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Décembre 2017. Rétrospective du sculpteur César

lundi 16 octobre 2017, par André Balbo

Du 13 décembre 2017 au 23 mars 2018, au Centre Pompidou, Galerie 1, Niveau 6, et j’imagine aussi un peu sur le parvis...

Présentation de l’artiste

Voir Présentations d’Artistes de A à Z

César Baldaccini, dit César, (1921-1998), sculpteur français, a fait partie des Nouveaux Réalistes, ce mouvement né en 1960. Il est le créateur en 1976 du trophée en bronze de la cérémonie des Césars du Cinéma français.

Se proclamant "fondamentalement un autodidacte absolu", il suit pourtant les cours de l’École des Beaux-Arts de Marseille de 1935 à 1939, avant d’intégrer en 1943 celle de Paris, dans l’atelier de Marcel Gimond.

César Baldaccini occupe un atelier à Paris, où il travaille dès 1947 le plâtre et le fer. Premiers essais de soudure et premières sculptures en ferrailles en 1952, à Trans-en-Provence, avec des matériaux de récupération, ses moyens étant restés modestes.

Trophée de César pour l’Académie des arts et techniques du cinéma

Ces tubes, boulons, et vis deviennent dans ses premières sculptures des insectes, ou se retrouvent dans les courbes puissantes de la Vénus de Villetaneuse.

Exposition en 1954, à la galerie Lucien Durand. Il obtient le prix "Collabo" pour une sculpture intitulée Le Poisson, conçue et réalisée à Villetaneuse, où il travaille près de 12 ans, grâce à l’aide de Léon Jacques, un industriel local. L’achat pour 100 000F de son œuvre par le musée d’Art moderne de Paris le fait connaître et reconnaître.

Participation en 1956 à la biennale de Venise. Installation dans son propre atelier rue Campagne-Première. En 1959, présent à la Biennale de São Paulo et à la Documenta II. En 1961, il se rapproche de Marino di Teana, et rejoint les Nouveaux Réalistes, ce mouvement fondé par le critique d’art Pierre Restany, et comprenant notamment Mimmo Rotella, Niki de Saint Phalle et Gérard Deschamps.

Dès 1960, César centre son travail sur la technique de la "compression dirigée", qui est reconnue comme sa marque de fabrique : à l’aide d’une presse hydraulique, il compresse divers objets... créant un scandale au Salon de Mai avec 3 voitures compressées. Ces œuvres transgressives seront reconnues par le monde (et le marché) de l’art en... 1969 après qu’elles aient été présentées à la galerie Mathias Fels.

La vicomtesse de Noailles, mécène, qui lui offre sa première voiture (une Zil soviétique toute neuve, la seule à Paris), se la voit renvoyée par César... compressée. D’autres subiront le même sort. Cet acte d’appropriation, mais aussi de défi lancé à la société de consommation le rapproche des Nouveaux Réalistes, et de son ami Arman.

En 1968, il crée à la Manufacture nationale de Sèvres, un Cendrier, édité en 50 exemplaires. Il est en porcelaine à couverte nacrée semi-mat, représente un moule en plâtre utilisé pour la production des pièces, et a été produit à partir d’un modèle original en aluminium.

En 1986, sur l’ancien site de la Fondation Cartier à Jouy-en-Josas, il présente une compression monumentale de Peugeot 205 Turbo 16 accidentées lors de rallyes automobiles par Jean Todt (les Championnes).

À la Biennale de Venise, il amplifie la donne et présente une œuvre monumentale de compressions de quelque 520 tonnes. En 1998, sa Suite milanaise a fait passer des Fiat neuves compressées par les chambres à peinture de l’industriel... aux couleurs des modèles commercialisés de l’année. Aucuns matériaux ne lui résistent : tissus, papiers, et même bijoux en or que les femmes du monde lui apportent et qu’il rend compressés en pendentif cubique à porter autour du cou.

César a aussi inversé l’esprit des compressions, en présentant au Salon de Mai en 1967 La Grande Expansion orange, réalisée en polyuréthane. Ses "expansions" exploitent les possibilités du matériau en coulées lisses et dures, et l’intervention du créateur agit soit sur la rigidité, l’épaisseur, la coloration, soit sur les coulées (superposition ou juxtaposition) soit sur la masse figée (travail de finition sous forme de nappage, de ponçage, de laquage).

Il commence à travailler le cristal en fusion. Dans les années 1970, il accède à une reconnaissance internationale, et bénéficie de nombreuses expositions. Son œuvre Conserve expansion - Martial Raysse, 1970-1972, est conservée au Museo Cantonale d’Arte de Lugano.

Shelly / Le Pouce

Réfléchissant à l’invitation reçue de participer à une exposition collective intitulée La Main, de Rodin à Picasso, il découvre l’agrandissement pantographique. En 1965, il présente son célèbre Pouce agrandi (de 1,85m), empreinte de son propre pouce. Pour les Jeux de Séoul (1988), il en crée un de 6m. Elle sera médiatisée et répétée.

En 1967, il réalise le Sein, moulage en polyester de 82×193×266cm, en 6 exemplaires, l’un d’eux est à Toulon, au Musée d’art, un autre à la Fondation Gianadda en Suisse.

Il crée Le Poing, sculpture monumentale de 7t en fonte d’acier inoxydable polie, installée sur la place d’armes au Lycée militaire de Saint-Cyr à l’été 1970.

Fanny Fanny (1990).

En 1983, César réalise son Hommage à Eiffel et Le Flying French man, pour la Ville de Hong Kong. En 1985, c’est son Centaure de 4,70m, en "hommage à Pablo Picasso", qui est installé au carrefour de la Croix-Rouge à Paris.

L’œuvre de César a déjà bénéficié d’une rétrospective au Jeu de Paume en 1997, et d’expositions monographiques importantes à Malmö, Milan, São Paulo, et Mexico.

Des œuvres de César sont dans d’importants musées (Centre Pompidou, Tate Gallery, MoMA) et chez de grands collectionneurs (Fondation Cartier pour l’art contemporain).

Présentation de la rétrospective

20 ans après la disparition de César, cette figure majeure du Nouveau Réalisme restait l’une des rares à ne pas avoir bénéficié d’une manifestation d’ampleur au Centre Pompidou.

Cette rétrospective réunit une centaine de ses œuvres venues du monde entier. Certains cycles méconnus, comme ceux des premières Venus, des sculptures de Plexiglas "enrubannées", des Championnes, à partir de carcasses automobiles, réalisées en 1986, de la Suite milanaise de 1998 constituent des ensembles qui ne furent encore jamais réunis.

César (Baldaccini César, dit) Expansion n°14, 1970 Collection Centre Pompidou, Paris musée national d’art moderne / centre de création industrielle © centre Pompidou, MNAM-CCI / Dist. RMN-GP / Ph. Migeat © SBJ / Adagp, Paris 2016

Cet artiste, au fil de plus de 50 ans de carrière, aura profondément renouvelé son travail de sculpteur, conduit sans cesse par la logique des matériaux qu’il s’appropriait. Jovial et sombre, à l’image de son œuvre-réquisitoire de notre société industrielle, il est parvenu à en métamorphoser des "marchandises" emblématiques en alliant une extrême violence à un souci de classicisme.

Certaines des œuvres de César comptent parmi nos icônes de la sculpture moderne.

Après avoir cotoyé les artistes de Saint-Germain-des-Près et de Montparnasse, il se fait remarquer par une technique qui lui est propre et le conduira à la célébrité : ce sont les Fers soudés, les Venus, et le bestiaire inventé, fait d’insectes et autres animaux parfois chimériques qui le conduisent en 1954 à sa première exposition personnelle, galerie Lucien Durand.

Confrontant sans cesse son œuvre au classicisme et à la modernité, César élabore une pratique que le critique Pierre Restany jugera être l’opposition continue entre Homo faber et Homo ludens. Sans cesse jouant du contraste entre une maîtrise assumée du métier de sculpteur et des gestes profondément novateurs, César surprend son public lorsqu’au tournant des années 1960, il réalise ses premières "Compressions", cycle qui ne s’interrompra qu’à sa mort.

Elles sont l’un des gestes les plus radicaux de la sculpture du XXe siècle, et seront présentées aussi bien à la Documenta de Cassel qu’à la Biennale de Venise, et inspireront de nombreux artistes contemporains, des Américains Linda Benglis ou Charles Ray, au Français Bertrand Lavier.

Inventif et guidé par la logique du matériau, César développera aussi un principe contraire, opposé et dialectique avec ses "Expansions". Au métal compressé succède le polystyrène et d’autres matériaux que l’artiste teinte et polit, leur appliquant son savoir-faire et une méthode propre à celle de la sculpture classique.

Le Poing

Après les "Fers soudés", les "Compressions" et les "Expansions" sont rapidement reconnues comme deux moments inauguraux de la sculpture contemporaine.

Suivront les "Moulages" et "Empreintes humaines", qui ajoutent à l’œuvre de César une dimension nouvelle. Nés de la volonté de cartographier le corps féminin, ils ajoutent, en variant les échelles et les matériaux, une étape complémentaire essentielle à la réflexion que César a conduit, sa vie durant, sur la représentation.

César devient au tournant des années 1970 l’une des grandes figures de l’art de son temps. Lié aux artistes du mouvement du Nouveau Réalisme, nommé plus que créé dès 1960 par Restany, il expose dans le monde entier et réalise en public des "Expansions" et autres œuvres que l’on peut aisément associer à la notion de performance.

Les années 1980 voient se développer un nombre important de ses sculptures monumentales. César est "Praemium impériale" du Japon. Il expose dans le monde entier mais la critique française le boude ou ne reconnaît plus en lui qu’un artiste épris et en recherche de spectacle et d’excentricité.

Après Otto Hahn, Pierre Restany, Daniel Abadie ou Catherine Millet parmi d’autres, une nouvelle génération de critiques le redécouvre et met en évidence la singularité de son œuvre, de sa démarche et de son propos, révélant un intérêt pour les matériaux les plus contradictoires allant du marbre au chiffon, et du fer à la paille.

La rétrospective a été conçue et réalisée par Bernard Blistène, directeur du Musée national d’art moderne.

César, la rétrospective, du 13 décembre 2017 au 23 mars 2018, au Centre Pompidou, Galerie 1, Niveau 6. 01 44 78 12 33, métro Hôtel-de-Ville, Rambuteau. Ouvert de 11 à 21h tous les jours sauf le mardi. Nocturne le jeudi jusqu’à 23h. 14 ou 11€, valable le jour même pour le musée national d’art moderne et l’ensemble des expositions.

Lire aussi : Toutes les expositions 2017-2018 au Centre Pompidou.


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Vous retrouvez comme chaque année dans PARIS 2017. LES GRANDES EXPOSITIONS de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans Le CALENDRIER 2017 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2017-2018 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musées d’Orsay et de l’Orangerie, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, au musée Guimet, au musée Galliera, au Petit Palais, et au Château de Versailles.

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Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2017 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2016, 2015, 2014, 2013, 2012.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions 2017 dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
Aix-en-Provence - Albi - Les Alpilles - Angers - Angoulême - Antibes - Arles - Aubagne - Avignon - Bègles - Biarritz - Biot - Blois - Bordeaux - Bourg-en-Bresse - Brest - Cagnes-sur-Mer - Cannes - Carcassonne - Dijon - Grasse- Grenoble - Hyères - Ile-de-France : Auvers/Oise, Boulogne-Billancourt, Bussy-Saint-Martin, Chamarande, Chantilly, Châtenay-Malabry, Compiègne, Écouen, Fontainebleau, Giverny, L’Isle-Adam, Jouy-en-Josas, Malmaison, Marne-la-Vallée, Meudon, Milly-la-Forêt, Noisiel, Pantin, Pierrefitte/Seine, Poissy, Pontoise, Royaumont, Rueil-Malmaison, Saint-Cloud, Saint-Denis, Saint-Germain-en-Laye, Saint-Ouen-l’Aumône, Sceaux, Sèvres, Versailles, Vitry/Seine, Yerres - L’Isle-sur-la-Sorgue - Landerneau - Le Cannet - Le Havre - Lens - Le Rayol - Le Canadel/Mer - Les Sables-d’Olonne - Les-Saintes-Maries-de-la-Mer - Libourne - Lille : Villeneuve d’Ascq, Roubaix, Tourcoing, Croix, Graveline, Cassel, Valenciennes - L’Isle-sur-la-Sorgue - Lodève - Lyon - Marseille - Martigues - Metz - Monaco - Montauban - Montpellier - Mougins - Nantes - Narbonne - Nice - Nîmes - Nogent/Seine -Ornans - Rennes - Rodez - Rouen - Saint-Étienne - Saint-Nazaire - Saint-Paul-de-Vence - Saint-Tropez - Sérignan - Sète - Strasbourg - Toulon - Toulouse - Tours - Valence - Vallauris - Vence - Vendôme - Villeurbanne

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam : Harlem, Rotterdam, La-Haye, Bois-le-Duc, - Bâle - Berlin - Bruxelles - Genève - Liège - Londres - Madrid - Milan - Monaco - Venise

André Balbo

sources : Centre Pompidou, Wikipedia

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