les hommes et les femmes célèbres ont-ils pressenti que leurs lettres seraient retrouvées et livrées à la postérité ? Curiosité, voyeurisme, admiration, les amateurs de lettres intimes se bousculent dans les musées, les bibliothèques, les librairies et les ventes aux enchères.

Le musée des Lettres et manuscrits conserve de ces précieuses lettres d’amour dont la plupart sont inconnues du public, et reproduites ici pour la première fois en fac-similés. Missives enflammées, érotiques, déclarations, atermoiements, plaintes, désir, jalousie, douleur de l’absence, ces courriers reflètent à l’infini les mille facettes
d’un état mystérieux dont personne ne souhaite guérir...

Avec des reproductions de lettres de Napoléon Bonaparte à Joséphine, Alfred de Musset à Madame Jaubert, Chopin à George Sand, Gustave Flaubert à Louise Colet, Juliette Drouet à Victor Hugo, Alexandre II à Ekaterina Dolgorouki, Ekaterina Dolgorouki à Alexandre II, Léon Bloy à Jeanne Molbech, Émile Zola à Alexandrine Zola et Jeanne Rozrot, Guillaume Apollinaire à Lou, Jean Cocteau à Marie Scheikevitch, Jean Marais et Natalie Paley, Francis Picabia à Germaine Everling, Puccini à Rose Ader, Jacques Prévert à Claudy Carter, Antoine de Saint-Exupéry à une inconnue, Marcel Jouhandeau à Robert Coquet, Marcel Cerdan à Édith Piaf, Édith Piaf à Louis Gérardin...

Correspondances amoureuses. Je n’ai rien à te dire sinon que je t’aime. Coédition Textuel / musée des Lettres et manuscrits, Édition établie et commentée par Dominique Marny. 192 pages, 39€.

Delaunay (Robert). Rythmes sans fin

Ce catalogue, publié sous la direction d’Angela Lampe contient plusieurs anthologies de textes, dont l’une sur l’actualité de l’art mural dans les années 1930, et une autre sur les écrits, rares et souvent inédits, de Robert Delaunay entre 1924 et 1940.

Il soumet à la réflexion grâce à lui très documentée et illustrée du lecteur une appréhension plus globale de l’œuvre de Robert Delaunay. Et la chose était d’autant moins aisée qu’il est "non linéaire, fait d’allers et retours, voire de croisements entre abstraction et figuration, à une époque où il fallait choisir son camp..." (Domitille d’Orgeval-Azzi)

Une photo (p. 109) illustre aussi très justement l’aboutissement et le plaisir qu’il sut susciter dans de grands travaux effectués collectivement avec sa femme et d’autres artistes, ambiance que l’on peut retrouver dans des réalisations plus tardives dans les bandes de Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely.

Un ouvrage dont le contenu et la richesse de la documentation surpasse avec talent et élégance le propos de l’exposition.

Robert Delaunay. Rythmes sans fin, éditions Centre Pompidou, 144 pages, 29,90€.

Delaunay (Sonia)

Ce catalogue présente la grande diversité des supports et des modes d’expression sur lesquels Sonia Delaunay avait choisi de travailler : dessins, peintures, collages, affiches, couvertures et reliures, vêtements, accessoires, costumes, tissus, tapisseries, mosaïques… et même voiture.

Il souligne la longévité et la cohérence de son œuvre, et participe à la réévaluation en cours de cette artiste, femme et artiste à part entière, et de la place éminente qu’elle occupe dans l’histoire de l’art contemporain.

Une incursion totale dans une époque enivrée de modernité, de vitesse et de mouvement. L’étape nécessaire de l’avènement de l’abstraction.

Sonia Delaunay, coédition Paris Musées / Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, publié sous la direction d’Anne Montfort, relié, 256 pages, 250 illustrations, 44,90€.

De Saint Phalle (Niki)

Prix CatalPa 2014 pour les catalogues d’expositions de Paris.

© Jean-Gabriel Lopez. DR. Usage libre pour la promotion du Prix CatalPa.

Discours ayant accompagné la remise à cet ouvrage du Prix CatalPa 2014 pour les catalogues d’expositions de Paris : "Pour exposer toute la modernité d’une artiste par une riche proposition graphique vivante, colorée, ludique (qui fait recours en outre à la technologie), situant une œuvre inclassable dans la fureur de son énergie originelle et le renouvellement de ses formes…

Pour ouvrir généreusement l’accès à 200 œuvres augmentées d’archives de la Fondation émanant d’elle…

Pour cette puissante interpellation lancée au public à travers toute l’œuvre et matérialisée par un choix judicieux de couverture avec jaquette (sans doute la plus remarquée de la cuvée 2014 des catalogues), traduisant parfaitement la radicalité, la violence, l’engagement social de l’artiste…

Pour apporter une contribution déterminante à la réévaluation historique de ces dernières années par une relecture passionnante iconoclaste, le catalogue Niki de Saint Phalle, coédition Niki de Saint Phalle / Niki Charitable Art Foundation et Réunion des Musées nationaux-Grand Palais, reçoit le Prix CatalPa 2014."

Arnaud Kasper © Photographie Christian Gaillard DR. Usage libre pour la promotion du Prix CatalPa.

Niki de Saint Phalle (1930-2002) est l’une des artistes les plus populaires du milieu du XXe siècle mais paradoxalement la richesse et la complexité de son œuvre restent à découvrir.

Artiste franco-américaine, seule femme du Nouveau Réalisme, épouse de Jean Tinguely, Niki de Saint Phalle fut l’une des premières artistes à acquérir de son vivant la célébrité, au début des années 1960, en jouant sur la médiatisation, et d’ailleurs l’une des premières personnalités, avec Warhol, à utiliser les médias pour contrôler ou orienter la perception de son travail.

À travers plus de 200 œuvres et archives, ce catalogue permet de découvrir l’univers singulier d’une artiste, hors de toute tendance et mouvement. Elle s’impose par sa violence, son engagement et sa radicalité, qu’il s’agisse de l’audace de ses performances, du contenu politique et féministe de son travail ou de l’ambition de ses réalisations dans l’espace public. Niki de Saint Phalle est également la créatrice des fameuses Nanas, joyeuses et colorées.

Ce catalogue propose une relecture de son œuvre à l’aune des réévaluations historiques de ces dernières années (histoire du féminisme, de la performance, du cinéma expérimental), mais aussi à partir d’un travail sur les archives de la Fondation Niki de Saint Phalle. L’ouvrage a bénéficié de la collaboration étroite de Bloum Cardenas, la petite-fille de l’artiste.

Certaines photos, signalées par un pictogramme, permettent de voir et d’entendre Niki de Saint Phalle en téléchargeant sur smartphone ou tablette numérique des extraits de films, d’entretiens télévisés ou radiophoniques.

Niki de Saint Phalle, éditions de la RMN-GP, publié sous la direction de Camille Morineau, commissaire de l’exposition, Lucia Pesapane, Kalliopi Minioudaki, Catherine Gonnard, Emilie Bouvard, Amélia Jones, Catherine Dossin, Catherine Francblin, 368 pages, 380 illustrations, 50€.

Dessins français du XVIIe siècle

En dévoilant ces chefs-d’œuvre parmi les dessins français du XVIIe siècle du département des Estampes et de la Photographie, la Bibliothèque nationale de France confirme qu’elle détient là l’une des plus belles collections en ce domaine.

D’une très grande richesse, celle-ci couvre tout le siècle, du règne d’Henri IV jusqu’à la mort de Louis XIV. En plus des dessins de peintres illustres bien représentés dans les collections publiques, de Martin Fréminet à Simon Vouet et Charles Le Brun en passant par Michel Corneille le père ou Philippe de Champaigne, elle abrite également de nombreux dessins de graveurs, tels Jacques Callot, Sébastien Leclerc, Jean et Pierre Lepautre ou encore Robert Nanteuil, tous aquafortistes ou burinistes de grand talent.

Dans les genres les plus divers (portrait, paysages, « modes » (déjà !), compositions funéraires, projets architecturaux, illustrations d’almanachs, images satiriques…), ces dessins donnent une image éclatante, foisonnante et originale du Grand Siècle, trop souvent appréhendé par le seul biais de la peinture d’histoire et de ses représentants, hiérarchiquement avantagés.

Cet ouvrage met l’accent sur une centaine de chefs-d’œuvre issus de ce fonds exceptionnel. Somptueusement illustré, signé par les plus grands spécialistes, il séduira les connaisseurs désireux d’apprécier la qualité d’œuvres souvent inédites ou nouvellement attribuées, ainsi que les amateurs, qui trouveront là matière à cultiver leur goût pour l’extraordinaire richesse de la scène artistique du XVIIe siècle français.

Astucieusement, l’ouvrage procède par une double avancée qui introduit à la fois les artistes et les œuvres magnifiquement bien reproduites.

Parmi les précieux outils de lecture, un index des artistes, et une bibliographie très fournie.

Ce catalogue a été publié sous la direction de Barbara Brejon de Lavergnée, bibliothécaire chargée des collections de dessins anciens au département des Estampes de la BnF.

Dessins français du XVIIe siècle. Collections du département des Estampes et la photographie, Éditions de la BnF, diffusé par le Seuil, 192 pages, 150 illustrations, 24x28cm, 39€.

Doré (Gustave), 1832-1883. L’imaginaire au pouvoir.

Mention spéciale au Prix CatalPa 2014 pour les catalogues d’expositions de Paris.

© Jean-Gabriel Lopez. DR. Usage libre pour la promotion du Prix CatalPa.

Discours ayant accompagné l’attribution cette année à cet ouvrage de la Mention spéciale au Prix CatalPa pour les catalogues d’expositions de Paris : "Peintre, paysagiste, illustrateur, caricaturiste…

Nous est ici révélée toute l’étendue du génie d’un scrutateur social à la limite de l’ethnographie, d’un saltimbanque de l’art alternant avec brio toutes les techniques maitrisant incomparablement la couleur, d’un visionnaire pesant sur le cinéma notamment, et la bande dessinée en particulier. Le format de ce catalogue en adéquation parfaite avec les œuvres dont il fait éclater la virtuosité et la puissance de vocation ; le travail de fond des auteurs portant l’envergure du sujet à une sorte d’apogée ; ces deux données de base ont transformé le projet de catalogue en véritable libre d’art, renouvelant à chaque page notre surprise et notre admiration.

Le catalogue Gustave Doré L’imaginaire au pouvoir, coédition Musée d’Orsay / Flammarion / Musée des Beaux-arts du Canada, reçoit une Mention spéciale tant l’esprit, l’image et le verbe traduisent ici le meilleur d’une exposition et d’une œuvre."

Gustave Doré, véritable saltimbanque de l’art, souffrait peut-être d’un excès de virtuosité. Il est aujourd’hui encore célébré pour la puissance d’évocation de ses gravures. Proclamé « le plus illustre des illustrateurs », ses talents précoces de dessinateur firent qu’il fut appelé dès 13 ans à contribuer en caricaturiste professionnel aux journaux historiques du XIXe siècle. Cela lui valut une célébrité internationale. Ce seront pourtant davantage ses illustrations des Contes de Perrault, des Fables de La Fontaine, ainsi que de La Divine Comédie de Dante et de la Bible (qui fit l’objet d’une réédition immédiate dans 15 villes d’Europe), qui l’ont inscrit dans nos mémoires. Sans oublier celles des ouvrages d’Hugo, Poe, Rabelais, Milton, Shakespeare ou Cervantès.

Le plus étonnant reste que l’étendue de son génie, la multiplicité de ses expressions virtuoses dans plusieurs disciplines nous soient pourtant encore largement méconnues.

Message diffusé dans la semaine du 18 novembre 2014.

Aux gravures de Doré répondent ses peintures... et ses sculptures. Il alterne allégrement tableaux d’histoire, de genre ou paysages, maîtrisant aussi bien les ensembles monumentaux que les scènes plus modestes, intimes ou cocasses, ses huiles sur toile aux teintes flamboyantes, tout comme ses aquarelles ou ses lavis, qui le consacrent maître insoupçonné de la couleur et de la matière.

En plus des techniques, son œuvre brasse bien des sujets, des époques et les grandes régions du monde, laissant apparaître chez l’artiste un appétit et une curiosité insatiables.

La richesse peu commune de son œuvre a rendu son héritage particulièrement
vivace dans la culture populaire, trouvant des échos tant dans le cinéma que dans la fantasy ou la bande-dessinée d’aujourd’hui. Philippe Druillet ne le salut-il pas comme « un metteur en scène, un concepteur, un visuel, un visionnaire » ?

Attention. Ce catalogue est déjà un ouvrage de référence...

Gustave Doré (1832-1883). L’imaginaire au pouvoir. Coédition Flammarion / musée d’Orsay, relié, 240 x 300mm, 356 pages, 287 illustrations, 45€.

Duchamp (Marcel), la peinture même

Si Marcel Duchamp est unanimement considéré comme l’un des artistes ayant le plus influencé l’art du XXe siècle, aucun catalogue n’avait été dédié à ses œuvres picturales.

La rétrospective que le Centre Pompidou a précisément consacrée à ce sujet s’appuie sur une approche inédite et documentée. Elle a réunit, et ce catalogue en tire le plus grand profit, les tableaux de celui qui a interrogé de manière radicale la peinture avec le Grand Verre, et bouleversé la notion d’œuvre d’art avec les readymades qui lui assureront une renommée mondiale.

C’est la genèse de cet œuvre complexe que l’on peut enfin... entrevoir. Attention, le terrain, humoristique et intelligent en diable, est forcément très glissant.

Des annexes, dont un index, précieuses, des reproductions parfaites, et des textes de grande qualité. Une référence.

Marcel Duchamp, la peinture même, éditions du Centre Pompidou, publiée sous la direction de Cécile Debray, 360 pages, 280 illustrations, 44,90€.

Durand-Ruel (Paul). Le Pari de l’impressionnisme.

Nominé au Prix CatalPa 2014 pour les catalogues d’expositions de Paris.

À la fin de sa vie, Claude Monet lui rendait un hommage sans nuance : "Sans Durand, nous serions morts de faim, nous tous, les impressionnistes."

Paul Durand-Ruel (1831-1922) reprend la galerie familiale créée par son père. Enthousiasmé par Delacroix, Rousseau, Courbet, Corot, il affirme très tôt son goût pour l’art et développe des pratiques commerciales qui donnent un nouveau visage à la galerie dès la disparition de son père en 1865.

Il découvre en 1971 à Londres certains impressionnistes, Monet, Pissarro, touché par leur peinture claire et lumineuse, puis plus tard, revenu à Paris, se lie d’amitié avec Renoir, Manet et Degas.

Dès lors, Durand-Ruel va acheter, vendre et diffuser ce groupe de peintres, contribuant ainsi à une profonde mutation internationale du marché de l’art... qu’il invente en quelque sorte.

L’art de présenter les tableaux pour encourager l’achat, les acquisitions massives qu’il effectue directement auprès des artistes, les expositions monographiques, les publications, les conquêtes de marchés à l’étranger (États-Unis, Angleterre, Belgique et Allemagne en particulier), les relations suivies avec les artistes, les collectionneurs, puis avec les plus grands musées, sont autant de voies que Durand-Ruel initie et développe.

A travers le rassemblement d’une centaine de peintures, dessins, et documents, des collections publiques et privées du monde entier, cette première exposition consacrée à Paul Durand-Ruel était l’occasion rêvée de retracer dans ce catalogue ce moment charnière et historique où une avant-garde artistique accédait à la reconnaissance internationale.

L’ouvrage retrace les relations que le marchand entretenait avec les impressionnistes, et souligne ses choix visionnaires et audacieux, qui firent de lui un père du marché de l’art moderne.

Bénéficiant des archives familiales des Durand-Ruel, l’histoire parait d’autant plus complète que prix, dates et correspondances sont révélés. Bien sûr, la qualité des œuvres réunies pour l’occasion, et l’historique commerciale de tant de tableaux en font un ouvrage qui fera rapidement référence.

Paul Durand-Ruel. Le Pari de l’impressionnisme. Coédition RMN-GP / Musée du Luxembourg, de Simon Kelly, Sylvie Patry, Anne Robbins, Christopher Riopelle. Relié. 23 × 26,5 × 2,5 cm, 240 pages, 247 illustrations, 35€.

Fontana (Lucio). Rétrospective

Lucio Fontana (1899-1968) est, avec de Chirico, l’un des artistes italiens qui ont le plus marqué le XXe siècle. Pour le grand public son travail personnel est lié à un unique geste radical, qui mène, selon les périodes, au trou, ou à la fente. Pourtant, cet artiste italo-argentin majeur, sculpteur de formation, avait 50 ans lorsqu’il réalisa ses premières toiles perforées en 1949. Il laisse une œuvre complexe, finalement difficile à attribuer à un seul artiste, justement parce qu’il a parcouru avec une grande liberté presque tous les domaines de la création en volume.

Ce catalogue sur l’œuvre de cet artiste qui inventa le mouvement spatialiste, qui fut tour à tour figuratif et abstrait, et qui pratiqua le modelage et la céramique polychrome, présente l’immense avantage d’embrasser l’ensemble de la carrière de Fontana. Depuis l’exposition au Centre Pompidou en 1987, son travail n’a, en effet, fait l’objet d’aucune publication importante ni d’aucune exposition d’envergure en France.

L’ouvrage se veut donc à la fois un parcours textuel et imagé de l’artiste et de son travail accessible au plus grand nombre, mais il possède également l’ambition de faire
état de la recherche actuelle en conviant des spécialistes.

Ouvrage de référence sur un artiste incontournable de l’histoire de l’art du XXe siècle, il est richement illustré.

Luciano Fontana. Rétrospective. Co-édition Paris Musées / Musée d’art moderne de la Ville de Paris. 304 pages, 250 illustrations, 49,90€.

Front (Vu du). Représenter la Grande Guerre

Nominé au Prix CatalPa 2014 pour les catalogues d’expositions de Paris.

La Grande Guerre fut assurément le premier conflit à être aussi intensément mis en image. Parmi les millions de combattants mobilisés, des peintres, dessinateurs et photographes allaient œuvrer pour les services officiels. Missionnés, ils furent chargés de documenter et construire un "discours visuel" sur la guerre.

Ainsi circulèrent des représentations en très grand nombre, certaines très largement popularisées, du front occidental au Moyen-Orient, en passant par l’Italie et l’Est de l’Europe.

Les combats acharnés, la modernité de la guerre, mais aussi son quotidien, abondamment montrés et exposés, témoignent de la terrible expérience vécue dont la mémoire marquera de façon profonde le siècle.

Ce catalogue présente l’ensemble unique de plus de 450 œuvres et documents (objets, peintures, dessins et photographies) issus des collections de la BDIC du musée de l’Armée (Bibliothèque de documentation internationale contemporaine), et d’autres institutions européennes et françaises de premier plan. Il donne à comprendre tous les aspects du front, vu par les contemporains de la Première Guerre mondiale.

Vu du front. Représenter la Grande Guerre, coédition BDIC / musée de l’Armée - Hôtel des Invalides, Paris / Somogy éditions d’Art, publié sous la direction de Sylvie Le Ray-Burini, Caroline Fieschi, Aldo Battaglia, Benjamin Gilles, et Anthony Petiteau, broché avec rabats, 392 pages, 540 illustrations, 39€.

Gehry (Frank)

Nominé au Prix CatalPa 2014 pour les catalogues d’expositions de Paris.

Première monographie de référence en langue française, cet ouvrage, publié par le Centre Pompidou, comprend un entretien exclusif avec Frank Gehry, des textes d’historiens d’art et de critiques d’architecture.

Il présente ses 60 projets ou réalisations les plus spectaculaires, sous forme d’esquisses, de dessins, de plans, d’élévations et de photographies. À lui seul, le nom de Frank Gehry incarne l’image de l’architecture contemporaine.

Comment peut-on humaniser celle-ci ? Comment retrouver son souffle après la première crise industrielle ? Ces questions traversent son œuvre, tant dans son architecture, que dans la vision urbaine qu’elle porte. Cet architecte est en effet aussi un grand urbaniste, et c’est bien la ville qu’il nous montre par ses bâtiments.

Le musée Guggenheim, à Bilbao en était, jusqu’à présent, avant la Fondation Louis-Vuitton, l’exemple le plus célèbre et le plus flamboyant. Ce musée, érigé en Espagne, nous montre qu’il est aujourd’hui érigé en emblème d’une capacité de l’architecture à réactiver le tissu économique d’un territoire.

Ce catalogue offre pour la première fois en Europe une lecture globale de l’œuvre de Frank Gehry, qui a révolutionné l’esthétique comme le rôle social et culturel de l’architecture.

Par la richesse exceptionnelle de son corpus documentaire et iconographique, cet ouvrage retrace, dans un parcours thématique et chronologique, les lignes de force de la carrière de l’une des figures majeures de l’architecture contemporaine de la seconde moitié du XXe siècle.

Frank Gehry, édition du Centre Pompidou, publié sous la direction de Frédéric Migayrou et d’Aurélien Lemonier, également commissaires de l’exposition, 23,5 cm x 28 cm, relié, 256 pages, 600 illustrations, 42€.

Gitai (Amos). Architecte de la mémoire

Amos Gitai a fait don de ses archives, en 2007, à la Cinémathèque française, qui concernent une filmographie de près de 80 titres où alternent documentaires et fictions (Wadi, Berlin Jérusalem, Kadosh, Kippour, Ana Arabia…).

Ce fonds riche et complexe, constitué de manuscrits, de scénarios, de photographies, de dessins, de rushes, de correspondances, nous place au cœur du travail d’élaboration de chaque film et met au jour les lignes de force qui parcourent toute son œuvre.

La traversée de cette filmographie d’Amos Gitai est une remontée aux sources de son histoire personnelle, de celle d’Israël et des lieux où il a tourné. Elle rend compte d’un art poétique qui lie intimement la mémoire à la caméra.

Amos Gitai a conçu cet ouvrage collectif fait d’entretiens avec ceux qui ont accompagné son travail, et de textes critiques qui ont ici valeur de manifeste. Paroles vives, visionnaires, irriguées par la question des archives, des filiations, des racines, des exils et de l’état du monde.

Filmographie et projets en cours.

Avec des textes de Jean-Michel Frodon, Amos Gitai, Frédéric Maire (Cinémathèque suisse), Karine Mauduit, Édouard Meier, Annette Michelson, l’écrivain Arthur Miller, Hans Ulrich Obrist, Matthieu Orléan (commissaire de l’exposition de la Cinémathèque), Marie-José Sanselme, Sam Stourdzé, Serge Toubiana et de Paul Willemen.

Amos Gitai. Architecte de la mémoire, coédition Gallimard / La Cinémathèque française, 96 illustrations couleur, sous couverture illustrée, 190 x 225 mm, 208 pages, 29€.

Gotlib (Les mondes de)

Ce catalogue illustre la rétrospective sur l’œuvre de Gotlib, réalisée pour ses 80 balais au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme. Il s’agit de l’un des plus grands maîtres de la bande dessinée contemporaine. Il fut un des piliers du journal Pilote où il anima les "Dingodossiers". Il inventa la "Rubrique-à-Brac" et fit naître d’inoubliables personnages dont le professeur Burp, Isaac Newton, la coccinelle et tant d’autres...

C’est encore lui qui créa Fluide Glacial, où il continua son exploration de l’humour en bande dessinée.

S’affranchissant de toutes les contraintes, scénaristiques et artistiques, il inventa sans cesse de nouveaux langages.

Ce catalogue d’exposition , vintage bien sûr, est une formidable façon de (re)découvrir les facettes et les facéties d’un génie de l’esclaffitude par ces dessins et textes originaux, et d’innombrables planches merveilleusement restaurées. Un ouvrage indispensable à tout amateur éclairé de bande dessinée, rassemblant des articles dont "Gotlib dans le monde de la presse BD", par Laurent Martin, "Gotlib, une mélancolie rouge avec des points noirs sur le dos", par Maxime Préaud, "La petite musique de Marcel Gotlieb", par Jean-Claude Kuperminc, "La coccinelle et le cinématographe", par Serge Bromberg, et "Marcel", par Anne Goscinny.

Les mondes de Gotlib. Coédition Musée d’art et d’histoire du Judaïsme et Dargaud.
120 illustrations. 22 x 29 cm, 208 pages, 34,90€.

Hajj, le pèlerinage à La Mecque

Le hajj, ou pèlerinage à La Mecque, est effectué chaque année par des millions de musulmans venant du monde entier. C’est l’un des 5 piliers de l’islam – avec la profession de foi, la prière, le jeûne du mois de ramadan et l’aumône.

Ce livre en aborde un grand nombre d’aspect, des étapes de son déroulement... jusqu’à ses représentations dans l’art contemporain. Avec à la fois simplicité et érudition, par ses textes comme grâce à ses illustrations, il permet à chacun de parvenir sur un tel sujet... un peu moins ignorant.

Inscrire cette pratique dans une histoire séculaire, artistique et expliquer les rites associés permet de mieux en comprendre la portée symbolique et l’engouement pérenne qu’elle suscite.

En effet, au-delà de cette vision historique, le pèlerinage à La Mecque demeure une pratique contemporaine qui répond aux contraintes du monde que nous connaissons.

El Hajj est également la somme d’une expérience à la fois collective et individuelle vécue par chacun des pèlerins, dans une quête à la fois spirituelle, intemporelle, mais aussi sociale et culturelle.

Théologiens, lettrés, artistes, commerçants, politiques ou simples croyants, font de la Mecque, pendant quelques jours, un microcosme universel.

Hajj, le pèlerinage à La Mecque. Coédition Snoeck / Institut du Monde arabe. 176 pages, 100 illustrations, 25€.

Histoire (Une). Art, architecture, design des années 1980 à nos jours

Avec plus de 450 œuvres de quelque 200 artistes, plasticiens, architectes et designers du monde entier, ce catalogue constitue un panorama unique de la création contemporaine des 30 dernières années. Il décrypte les préoccupations et les enjeux des artistes, ainsi que les nouveaux systèmes de production et de diffusion de l’art dans un monde globalisé en pleine mutation économique.

Christine Macel, conservatrice au musée national d’art moderne, chef du service création contemporaine et prospective, amorce ici une histoire de l’art qui resterait à écrire. Dans son essai introductif, elle propose une interprétation historiographique et analytique des mondes de l’art depuis la chute du mur de Berlin en 1989.

Trois critiques et historiens de l’art de renommée internationale enrichissent cette réflexion. Dieter Roelstaete se concentre sur la question de l’art après l’histoire, avec l’émergence des nouvelles technologies et outils de communication. Okwui Enwezor s’attache à la notion de l’artiste nomade et à l’impact de la globalisation sur la création. Claire Bishop met l’accent plus précisément sur les pratiques des artistes de cette période, autour des notions de citation et de reformatage.

Les œuvres présentées s’organisent autour de trois grands axes (art, architecture et design) et de thématiques intermédiaires, basées sur les pratiques artistiques. Chacune est introduite par un court essai. Près de 120 notices viennent éclairer les œuvres les plus emblématiques.

Une Histoire... est un livre de référence qui, au-delà du nouvel accrochage des collections du Centre Pompidou, a vocation à devenir un outil de réflexion pour appréhender l’art d’aujourd’hui.

Une histoire. Art, architecture, design des années 1980 à nos jours, coédition Centre Pompidou / Flammarion, broché, 288 pages, 39,90€.

Hokusai

Ce catalogue intégral de l’exposition Hokusai du Grand Palais rassemble plus de 590 illustrations représentant des œuvres essentielles et dont certaines sont inédites.

Dans sa préface des Cent vues du Mont Fuji (1835), Hokusai écrit : " Depuis l’âge de 6 ans, j’avais la manie de dessiner la forme des objets. Vers l’âge de 50 ans, j’avais publié une infinité de dessins, mais tout ce que j’ai produit avant l’âge de 70 ans ne vaut pas la peine d’être compté. C’est à l’âge de 73 ans que j’ai compris à peu près la structure de la nature vraie, des animaux, des herbes, des arbres, des oiseaux, des poissons et des insectes. Par conséquent, à l’âge de 80 ans, j’aurai fait encore plus de progrès ; à 90 ans, je pénètrerai le mystère des choses ; à 100 ans, je serai décidément parvenu à un degré de merveille, et quand j’aurai 110 ans, chez moi, soit un point, soit une ligne, tout sera vivant."

Cet ouvrage est une somme rare, à ranger précieusement dans sa bibliothèque. Un glossaire bien utile, vient éclairer le lecteur dans sa compréhension des méandres des techniques et des courants picturaux japonais.

Les nombreuses influences qu’il eut sur l’art européen apparaissent en toute lumière. Formidable.

Hokusai. Édition de la Rmn-GP. Textes de Seiji Nagata, spécialiste d’Hokusai et directeur du Katsushika Hokusai Museum of Art ; Mika Negishi, Atsuko Okuda, Makoto Takemura, conservateurs à Sumida City, Tokyo, et Laure Dalon, conservateur du patrimoine, adjointe au directeur scientifique Rmn-GP. 24,5 x 29 cm, 416 pages, 590 illustrations, relié, 50€.

Impression, soleil levant. L’histoire vraie du chef-d’œuvre de Claude Monnet

L’ouvrage retrace méticuleusement l’histoire de ce tableau, qui a donné son nom à l’impressionnisme, et est certainement l’un des plus célèbres au monde. Il remonte même aux origines de sa création, présentant les œuvres des grands modèles auxquels Monet s’abreuvait ou dont il s’entourait, à son domicile même : Delacroix, Courbet, Boudin, Jongkind, puis Turner qu’il découvre à Londres en 1870-1871, quand il fuyait la conscription.

Suit un ensemble unique de vues du port du Havre, contemporaines d’Impression, soleil levant, parmi lesquelles l’exceptionnelle L’Avant-port du Havre, effet de nuit, de Monet, rarissime nocturne.

Une incroyable enquête quasi policière et passionnante a permis d’identifier avec précision le lieu, la date et même le moment de la journée représentés par le peintre. Il était d’autant plus important de parvenir à connaître ces éléments avec certitude que le tableau s’était appelé alternativement Impression, soleil levant et Impression, soleil couchant, et que des interprétations avaient avancé différentes dates de son exécution... Aujourd’hui il est vérifié, argumenté et avéré que ce fut le 13 novembre 1872, et qu’il s’agissait bien... d’un soleil levant !

L’ouvrage s’intéresse ensuite à deux autres chef-d’œuvre de Monet présentés à côté d’Impression, soleil levant lors de la première exposition dite des impressionnistes en 1874 : Le Déjeuner, et Le Boulevard des Capucines.

Puis ce catalogue trace Impression chez ses acquéreurs successifs, et montre les œuvres qui l’environnaient... Un symbole était né !

Impression, soleil levant. L’histoire vraie du chef-d’œuvre de Monet. Coédition Hazan / musée Marmottan Monet, 224 pages, 35€.

Impressionnistes (Les) en privé

Pour les 80 ans de son ouverture au public, le musée Marmottan Monet a présenté une exposition exceptionnelle rassemblant une centaine d’œuvres de collectionneurs et de familles d’artistes, appelée « Les Impressionnistes en privé », et dont cet ouvrage est le catalogue.

Il est vrai que durant près d’un siècle, le musée a bénéficié de legs et de donations d’une envergure sans égale, faisant de lui le dépositaire du premier fonds mondial d’œuvres de Claude Monet et de Berthe Morisot. Sans la générosité des collectionneurs et des descendants d’artistes, il ne serait pas devenu un haut lieu de l’impressionnisme.

C’est rendre justement hommage aux collections privées de leur dédier une telle exposition réunissant exclusivement des œuvres privées. Ces chefs-d’œuvre retracent la genèse du mouvement et ses développements à travers des œuvres de Boudin, Caillebotte, Cassatt, Cézanne, Jongking, Manet, Monet, Renoir, Caillebotte, Degas, Cézanne, Morisot, Pissaro notamment. Elles sont souvent inconnues du public.

Ainsi, si la forme de cet ouvrage reste très classique, quelques-unes des œuvres présentées sauraient certainement vous surprendre.

Les Impressionnistes en privé. Cent chefs-d’œuvre de collections particulières. De Marianne Mathieu, Claire Durand-Ruel Snollaert et Richard R. Bretell ; co-édition Éditions Hazan / Marmottan-Monet, français-anglais, 216 pages, 120 illustrations, 29€.

Indiens des Plaines

Des récits des premiers explorateurs blancs sur les « Peaux Rouges » aux films tels que Danse avec les loups, de Kevin Costner, ou le récent Jimmy P. (Psychothérapie d’un Indien des Plaines) d’Arnaud Desplechin, la culture indienne de la région des Plaines nous fascine. Et sa foisonnante mythologie animiste est parvenue à perdurer malgré les guerres et épidémies engendrées par les incursions européennes et américaines, la vie dans les réserves, et les politiques d’éducation forcée et d’acculturation.

L’objectif de cet ouvrage est de montrer la force et la continuité de la culture des Indiens des Plaines, en dépit de la forte américanisation contemporaine. Le mythe de l’Indien des Plaines y est revisité à travers la diversité de ses expressions artistiques.

Vous y trouverez une sélection exceptionnelle de 140 chefs-d’œuvre du XVIe jusqu’au XXIe siècle, avec des œuvres d’artistes contemporains (qui manifestent bien la vitalité de l’art amérindien), conservées dans des collections privées ou publiques des deux côtés de l’Atlantique.

La permanence dans les formes et les motifs est révélée par la grande variété des productions artistiques sublimement reproduites dans ce livre : peintures et dessins, sculptures de pierre, de bois, d’andouillers et de coquillages, costumes richement ornés, broderies à base d’épines de porc-épic et de perles de verre, parures de plumes, objets cérémoniels et autres assemblages élaborés à partir de matériaux et techniques typiques des arts des premières nations de l’Amérique.

Des essais des plus grands spécialistes et des contributions d’Indiens des Plaines font à la fois de cet ouvrage une référence et l’expression de la trajectoire d’une culture restée authentique. Très précieuse bibliographie.

Indiens des Plaines. Co-édition Skira / Musée du Quai Branly, sous la direction de Gaylord Torrence, conservateur en chef au département de l’Art des Indiens d’Amérique du Nelson-Atkins Museum of Arts (Kansas City), cartonné, 320 pages, 230 illustrations couleurs, 47€.

Iran. Unedited History 1960-2014

Nominé au Prix CatalPa 2014 pour les catalogues d’expositions de Paris.

Comme s’il s’agissait de rushes. Un ouvrage rare de référence sur l’art moderne et contemporain iranien qui explore tous les domaines des arts visuels, de la peinture au cinéma en passant par les arts graphiques, selon un déroulé chronologique.

Vous y trouverez successivement les développements culturels de 1960-1979 sous le dernier Shah d’Iran, l’époque de la révolution de 1979 et la guerre Iran-Irak (1980-1988), puis de l’après-guerre à aujourd’hui.

De grands sujets sont abordés dont "l’art et la politique", "l’avant-garde populaire et le rôle de la TV", et "le pétrole surmoi", ainsi que l’attendu "anthologie critique d’auteurs iraniens".

Précieux repères chronologiques et lexique. Même si les reproductions ne sont pas très soignées, ce catalogue ambitieux vient combler un vide sur la vie bouillonnante d’un pays qui s’était beaucoup éloigné.

Iran. Unedited History. 1960-2014, coédition Paris Musées / musée d’Art moderne de la Ville de Paris, 200 pages, 39,90€.

Kama-Sutra (Le). Spiritualité et érotisme dans l’art indien

Une sélection d’œuvres, accompagnée des textes didactiques de l’exposition qui présentent avec méthode les 7 livres du Kâma-Sûtra, ainsi que les différentes écoles de peinture qui l’ont illustré. Chacune des gravures ou sculpture s’accompagne d’une notice explicative, permettant une bonne compréhension de l’art érotique indien.

Attribué à un brahmane du IVe siècle, le Kâma-Sûtra, loin de n’être qu’un livre érotique technique tel qu’il est souvent présenté en Occident, constitue l’un des textes majeurs de l’hindouisme médiéval. Il est divisé en sept sections (adhikarana) : de la société et les concepts sociaux, de l’union sexuelle, de l’épouse, des relations extra-maritales, des courtisanes, des arts de la séduction.

Ces œuvres et objets exceptionnels (sculptures, peintures, miniatures, objets de la vie
 quotidienne) ont été rassemblés à partir de la collection de Shriji Arvind Singh Mewar, maharana 
d’Udaipur, de la remarquable collection de Beroze et Michel
 Sabatier, et de ces « livres de l’oreiller », ouvrages illustrés offerts aux jeunes mariés jusqu’au XIXe siècle.

Le Kama-Sutra. Spiritualité et érotisme dans l’art indien, coédition Gourcuff Gradenigo / Pinacothèque de Paris, 208 pages, 39€.

Koons (Jeff)

Nominé au Prix CatalPa 2014 pour les catalogues d’expositions de Paris.

Artiste contemporain célèbre, même emblématique, controversé, et maître incontestable du kitsch, Jeff Koons révèle les œuvres d’art qui sommeillent dans les produits de consommation les plus courants (aspirateurs, ustensiles de cuisine, ballons de baskets...).

Son Inflatable Rabbit, lapin gonflable réalisé en inox en 1986, et ses Balloon Dogs sont reconnus par tous les plus grands collectionneurs.

Pour Alain Seban, le Président du Centre Pompidou, "il fixe une position incomparable dans le champ de l’art contemporain, au point que l’analyse critique s’en trouve prise au dépourvu et souvent bien en mal d’appréhender les fondements de sa démarche".

Les différentes techniques utilisées par Jeff Koons sont ici toutes explorées et montrées : l’installation, la photographie, la peinture, la sculpture sur tous matériaux (bois, marbre, verre, inox...), jusqu’à la création assistée par ordinateur.

Ne s’agirait-il pas tout simplement, comme le dit Jeff Koons lui-même : "de bien-être, sans criticalité".

Bibliographie sélective et Index !

Un ouvrage indispensable, et unique, sur un artiste contemporain plébiscité par le grand public !

Jeff Koons, éditions du Centre Pompidou, publié sous la direction de Scott Rothkopf, édition française supervisée par Bernard Blistène, 316 pages, 340 illustrations couleurs, 23 x 30,5cm, 44,90€.

Langlois (Le musée imaginaire d’Henri)

Jean Cocteau a décrit Henri Langlois comme "le dragon qui veille sur nos trésors". Cette personnalité majeure de la vie artistique du XXe siècle, fondateur de la Cinémathèque française dès 1936, a passionnément voué sa vie à faire connaître et diffuser le cinéma du monde entier.

Sa programmation, élevée au rang d’art et illustrée par ses mythiques séances de projection, ses prises de position sans concession, ses liens avec tant d’artistes de son temps, lui ont permis de montrer et de faire vivre, pour mieux le conserver, tout ce qui fait la richesse du cinéma, qu’il soit patrimoine ou art vivant.

Ce livre s’attache à faire comprendre ce personnage charismatique et original qui a vécu, à sa façon, une vie de bohème, grâce aux témoignages inédits de ceux qui l’ont connu (Alechinsky, Isabella Rossellini, Benoît Jacquot, mais aussi le penseur, instigateur des cinémathèques du monde entier.

Cette première monographie illustrée sur Henri Langlois est l’occasion d’analyser sa vision intuitive et audacieuse en un véritable "musée imaginaire" pour, en
creux, dessiner une histoire du 7e Art au XXe siècle.

Enveloppé d’une pochette à élastique que Langlois aurait pu utiliser, l’ouvrage autorise une immersion dans une pensée brillante et chaotique à la fois... qui sait particulièrement bien jeter des ponts entre les films.

Le Musée imaginaire d’Henri Langlois, coédition Flammarion / La Cinémathèque française, broché, 240 pages, 45€.

Le Pérugin, maître de Raphaël

Considéré par ses contemporains comme l’un des plus grands peintres d’Italie, Pietro Vannucci, dit Le Pérugin (vers 1450-1523), a initié pendant les dernières décennies du XVe siècle et les premières du XVIe une nouvelle manière de peindre. Son art cristallin, aux couleurs harmonieuses et aux lumières théâtrales a suscité un très grand engouement, faisant de lui l’un des représentants majeurs de la Renaissance italienne. Ses apports à l’art et à la culture de son époque sont essentiels.

Ce catalogue, dont la qualité des illustrations et des textes est remarquable, bénéficie des prêts d’œuvres obtenus pour l’exposition à Jacquemart-André des plus grands musées italiens, européens, et américains.

Le raffinement des compositions, l’attention portée à l’harmonie des couleurs et au modelé des corps témoignent de son exceptionnelle maîtrise technique. Inventeur de nouvelles règles picturales, le Pérugin a créé un langage artistique qui va se diffuser dans toute l’Europe.

Figure artistique aussi importante qu’originale, il a exercé une influence majeure sur ses contemporains, et tout particulièrement sur le jeune Raphaël.

Le Pérugin, maître de Raphaël. Coédition Fonds Mercator / musée Jacquemart-André. Publié sous la direction de Vittoria Garibaldi, ancienne Surintendante pour les Biens historiques, artistiques de l’Ombrie et commissaire de l’exposition. 220 pages, 39€.

Louvre Abu Dhabi. Naissance d’un musée

Le futur Louvre Abu Dhabi, premier musée universel du monde arabe, dont l’ouverture est prévue en décembre 2015, sera le tout premier musée universel dans le monde arabe. Né de l’accord intergouvernemental signé le 6 mars 2007 entre les Émirats arabes unis et la France, cet événement marque un tournant fondamental dans l’histoire de la muséologie.

Cet ouvrage rend compte de la création du musée, en même temps que de l’exposition française qui présente pour la première fois une sélection de 150 œuvres acquises depuis 2009 par l’Émirat d’Abu Dhabi.

Ce catalogue suit le parcours chronologique et thématique du musée, à travers un ensemble exceptionnel de plus de 300 pièces du monde entier et de toutes les époques. Leur diversité (un bracelet en or aux figures de lions fabriqué en Iran il y a près de 3 000 ans, un grand Bodhisattva provenant du Pakistan, une fibule d’or et de grenats d’Italie datant du Ve siècle après J.-C., une magnifique Vierge à l’Enfant de Bellini, des tableaux de Jordaens, Caillebotte, Manet, Gauguin, Magritte, un papier- collé inédit de Picasso, 9 toiles du peintre américain Cy Twombly, récemment disparu, etc.) rend compte du caractère encyclopédique au fondement du musée.

L’objet, graphique avec sa couverture qui reprend le motif de la coupole imaginée par l’architecte Jean Nouvel, s’impose comme un condensé exceptionnel de ce musée composé de regards croisés entre Occident et Orient, à visée explicitement universaliste.

Ouvrage réalisé avec un soin et une qualité de reproduction des illustrations remarquables.

Louvre Abu Dhabi. Naissance d’un musée. Co-édition Abu Dhabi TCA / Louvre éditions / Skira Flammarion, sous la direction de Laurence des Cars, ancienne directrice scientifique de l’agence France-Muséums, 320 pages, 300 illustrations, relié, 45€…

Manger (L’art de). Rites et traditions en Afrique, Insulinde et Océanie

Cet ouvrage rassemble des regards complémentaires sur les traditions liées à la nourriture, dont les codes économiques, sociaux et culturels traduisent et déterminent le plus souvent la fonction et l’esthétique des objets attachés aux besoins de se nourrir au quotidien ou lors de cérémonies.

Anne van Cutsem-Vanderstraete, historienne de l’art, nous sensibilise aux savoir-faire (modes de production des aliments, façons de cuisiner...) et à la diversité de pratiques rituelles qui les accompagnent.

Alain-Michel Boyer, anthropologue, traite des actes religieux des Baule, des Dan, des Senufo et d’autres peuples apparentés de Côte d’Ivoire. Si les humains procurent aux êtres de l’autre monde de la nourriture, ils en reçoivent leurs bienfaits en retour, souvent par des objets transitionnels.

L’attention d’Henry John Drewal, historien de l’art, s’applique à la complémentarité des sens. Chez les Yoruba (Nigeria), toucher et oindre les accessoires rituels, sentir ces offrandes contribuerait à nourrir les orisa, divinités dont la protection est nécessaire.

À la question « Pourquoi manger l’autre ? », Georges Guille-Escuret fournit des éléments de réponse qui montrent combien les fondements, et donc les pratiques, de l’anthropophagie se vivent différemment au sein de l’Afrique, de l’Insulinde ou de l’Océanie.

La contribution de Gilles Bounoure fournit l’essentiel de ce qu’il est nécessaire de savoir sur les Philippines pour pénétrer dans des cultures relativement complexes pour les Occidentaux. Historien de l’art, il raconte comment les actes déterminent la réalisation d’objets et vice-versa.

Les habitants de l’Afrique subsaharienne, de l’Insulinde et du Pacifique Sud ont largement puisé dans leur environnement naturel pour façonner les accessoires dont ils avaient besoin. Or, les produits et les terres elles-mêmes sont de plus en plus menacés. À cet égard, l’Afrique subsaharienne est, de toutes les parties du monde, la plus touchée par la pauvreté.

Ce catalogue, richement illustré et doté d’un copieux index indispensable, est extrêmement ambitieux sur un sujet universel dont les traitements, s’ils varient d’une civilisation à l’autre, laissent percevoir l’incroyable foisonnement des pratiques humaines.

L’Art de manger. Rites et traditions en Afrique, Insulinde et Océanie, éditions du musée Dapper, 446 pages, 39€.

Mapplethorpe (Robert)

Robert Mapplethorpe (1945-1989) fut l’un des maîtres de la photographie d’art, obsédé par la beauté, et lancé perpétuellement dans la quête d’un idéal esthétique. Dans cet effort et cette constance, il puisait ses références chez les plus grands sculpteurs et peintres de l’histoire de l’art, auprès des statuaires antiques et de la Renaissance, réalisant portraits, nus et natures mortes dans des noir et blanc et des études de matières extrêmement stylisés, voire maniérés.

Certaines de ses photos sont "osées", et cet ouvrage a choisi de présenter un ensemble très large de 250 images, sans censure.

Ce catalogue tire profit de cette première rétrospective de son œuvre en France, au Grand Palais, événement qui a su rassembler ses photographies de corps de marbre et de sculptures de chair, de détails anatomiques et de natures mortes, de fleurs végétales et de fleurs corporelles, parfois si proches, de ses portraits, de personnes célèbres ou pas, de scènes érotiques, et parfois même pornographiques.

Ce fut la recherche de toute une vie, qui fut très courte dans son cas (1946-1989).
Avec la participation de Patti Smith, qui fut sa compagne et resta son amie, et dont il fit quelques splendides portraits. Agréable chronologie illustrée de Judith Benhamou-Huet. Reproductions de qualité.

Robert Mapplethorpe. Éditions de la Réunion des musées nationaux - Grand Palais, 20,5 x 24cm, 272 pages, 320 illustrations, relié, 35€.

Mapplethorpe / Rodin

Ce catalogue d’exposition confronte les œuvres du photographe américain Robert Mapplethorpe (1946-1989) à celles de Rodin. Alors que ces artistes vécurent à des époques, dans des cultures et même sur des continents différents, le rapprochement comme le dialogue qui s’installent dans cet ouvrage sont forts.

Pour ces raisons, et même si le premier a beau sculpter les corps avec une exigence formelle classique à travers son objectif, et le second recourir généreusement à la photographie, rien ne semble a priori devoir relier les œuvres de ces deux artistes.

L’un court donc après la forme parfaite, quand l’autre s’obstine à capturer le mouvement dans la matière. Rien de spontané chez Mapplethorpe le méticuleux, tandis que Rodin s’en remet aux fulgurances du geste, allant jusqu’à en accepter l’expression accidentelle. Les plans hyper maîtrisés de l’un font écho aux rondes-bosses tourmentées de l’autre.

La fragmentation des corps, leur examen compulsif, les drapés qui les dissimulent à peine signent une quête commune, également sensuelle et affamée. Distantes de près d’un siècle, les deux œuvres présentent d’innombrables similitudes et produisent même des diptyques saisissants. Une belle idée.

Mapplethorpe / Rodin, coédition Actes Sud / Musée Rodin, 256 pages, 40€.

Maroc médiéval

Du XIe au XVe siècle, une succession de dynasties ont unifié un espace politique et civilisationnel centré sur le Maroc et étendu jusqu’à l’Andalousie.

Cette importante exposition, organisée par le musée du Louvre et la fondation marocaine nationale des Musées, sur le Maroc médiéval permet d’appréhender cette longue et riche histoire, clé de compréhension du Maroc contemporain et de sa modernité.

L’ouvrage retrace l’apogée de l’Occident islamique, tant d’un point de vue historique qu’artistique. Le Maroc médiéval invite à un voyage dans l’espace marocain et andalou de Fès à Séville, à travers des chantiers architecturaux majeurs, et les œuvres créées pour ces sites.

Chefs d’œuvres méconnus et découvertes récentes, ou chefs d’œuvres célèbres et spectaculaires se croisent au sein de cet ouvrage qui apporte un nouvel éclairage de cette aire du monde islamique.

Il permet aussi, grâce aux recherches archéologiques, et aux sources écrites, de rappeler ce que fut historiquement le Maroc, un créateur d’empire.

Maroc médiéval, coédition Hazan / musée du Louvre, écrit par Yannick Lintz, Claire Déléry, et Bulle Tuil-Leonetti, 432 pages, relié cousu, 24,5 x 28,5 cm, 350 illustrations, 49€.

Mayas. Révélation d’un temps sans fin

Nominé au Prix CatalPa 2014 pour les catalogues d’expositions de Paris.

La civilisation maya, ancienne civilisation de Mésoamérique, fait partie avec celles des Aztèques et des Incas, des civilisations précolombiennes. Elle recouvrait alors une très large partie du Sud du Mexique, mais aussi Belize, Guatemala, Honduras et Salvador.

Ses origines remontent à la préhistoire. La sédentarisation de populations est attestée, dans l’aire maya, à l’époque archaïque, entre le VIIe et le IIIe millénaire av. J.-C. Des Cités-États mayas, telles que Copán, Tikal ou Palenque, connurent leur niveau de développement le plus élevé à la période classique, entre le VIe et le IXe siècle, avant d’être rapidement abandonnées entre la fin du VIIIe et le IXe siècle.

Les spécificités culturelles mayas ont été profondément modifiées par la colonisation espagnole, aboutissant à la culture maya moderne caractérisée par un fort syncrétisme (notamment religieux).

Il y a 200 ans, le monde ne savait encore presque rien des Mayas. La forêt avait repris ses droits sur la plupart de leurs cités, et, peu après la conquête espagnole, au XVIe et XVIIe siècles, les prêtres européens avaient brûlé la quasi-totalité des livres en écorce de figuier laissés par les Mayas. Seuls quatre d’entre eux ont été retrouvés.

Les premiers explorateurs à approcher les vestiges de la civilisation maya au XIXe siècle ont contribué à lui forger une image romantique mais bien différente de la réalité. L’évolution des connaissances a permis de renverser cette vision

Ce catalogue bénéficie des quelque 400 objets de la civilisation maya, dont une cinquantaine de chefs d’œuvres (masques de jade, têtes sculptées...), que cette exposition exceptionnelle et historique a su rassemblés.

Suivant le parcours de l’événement, il présente successivement les aspects marquants de cette civilisation fascinante : l’homme et la nature ; la communauté humaine et la vie quotidienne ; le cœur des villes ; l’homme face au temps et aux astres ; les élites gouvernantes et leur historiographie ; les forces sacrées ; les rites funéraires ; les héritiers.{{}}

Mayas. Révélation d’un temps sans fin, coédition musée du Quai Branly / RMN-GP, relié, 24,5 x 29 cm, 384 pages, 350 illustrations, 49€.

Mousquetaires !

Si Louis XIII, Anne d’Autriche, le cardinal de Richelieu, le siège de La Rochelle ou l’arrestation de Fouquet sont aujourd’hui encore connus à travers le monde, c’est d’abord grâce au génie de romancier d’Alexandre Dumas qui a élevé ces personnages et ces moments de l’Histoire de France au rang de mythes planétaires.

Objet de toutes sortes d’interprétations et d’adaptations, littéraires, théâtrales, ludiques ou cinématographiques, l’épopée des mousquetaires est pourtant, avant tout, historique.

Du corps des mousquetaires du roi Louis XIII et de leurs présences dans les batailles, aux figures de d’Artagnan, d’Athos, d’Aramis, de Porthos et de Milady, en passant par l’affaire des ferrets de la reine ou celle du masque de fer, les exploits de cette unité d’élite dévouée au souverain sont à la fois resitués dans leur contexte historique, mal connu, et évoqués dans le cadre fictionnel qui les a élevés au nom de légende.

Le dialogue constant entre le socle historique et les inventions plus vraies que nature du romancier, est le thème principal de cet ouvrage. À la fois joyeux et érudit, émaillé de nombreuses surprises, divers par les registres multiples qu’il explore tour à tour, de la peinture d’histoire à la littérature populaire en passant par les armes des combattants, ce livre passionnera les fous d’Alexandre Dumas et enthousiasmera les amoureux de la grande Histoire.

Parmi les annexes, une remarquable bibliographie, évidemment.

Mousquetaires ! Coédition Gallimard / Musée de l’Armée-Invalides, publié sous la direction d’Olivier Renaudeau, 272 pages, richement illustré, 35€.

Oulipo

L’Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle) est le groupe littéraire français le plus ancien du champ contemporain. Depuis 1960, il œuvre, réunion après réunion, publication après publication, à une refondation de la littérature à l’aide de contraintes d’écriture souvent inspirées des structures mathématiques et ludiques.

Suivi de près par un petit cercle d’amateurs fidèles, connu des amoureux de jeux de langage comme des auditeurs des "Papous dans la tête" sur France Culture, largement exploité par les enseignants pour leurs classes, l’Oulipo a également influencé nombre d’écrivains et d’artistes contemporains, tant français qu’étrangers.

Ce catalogue a bénéficié de l’exposition préparée à la Bibliothèque de l’Arsenal, qui conserve les archives de l’Oulipo. Il vise à faire mieux connaître ce groupe marqué par des figures comme Queneau ou Perec... et toujours actif.

Pour demeurer fidèle à l’esprit de l’Oulipo, cet ouvrage propose, en même temps qu’un sommaire classique, des parcours ludiques et interactifs, fondés sur l’enquête et le jeu (trouver les contrepèteries et les phrases dissimulées dans les titres du catalogue, naviguer dans un sommaire fléché à la manière de L’Augmentation, de Georges Perec, ou débusquer les contraintes d’écriture de l’ouvrage), des inédits ainsi que des créations oulipiennes.

Un catalogue littéraire pour des joueurs invétérés et malicieux.

Oulipo, coédition Gallimard / BnF / Bibliothèque de l’Arsenal, publiée sous la direction de Camille Bloomfield et Claire Lesage, 192 pages, 157 illustrations, 39€.

Paris 1900. La ville spectacle

À l’occasion de l’Exposition Universelle de 1900, plus de 50 millions de visiteurs du monde entier viennent célébrer le nouveau siècle à Paris, alors capitale autoproclamée de la civilisation. La ville, cité du luxe, des loisirs, de l’art comme de l’art de vivre, rayonne pour tous de tous ses feux.

Spectacles, théâtre, musique, salons, expositions, innovations techniques, effervescence culturelle, et l’élégance de la Parisienne bien entendu, sont illustrés dans ce catalogue par de nombreux témoignages et une iconographie originale.

L’importance de cette synthèse sur cet événement, sa manière d’embrasser tous ces domaines qui concourraient à la haute réputation de Paris, comme la richesse de son iconographie, parfois surprenante, en feront rapidement un ouvrage de référence.

400 œuvres y sont reproduites, de Toulouse-Lautrec, Degas, Rodin, Mucha, Gervex et bien d’autres, ainsi que des illustrations montrant objets d’art, costumes, mobilier ou affiches.

Parmi les précieuses annexes, l’actualité artistique parisienne de 1895 à 1905, ainsi qu’une bibliographie sélective.

Paris 1900. La ville spectacle, co-édition Paris Musées et le Petit Palais, 24 x 30 cm, relié, 400 pages, 420 illustrations, 49,90€.

Paris libéré, photographié, exposé

Ce catalogue est trilingue (français, anglais, allemand), et ce n’est pas anodin. Au-delà de l’approche historique, il prend le temps d’analyser de quelle façon les images, photographies, films ou autres, rendent compte des événements dont elles témoignent.

Il met en lumière le contexte économique de leur production et révèle également les processus de construction de la mémoire collective à travers les images.

En plus de ces textes d’analyse de Catherine Tambrun, d’Axel Kahn, de Françoise Denoyelle, de Stefan Martens et de Catherine Clark, on y retrouvera bien sûr l’index de tous ces photographes qui vécurent et surent transmettre ces événements, dont les plus connus sont Robert Doisneau, René Zuber et Jean Séeberger.

La multiplicité des sources permet aisément de déceler dans ces images les émotions que transmet l’Histoire, et nous fait partager pas à pas, grâce à une chronologie détaillée, jour à jour, la marche de Paris et de ses habitants vers la Libération.

Paris libéré, photographié, exposé. Coédition Paris Musées / musée Carnavalet. relié, 24 x 30 cm, 448 pages, 320 illustrations, 35€.

Picasso

Le musée national Picasso-Paris, dans l’hôtel Salé, recèle de 4 500 à 5 000 œuvres, la plus grande collection publique mondiale, et le catalogue de ces trésors n’existait pas... jusqu’à la publication de cet ouvrage... qui existe sous 3 versions de couverture.

Vous y trouverez la reproduction de plus de 400 œuvres de Picasso, accompagnées de photographies du bâtiment, écrin de choix pour cette collection d’exception.

Structurée chronologiquement, cette somme permet de retracer toute la carrière de ce formidable créateur, en suivant les différentes époques qui scandent l’évolution de son œuvre, de la période bleue au tardif portrait Le Jeune Peintre de 1972, en faisant la part belle à la peinture, mais sans négliger le moins du monde les autres techniques que l’artiste a pratiquées au gré de ses amours et de ses amitiés : sculpture, céramique, photographie, dessin et gravure.

Une vaste chronologie, qui met en relation biographie et exégèse de l’œuvre, conclut l’ouvrage, faisant suite à des textes transversaux où le travail de Picasso est abordé sous l’angle des techniques employées (peinture, sculpture, arts graphiques).

Ce catalogue a été publié sous la direction d’Anne Baldassari, présidente du musée Picasso. L’équipe de conservateurs et de documentalistes du musée a rédigé les essais transversaux (peinture, sculpture, archives, etc.).

Picasso, coédition Flammarion / musée Picasso, 556 pages, 35€.

Raysse (Martial), rétrospective 1960-2014

Cet ouvrage de référence est le catalogue officiel de la rétrospective Martial Raysse (Centre Pompidou, Paris, du 14 mai au 22 septembre 2014).

Il retrace l’itinéraire de Martial Raysse, artiste peintre-phare des années 1960, mondialement célèbre, virtuose et insolent, sculpteur, cinéaste et costumier, Niçois, et... rétif aux compromis. Il sut rompre pour ne pas refaire et ce courage, chez les artistes, est rare et peut se payer au prix fort.

Le livre restitue les différentes étapes de ses engagements : les années pop, le minimal pop, les années chamaniques, l’invention d’une mythographie, et il couvre jusqu’aux toutes dernières peintures d’aujourd’hui de Martial Raysse, que le collectionneur milliardaire François Pinault s’accaparerait.

Chronologie de Mica Gherghescu.

Martial Raysse, édition Centre Pompidou, sous la direction de Catherine Grenier, 320 pages, 44,90€.

Rodin. La lumière de l’antique

Rodin voulait ancrer sa pratique de la sculpture dans la continuité de l’art grec fondateur, parfois revisité par les filtres des copies romaines et de la Renaissance. Reformulant les archétypes de l’Antiquité, allant jusqu’à intégrer par assemblage ses propres figurines à un vase grec, une colonne, une urne, son art faisait alors écho, par la perfection plastique et l’expressivité de ses formes, à l’idéal grec.

Les chefs-d’œuvre de l’Antiquité, qui sont arrivés jusqu’à notre époque le plus souvent sous forme de fragments, de sculptures mutilées, trouvent aussi un parallèle formel dans la façon même qu’avait Rodin de travailler. Ôtant le superflu pour donner à ses œuvres une puissance brute, essentielle, mutilant ses statues, il usait de l’assemblage, du fragment, de la recomposition, de l’inachevé.

Rodin ne se rendit pourtant jamais en Grèce, mais il collecta quelque 2500 œuvres ou répliques grecques, son propre musée, une Grèce rêvée, autorisant les percées de l’invisible, de l’inaccessible, de l’indicible, de l’accident.

Un catalogue brillant et précieux qui deviendra vite un ouvrage de référence aux outils de lecture indispensables.

Rodin. La lumière de l’antique. Coédition Gallimard / Musée départemental Arles antique. Publiée sous la direction de Pascale Picard. 404 pages, 450 ill., sous couverture illustrée, 220 x 280 mm, cartonné. 45€.

Sade. Attaquer le soleil

« Le propos de cet ouvrage est de montrer comment, avant d’avoir une importance majeure dans la pensée du XXe siècle, l’œuvre du Marquis de Sade a induit une part de la sensibilité du XIXe, quand bien même le personnage et ses idées y auront été tenus pour maudits.

Car, si Baudelaire, Flaubert, Huysmans, Swinburne, Mirbeau… sans parler d’Apollinaire, s’y sont référés à titres divers, tout porte à croire que la force de cette pensée est aussi d’avoir rencontré, révélé, voire provoqué, ce qui agite alors en profondeur l’expression plastique, concernant autant l’inscription du désir que son pouvoir de métamorphose.

C’est l’image du corps en train d’être bouleversée de l’intérieur, annonçant une révolution de la représentation. Que ce soit évident chez Delacroix, Moreau, Böcklin…, ce qui est en jeu n’est pas sans inquiéter aussi Ingres, Degas ou Cézanne, et bien sûr Picasso…

Et cela tandis que Félicien Rops, Odilon Redon, Alfred Kubin se rapprochent d’une expression restée jusqu’alors marginale (curiosa ou folie), avant que le surréalisme, se réclamant de Sade, ne reconnaisse le désir comme grand inventeur de forme.

À retrouver ce cheminement, il sera possible de mesurer combien, à dire ce qu’on ne veut pas voir, Sade aura incité à montrer ce qu’on ne peut pas dire. Ou comment le XIXe siècle s’est fait le conducteur d’une pensée qui, incitant à découvrir l’imaginaire du corps, va amener à la première conscience physique de l’infini. » Annie Le Brun.

Des textes formidables, et une illustration particulièrement soignée. Comment dit-on déjà ? Livre pour adultes avertis.

Annie Le Brun, commissaire générale de l’exposition, est notamment auteur chez Gallimard de Soudain un bloc d’abîme, Sade (1986), On n’enchaîne pas les volcans (2006), et Si rien avait une forme, ce serait cela (2010).

Sade. Attaquer le soleil, coédition musée d’Orsay / Gallimard, de Annie Le Brun, 336 pages, 350 illustrations en couleurs, 45€.

Sade. Marquis de l’ombre, prince des Lumières

Le sous-titre de ce catalogue est "L’Éventail des libertinages". Et si Sade y occupe une place royale, qui fait effet d’un franchissement de frontière, d’une rupture de digue, il s’agit bien là d’un ouvrage traitant de l’évolution des libertinages du XVIIIe siècle à nos jours. De cette libération des esprits qui fut l’une des conquêtes de la Renaissance, et précéda celle des corps jusqu’à nos jours les plus récents...

Si, en fin de livre, une bibliographie choisie, historique et précieuse, ravira tous les érudits que ses sujets passionnent, ils découvriront aussi, dans le pas-à-pas de l’ouvrage, les plus grands noms de la littérature cités, et épinglées leurs œuvres les plus osées.

Ce survol lest et généreusement illustré traite sans débordements excessifs de l’évolution des mœurs des derniers siècles, sous l’angle bien sûr réducteur, distant, presque scientifique et prudent que confère souvent le regard des gens de lettres. Mais si le titre aurait du être "Du Libertinage en littérature du XVIIIe à nos auteurs vivants", on ne saurait nier que sa lecture, qui ne porte le plus souvent que sur des textes licencieux, demeure fluide et agréable.

Sade. Marquis de l’ombre, prince des Lumières. Coédition Flammarion / Musée des Lettres et Manuscrits. De Gonzague Saint-Bris et Marie-Claire Doumerg-Grellier. 176 pages, illustré, 29€.

Tatoueurs, Tatoués

La pratique du tatouage a été de tous temps présente dans toutes les sociétés. Au cours de sa longue histoire, dans les mondes orientaux, africains et océaniens, le tatouage avait un rôle social, et un impact religieux et mystique. Curieusement, il fut marque d’infamie en Occident, de criminalité, devint une attraction circassienne supplémentaire, puis la marque identitaire de tribus urbaines, parfois porteuses de revendications.

Ce catalogue a choisi, après s’être intéressé à ses valeurs ethnologiques ou anthropologiques, l’angle sociologique et ses signifiances psychologiques, de célébrer la dimension créatrice, vivante, mouvante du tatouage.

En augmentation constante, cette pratique connaît un véritable engouement depuis les années 1990-2000. L’émergence de technologies nouvelles et un monde devenu plus accessible vont permettre au tatouage de conquérir une seconde vie artistique.

En effet, en Europe, Amériques, Asie, et Océanie, on recense aujourd’hui des artistes tatoueurs de renom, de véritables courants artistiques et des œuvres aux qualités esthétiques indéniables.

En résumé, cet ouvrage présente au lecteur toute la dimension contemporaine et esthétique du tatouage et retrace tout aussi bien l’ancienneté, l’omniprésence et la diversité des formes de tatouage que la richesse et la qualité des œuvres contemporaines.

Enfin, une série de photographies présente les 2 courants les plus récents du tatouage moderne, véritable "vestiaire d’esthétiques graphiques".

Tatoueurs, Tatoués. Co-édition Actes Sud / Quai Branly, 19,6 x 25,5 cm, 304 pages, 220 illustrations quadri, relié, 45€.

Tiki Pop

Après la Seconde Guerre mondiale, les Américains se retrouvent vainqueurs et satisfaits. Ils ont écrit l’histoire, mais le matérialisme de leur quotidien comme le stress de la vie moderne qu’ils ont eux-mêmes inventé tournent un peu à vide. Il leur manque cette part de rêve, de romantisme, d’excès peut-être, d’ailleurs, de tropical qu’ils imagineront et qui devra combler tous ces manques.

Et c’est ainsi que dès les années 1950, le style Tiki de la culture Pop allait déferler dans l’imaginaire populaire et imprégner cinéma, littérature, mode, cuisine, et jusqu’à la manière de boire.

Ce catalogue trace l’évolution de cette vision romantique qui naît dès la découverte des îles du Pacifique par James Cook à la fin du XVIIIe siècle jusqu’aux romans d’aventures de Melville et aux décors fantasmés des films de Hollywood, en passant par l’exubérance des tableaux de Paul Gauguin, et les temples exotiques bâtis en l’honneur d’un Tiki devenu dieu du divertissement.

Comédies romantiques sur fond de jungle, et tanières bardées de bambou posent la scène du style Tiki.

Cet ouvrage est illustré de centaines d’images racontant la formation de l’icône pop avec ses débuts trépidants et passionnés, et nous conduit jusqu’à sa ruine spectaculaire quand les consciences réaliseront les méfaits qu’a généré la colonisation occidentale sur ces pays...

Sven Kirsten, archéologue urbain et maître ès arts tiki, replace ses vénérables idoles dans le contexte de cette culture pop à tendance polynésienne. Ce catalogue est à sa manière un morceau d’histoire culturelle, et rend un vibrant hommage à cette forme si construite de paradis terrestre.

Tiki Pop, L’Amérique rêve son paradis polynésien, de Sven A. Kirsten, coédition musée du Quai Branly / Taschen. Français / Anglais, Couverture rigide, 384 pages, 39,99€.

Truffaut (François)

À partir des archives personnelles de François Truffaut, l’ouvrage propose de parcourir sa vie et son œuvre, en revisitant les grands thèmes qui l’ont inspiré : le rapport masculin/féminin, l’Amérique, l’éducation sentimentale, et la littérature.

Il rassemble des photographies de plateau inédites, des séquences de films, des carnets annotés, livres raturés, listes de travail, plans de tournage, associés aux témoignages inédits de ceux qui ont travaillé à ses côtés. Ils mettent en lumière, au plus près de l’œuvre, les thématiques clés qui parcourent de bout en bout la filmographie de cette grande figure du cinéma français.

Cette richesse documentaire permet aussi d’explorer une facette moins connue du public, celle d’un fervent lecteur admirateur de Balzac, Cocteau, Roché ou encore Bradbury, d’un écrivain volcanique et infatigable, entre critique de cinéma, correspondance foisonnante, projets de films et scénarios.

Textes et entretiens de Martine Barraqué, Bernard Benoliel, Carole Le Berre, Yann Dedet, Claude de Givray, Pierre-William Glenn, Jean Gruault, Jean-Louis Livi, Karine Mauduit, François Porcile, Gabrielle Sébire, Jean-François Stévenin, Florence Tissot, Jérôme Tonnerre et Serge Toubiana.

François Truffaut, coédition Flammarion / La Cinémathèque française, sous la direction de Serge Tubiana, photographies de tournages et nombreux documents inédits.19.5 X 25.5 cm, 240 pages, 35€.

Tschumi (Bernard). Architecture : concept & notation

Cette monographie, ouvrage de référence sur l’architecture, accompagne l’exposition à vocation internationale consacrée au Centre Pompidou à l’ensemble de la carrière de l’architecte Bernard Tschumi.

Toutes les facettes de cet architecte réputé, qui est aussi un théoricien, et un véritable intellectuel, sont étudiées et illustrées d’un corpus documentaire riche et inédit.

Une présentation indispensable de l’architecte, du théoricien et de l’homme, en version bilingue français/anglais, comprenant certains de ses grands projets, des essais de Bernard Tschumi, de Frédéric Migayrou, et d’Aurélien Lemonier, commissaires de l’exposition, ainsi qu’une conversation inédite entre Frédéric Migayrou et l’architecte de La Villette et du nouveau zoo de Vincennes.

Bernard Tschumi, architecture & notation, éditions du Centre Pompidou, 256 pages, 800 illustrations, 286 x 242 x 26 mm, 39,90€.

Van Gogh / Artaud. Le suicidé de la société.

Quelques jours avant l’ouverture de la rétrospective Van Gogh au musée de l’Orangerie en 1947, le galeriste Pierre Loeb suggère à Antonin Artaud d’écrire un texte sur le peintre, pensant qu’un écrivain qui avait été interné pendant neuf ans était le mieux placé pour comprendre son œuvre.

Le poète rédige alors Le Suicidé de la société, dans lequel il conteste la thèse de l’aliénation du peintre et s’insurge contre le jugement porté par la société sur ce génie doué, selon lui, d’une lucidité supérieure.

Pour étayer sa thèse, Artaud s’appuie sur les tableaux de Van Gogh découverts lors de ses visites à l’Orangerie. Il ravive et précise ses souvenirs en consultant deux livres illustrés et demande à lire des lettres du peintre à son frère Theo. Son analyse inspirée révèle le sens profond et souvent occulté des œuvres de Van Gogh.

Ce catalogue, qui permet de voir certains tableaux (dont L’Allée des Alyscamps et Le Jardin public) et dessins rares du peintre, rend compte de l’œuvre de Van Gogh à l’aune du regard d’Antonin Artaud. Structuré selon les catégories ou désignations singulières mises en lumière par l’écrivain, il manifeste les connexions sensibles de ces artistes, tous deux maudits (une rencontre ?), à travers une quarantaine de tableaux, dessins et lettres du peintre, ainsi que des dessins et photographies de l’écrivain.

Avec les contributions de Natacha Allet, spécialiste d’Antonin Artaud (Autoportraits d’Antonin Artaud, 2005) ; Nienke Bakker, conservatrice au Van Gogh Museum d’Amsterdam et coordinatrice de l’édition critique Vincent Van Gogh. Les Lettres (Actes Sud, 2009) ; Paul Denis, psychanalyste ; Paolo Fabbri, sémioticien ; Isabelle Cahn, conservatrice au musée d’Orsay.

Van Gogh / Artaud. Le suicidé de la société. Co-édition Skira / Musée d’Orsay, couverture toilée, reliée, avec dos rond, 208 pages, 100 illustrations, 39€.

Viola (Bill)

L’Américain Bill Viola est l’artiste vidéo le plus célèbre au monde. Déçu de l’enseignement en Arts plastiques qui lui était prodigué à l’Université de Syracuse, il rejoignit l’"expérimental studio", créé justement pour accueillir des élèves en quête de nouvelles expérimentations.

Bill Viola participe à l’effervescence des débuts de l’art Vidéo avec Nam June Paik, Bruce Nauman et Richard Serra notamment.

Très vite, sa maîtrise technique fait que ces œuvres utilisent des technologies de pointe, et il n’hésitera pas à se montrer à s’y inclure soit lui-même,soit des membres de sa famille.

Ses nombreux voyages le mettent en harmonie avec les philosophies orientales qui l’ont certainement aidé à exprimer un cheminement émotionnel et spirituel.

Ses thèmes récurrents sont la vie, la mort, le sommeil, le rêve, l’eau, le feu, ou le désert, mais aussi la religion, le cinéma, et la musique.

Ses vidéos sont épurées, confinant à l’abstraction, établissant des ponts avec l’histoire de l’art, en se nourrissant de références savantes et symboliques. Le mouvement, dans les œuvres les plus récentes, se ralentit à l’extrême...

Dans cet ouvrage, la biographie de Bill Viola est établie par sa femme Kira Perov, et Bill Viola s’y est très investi.

Bill Viola. Éditions de la RMN-GP, 24,5x29cm, 180 pages, 160 illustrations, relié, 35€.

Watteau (De) à Fragonard. Les Fêtes galantes

De l’invention par Antoine Watteau (1684-1721) des Fêtes galantes, aux brillantes fantaisies de Jean-Honoré Fragonard (1732-1806), ce genre tout en fraicheur va traverser le XVIIIe siècle.

Ces scènes champêtres élégantes et raffinées occuperont une place majeure dans la peinture française et les artistes les plus créatifs s’y consacreront, jusqu’à une date avancée du règne de Louis XVI. Pour retracer l’évolution de cette subtile expression picturale, une soixantaine d’œuvres ont été étudiées, sélectionnées à partir d’importantes collections françaises, européennes ou américaines, par deux spécialistes reconnus des Fêtes galantes, le Dr. Christoph Martin Vogtherr, directeur de la Wallace Collection de Londres, et le Dr. Mary Tavener Holmes, commissaire indépendante.

Réunis dans ce catalogue, les tableaux et dessins de l’exposition sont les variations des grands thèmes de la Fête galante. Dans des scènes de danse, de jeux ou de théâtre, Watteau et à sa suite les plus grands artistes du XVIIIe siècle mettent en scène le sentiment amoureux. Sous leurs pinceaux, belles dames, comédiens et bergers s’adonnent à des divertissements ou à des confidences, dans une atmosphère aussi légère que champêtre et poétique.

Parmi les annexes, de riches et synthétiques biographies passionnantes sur les peintres des Fêtes galantes font de ce livre une précieuse référence érudite. Reproductions des œuvres de haute qualité.

De Watteau à Fragonard. Les fêtes galantes, co-édition Fonds Mercator / musée Jacquemart-André, de Christoph Martin Vogtherr et Mary Tavener Holmes, 24 x 29 cm, 224 pages, relié sous jaquette, 44,95€.

Winogrand (Garry)

Nominé au Prix CatalPa 2014 pour les catalogues d’expositions de Paris.

Garry Winogrand (1928-1984) a révélé la vie américaine pendant près de 30 ans, des années 1950 à celles de 1980, comme peu d’artistes l’avaient fait avant lui, dévoilant sa beauté et sa brutalité mais aussi, parfois, sa drôlerie.

Ces témoignages nous montrent des personnages ballotés entre optimisme et bouleversements.

Curieusement, la mesure de son influence et l’importance effective de son œuvre ne peuvent réellement être faites que maintenant, tant Winogrand, parti trop tôt à 56 ans, a laissé un travail à accomplir dans l’archivage, le développement, et même le tirage de ses photographies... notamment quelques 6 500 bobines qu’il n’avait même pas vues lui-même !

L’ouvrage invite à l’approfondissement de la connaissance de son œuvre, et mène une savante réflexion sur ce qu’est le médium photographique et ses enjeux techniques.

Publié sous la direction de Leo Rubinfien, ce catalogue rétrospectif sur l’un des plus grands photographes du XXe siècle, réunit les images les plus emblématiques de l’artiste et des tirages inédits puisés dans les archives, en grande partie inexplorées, du début et de la fin de sa carrière, dévoilant pour la première fois l’étendue de son parcours exceptionnel.

Les textes sont de Leo Rubinfien, Sarah Greenough, Susan Kismaric, Erin O’Toole, Tod Papageorge et Sandra S. Phillips.

Garry Winogrand, coédition Flammarion / Jeu de Paume pour la version française, 240 x 288 mm, 464 pages, 45€ ; la version anglaise est publiée par San Francisco Museum of Modern Art en association avec Yale University Press, New Haven et Londres60€

Zoologique de Paris (le Parc). Des origines à a rénovation

Cet ouvrage prestigieux a été publié à l’occasion de l’ouverture du nouveau Parc zoologique de Paris (appelé jadis Zoo de Vincennes). Il retrace l’histoire aux multiples facettes de ce lieu mythique, après être restée 6 ans dans un vaste chantier qui ne ressemblait qu’à lui-même.

Cette histoire vivante et détaillée retrace plus de 80 ans de la vie du zoo (ouvert pour la première fois en 1934), embrassant tous ses acteurs : concepteurs, architectes, scientifiques, soigneurs, voyageurs, artistes, visiteurs… et même animaux. Quelques dizaines de millions de visiteurs l’ont fréquenté.

Ce livre raconte le fonctionnement et les transformations du site, cet espace complexe destiné aux hommes comme aux bêtes, flottant entre science et représentation. Il transcrit l’évolution de nos rapports avec les animaux sauvages, à l’origine curiosités exotiques exhibées, puis objets d’étude scientifique, aujourd’hui êtres sensibles, ambassadeurs de leur milieu et supports de conservation d’espèces animales. L’ensemble iconographique est constitué d’archives mises au jour à l’occasion d’une étude préalable à la rénovation du zoo, dessins, plans, photographies, cartes postales, affiches, œuvres d’art…

Cet ensemble et ses annexes, dont les plans de divers zoo européens et une importante bibliographie, en font également un ouvrage de référence.

Le nouveau Parc géologique de Paris présente dans des biozones les animaux associés à leurs milieux par souci du "bien-être animal", tandis que le visiteur est immergé dans un parcours richement paysager.

Parmi les annexes une remarquable bibliographie, et les plans de Parcs zoologiques européens qui en font déjà un ouvrage de référence.

Les auteurs. Dominique Pinon, paysagiste DPLG et historien, est spécialisé depuis 20 ans dans l’étude, la restauration et la gestion des parcs et jardins. Il a réalisé avec Isabelle Warmoes (historienne, ingénieur d’études au musée des Plans-reliefs), l’étude historique préalable à la rénovation du zoo. Maryvonne Leclerc-Cassan, vétérinaire et docteur ès sciences, est entrée au Muséum en 1969. Elle a dirigé le Parc Zoologique de Pars, puis le service des parcs zoologiques du Muséum et enfin le département des jardins botaniques et zoologiques du Muséum.

Le Parc zoologique de Paris, des origines à la rénovation, co-édition Muséum national d’Histoire naturelle / Somogy / Parc zoologique de Paris, broché, 24,6 x 28 cm, 328 pages, 350 illustrations, 39€.

André Balbo

Voir aussi
Sélection 2013 des catalogues d’expositions de Paris
Prix CatalPa 2013  : Ron Mueck, édition Fondation Cartier pour l’art contemporain, et La Spoliation des juifs, une politique d’État (1941-1944) ; Mention spéciale au Prix CatalPa 2013 : Angkor. Naissance d’un mythe, Louis Delaporte et le Cambodge, coédition Gallimard / musée Guimet.

Sélection 2012 des catalogues d’expositions de Paris
Prix CatalPa 2012  : Les Enfants du Paradis, coédition Cinémathèque / Fondation Jérôme Seydoux / Xavier Barral ; Mention spéciale au Prix CatalPa 2012 : Artemisia (1593-1654). Pouvoir, gloire et passions d’une femme peintre, coédition Gallimard / musée Maillol, et Wim Delvoye au Louvre, coédition musée du Louvre / Fonds Mercator.

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.