eVous
La ville dans la poche
Accueil Paris Arrondissements de Paris Ile-de-France Le Marais Lyon Marseille Nice Toulouse Bordeaux Nantes Lille Agenda France Guides France Shopping Visiter la France Musique TV Cinéma Expositions Ailleurs Terres et saveurs Astuces, idées et inspirations

Accueil > Le Marais > Sorties, Le Marais > Expositions dans le Marais > Événements au Centre Pompidou et à la BPI > DERNIERS JOURS pour découvrir, comme déjà plus de 300 000 visiteurs, Marcel (...)

DERNIERS JOURS pour découvrir, comme déjà plus de 300 000 visiteurs, Marcel Duchamp, peintre, au Centre Pompidou...

Dernière mise à jour : lundi 6 mai 2019, par Expositions

Du 24 septembre 2014 au 5 janvier 2015, une cinquantaine d’œuvres peintes de Marcel Duchamp : genèse et talents du pape universel de l’art moderne, pourtant réputé exécuteur de la peinture.

Déjà plus de 300 000 visiteurs pour découvrir le cheminement artistique et intellectuel de Duchamp à travers documents et œuvres dont la majorité des tableaux n’avait pas été montrée depuis près de 40 ans en France et est conservée au Philadelphia Museum of Arts.

Talents, intelligence, humour... et climat érotique. En visitant cette exposition on comprend un peu l’extraordinaire aura dont Marcel Duchamp (1887-1968) est entouré pour une grande part des artistes modernes, et cela mondialement. Il s’agit à n’en pas douter d’une des figures les plus emblématiques de l’art du XXe siècle.

Le Centre Pompidou, cultivant le contre-pied, réalise pour la première fois l’exposition d’une centaine de tableaux de, et autour de, Marcel Duchamp, qui lui-même était très joueur, ou pour le moins mutin. Cette approche, monographique, contextuelle et volontairement paradoxale, invite le visiteur aux réflexions qu’imposent cette suite de dessins et de tableaux de celui qui aurait, avait-on dit à l’envi, tué définitivement la peinture.

Marcel Duchamp. L.H.O.O.Q, 1919, readymade rectifié. Collection particulière © succession Marcel Duchamp / ADAGP, Paris 2014

Il avait dit en effet : "Le peintre à succès doit produire : alors, il se répète, à l’infini, et il peint des pommes, encore des pommes et toujours des pommes. C’est souverainement embêtant".

Ces créations allaient mener pas à pas Marcel Duchamp, presque consciencieusement, à la réalisation de son grand œuvre, La Mariée mise à nu par ses célibataires, même, commencé en 1910, déclaré inachevée par l’artiste en 1923, et communément appelé aussi Grand Verre.

Cet ensemble représente presque toutes ses œuvres dessinées et picturales, qu’il avait méticuleusement placées entre les mains d’un petit cercle de collectionneurs, tout en répliquant certaines miniaturisées dans sa formidable Boîte-en-Valise (1935-1941/1958), pour la postérité et ceux qu’il appellera les "regardeurs".


Marcel Duchamp, Boîte-en-Valise, 1935-1941/1958. "Au lieu de peindre quelque chose, il s’agissait de reproduire ces tableaux que j’aimais tellement, en miniature et sous un volume très réduit. Je ne savais comment m’y prendre. Je pensais à un livre, mais je n’aimais pas cette idée. C’est alors que me vint l’idée de la boîte dans laquelle toutes mes œuvres se trouveraient recueillies comme dans un musée en réduction, un musée portatif, et voilà pourquoi je l’installai dans une valise." Marcel Duchamp, 19+55.

Dessins et tableaux datent en général d’une période d’un peu plus d’une dizaine d’années, de ses tout débuts (son engagement artistique date de 1905 !) au commencement des années 1920. Mais prenons aussi en compte ses minutieuses gravures des Morceaux choisis d’après Cranach, Rodin, Courbet, et Ingres, qui datent de 1968 !

Marcel Duchamp. Le Grand Verre (La Mariée mise à nu par ses célibataires, même.) 1915 – 1923 / 1991 – 1992, 2e version. Huile sur feuille de plomb, fil de plomb, poussière et vernis sur plaques de verre brisées, plaques de verre, feuille d’aluminium, bois, acier. Moderna Museet, Stockholm © succession Marcel Duchamp / ADAGP, Paris 2014

À quelques exceptions près, ces peintures sont encore relativement peu connues en Europe. Certaines, a contrario, ont su marquer l’histoire de l’art de manière bruyante et parfois exagérée, mais... toujours justifiée, comme Nu descendant l’escalier, rejeté au Salon des Indépendants de 1911 par ses frères (Jacques Villon et Raymond Duchamp-Villon) comme par ses amis cubistes, puis créant la polémique en 1912 à l’Armory Show de New York, ou encore L.H.O.O.Q. (1919), dont le titre fait encore aujourd’hui le délice du monde étudiant et de grands mathématiciens.

La plupart des œuvres exposées ont été prêtées au Centre Pompidou (qui avait organisé en 1977 la première rétrospective Marcel Duchamp) par le Philadelphia Museum of Arts. Elles sont souvent enrichies et rehaussées des sources livresques, picturales, scientifiques et techniques auxquelles Duchamp s’abreuvait au long de ces fécondes années.

Ainsi l’exposition offre-t-elle quelques clefs de lecture nouvelles pour mieux aborder une œuvre de chercheur, une œuvre manifeste et programmatique.

Des dessins humoristiques aux Nu descendant l’escalier (1 et 2), des mathématiques au thème très récurent de la mariée, des ouvrages de perspective aux films de Marey ou Méliès, de l’impressionnisme au cubisme (qu’il "déthéorisa" avec application, intelligence et humour) ou au futurisme, de Cranach à de Vinci, Manet, Redon, en passant par Picabia, son ami Kupka, ou même Ingres quand il s’agira de dessin, le parcours, par des références parfois inattendues, mais choisies comme étant savamment essentielles, invite le public à pister l’artiste sur le chemin de l’élaboration d’une des œuvres les plus riches, hermétiques et intrigantes de l’art moderne, le Grand Verre.

L’exposition dévoile les recherches picturales de ce génial touche-à-tout qu’était Marcel Duchamp, sa période fauve, ses emprunts symbolistes, ses explorations (et son interprétation très personnelle) du cubisme. Il est plaisant et revigorant dans cette exposition de constater à quel point le non-sens et l’humour caractérisent son œuvre, notamment à travers les notes autographes originales de l’artiste, conservées au Centre Pompidou.


Ulf Linde. Étant donnés : 1° la chute d’eau, 2° le gaz d’éclairage..., 1946-1966/1994-2011. Réplique à 1/10e de la dernière œuvre de Marcel Duchamp. Assisté par Bo Larsson (porte, mur, paysage), Rolf Rosenberg (lampes), P. O. Ultvedt (installations électriques) et John Stenborg. Techniques mixtes. Collection particulière.

Elle révèle son intérêt pour la littérature et les mots comme pour les sciences optiques, physiques et mécaniques. On dirait presque un nouveau Léonard... et cela d’autant plus en observant sa dernière et incroyable œuvre préparée dans le secret pendant 20 ans (1946-1966) : Étant donnés 1° la chute d’eau 2° le gaz d’éclairage.

Marcel Duchamp, la peinture, même, du 24 septembre 2014 au 5 janvier 2015, au Centre Pompidou, 6e étage, galerie 2, 75191 Paris Cedex 4, 01 44 78 12 33, métro Hôtel de Ville, Rambuteau. De 11 à 21h tous les jours sauf le mardi. de 11 à 13€ selon période, ou de 9 à 10€.

Voir aussi Une histoire. Art, architecture, design des années 1980 à nos jours, le nouvel accrochage des collections contemporaines du Centre Pompidou.

***

Vous retrouverez dans l’article 2014 à Paris : LES GRANDES EXPOSITIONS de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2014 des grandes expositions à Paris, ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : LA SEMAINE des expositions, musées, et galeries : que faire à Paris du....

Enfin, contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer.

Nous établissons notre sélection, avec Paris 2014 : LES MEILLEURS CATALOGUES d’expositions de Paris.

Celui de cette exposition en fait partie.

Nous vous proposons aussi une sélection d’expositions et de festivals dans les villes françaises suivantes :

Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

Et bien sûr pour Paris :

Les Grandes Expositions 2015 à Paris de A à Z
Calendrier 2015 des grandes expositions à Paris
peuvent déjà être consultés sur Évous.fr... et complétés, si vous disposez de plus d’informations que nous !

Et juste quelques expositions 2014 pour Bruxelles et Londres, Genève, Bâle, Amsterdam...

André Balbo

sources : Visite, Centre Pompidou

Messages

  • Bonjour
    Daniel Arasse nous a montré qu’en prenant grand soin du détail, on pouvait retrouver l’intelligibilité de la peinture allégorique des artistes de la renaissance. Son étude des annonciations nous a obligés à réévaluer à la hausse l’intelligence des peintres et à la baisse les grands discours des érudits humanistes sur la perspective. C’est une étude du même type que je propose au sujet du fameux Nu descendant un escalier de Marcel Duchamp, avec le même type de conséquences. Je m’adresse donc à ceux qui ont conservé une certaine marge de liberté vis-à-vis de leur propre représentation de son œuvre et même, pour dire le vrai, à ceux qu’ennuie profondément le consensus mou que provoque l’exposition du Centre Pompidou.
    http://d-fiction.fr/2014/10/nus-remontant-un-escalier/
    Cordialement
    Alain Boton

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.