eVous
La ville dans la poche
Accueil Paris Arrondissements de Paris Ile-de-France Le Marais Lyon Marseille Nice Toulouse Bordeaux Nantes Lille Agenda France Guides France Montpellier Shopping Visiter la France Strasbourg Musique TV Cinéma Expositions Ailleurs Terres et saveurs Astuces, idées et inspirations

Accueil > Arrondissements de Paris > Paris 12e > Lieux clés Paris 12e > Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration > Le musée de l’Histoire de l’immigration présente ses collections permanentes (...)

Le musée de l’Histoire de l’immigration présente ses collections permanentes enrichies et rénovées

Dernière mise à jour : lundi 6 mai 2019, par Expositions

Le Musée de l’histoire de l’immigration est tout à la fois un lieu d’expositions temporaires, un centre de ressources avec sa médiathèque, un lieu de rencontre et de débats, et un centre de recherche et de diffusion. Il présente également une riche programmation culturelle avec spectacles vivants et concerts, colloques et conférences.

Sa mission est de rassembler, sauvegarder, mettre en valeur et rendre accessible au plus grand nombre les éléments relatifs à l’histoire de l’immigration en France, notamment depuis le XIXe siècle, pour faire connaître et reconnaître le rôle de l’immigration dans la construction de la France, en montrant l’apport des immigrés au développement économique, aux évolutions sociales et à la vie culturelle du pays.


Voitures cathédrale de Thomas Mailaender, 2004. Épreuves couleurs contrecollées sur aluminium.

Ses collections sont constituées d’œuvres matérielles et immatérielles qui croisent les regards historique, anthropologique et artistique pour faire dialoguer objets, documents, témoignages et créations contemporaines.

L’exposition permanente du musée répond à sa mission de donner à un large public des clés de lecture et de compréhension de l’histoire de l’immigration en France. Curieusement, ou justement, il est dans un bâtiment très marqué dans sa décoration par l’ancien empire colonial français.

Créé en 2007, il lui aura fallu attendre dans ce monde frileux et prompt à l’exclusion 5 années pour recevoir enfin la visite d’un membre du gouvernement. Ce fut Aurélie Filippetti, en 2012.


André Fougeron (Paris, 1913 - Amboise, 1998). Nord-Africains aux portes de la ville (La Zone), 1954, Huile sur toile, Musée de l’Histoire de l’immigration, inv. 2009.41.1

En plus du Prologue qui conte l’histoire de l’immigration dans le monde et dans le temps, le parcours Repères permet au visiteur de se retrouver aussi bien par une des thématiques que comprend ce domaine que par la chronologie.

Enfin la Galerie des dons a été rouverte en avril 2014. Elle présente des objets choisis pour leur valeur symbolique et sentimentale de témoignage, le sens étant signifié sur des cartels par les donateurs, fils de l’immigration ou immigrés eux-mêmes. Un arbre à dons coiffe une urne où les propositions peuvent être glissées.

Ici, le premier des donateurs a été le dessinateur Cavanna. Ce Rital confia la truelle de son père, maçon. Parmi les objets témoignages et les explications cartographiées, on trouvera encre par exemple ceux de l’artiste marocain Malik Nemi (tissus et coussin au cœur du travail qu’il fit Villa Médicis), de l’Iranienne Sarah Dhoraghi (qui, ayant immigré enfant, s’endormait avec quelques gouttes du parfum de sa mère, restée au pays), de l’Italien Lazare Ponticelli, qui vécut 110 ans (une paire de bottes molletières), ou de la Sénégalaise Rougui Dia (sa première veste de cuisinière chez Pétrossian).

Dans l’ensemble de ces lieux d’exposition, les efforts faits pour rendre le musée plus attractif sont évidents. Si la superficie d’exposition n’a globalement pas changé, ce nouvel open space d’exposition paraît bien plus ample, profite d’un éclairage plus engageant, de la nouvelle clarté des cimaises, et de la simplification des tables vitrines penchées vers le public.

Aujourd’hui le musée présente 300 documents d’archives originaux et inédits, des photographies exposées pour la première fois, des œuvres d’art récemment acquises, et de nouveaux témoignages illustrant deux siècles d’immigration en France : dossier de réfugiée de la tragédoenne Maria Casarès, clichés de jeunes des cités de Bobigny par Denis Darzacq, histoire de Marie Curie, arrivée Maria Sklodowska de Varsovie, témoignages des chorégraphes Maguy Marin, Angelin Preljocaj ou Carolyn Carlson, très bel ensemble photographique de barres d’immeubles de Mathieu Pernot (illustration), caricatures de Plantu, Wolinsky et Goscinny...

Vous y remarquerez aussi des œuvres d’art qui illustrent le fil du propos, lui apportant une humanité, une sensibilité et une universalité à la fois.

Et même si l’Asie peut paraître un peu moins présente que les autres régions du monde, on sent bien les apports multiples dont notre pays a bénéficié au fur et à mesure au gré des immigrations successives.

Nombre d’objets quotidiens exposés, musiques et chansons, venus de tous les ailleurs, nous sont devenus familiers. Ici peuvent être tracées les immigrations, que leurs origines aient été économiques, politiques, climatiques ou religieuses.

La BD prend sa place dans ce parcours à la fois pédagogique, profond et ludique. Les nouvelles vitrines historiques permettent l’exposition par rotation de documents et d’archives fragiles, et parmi la très large collection photographique, on remarquera des clichés de Paul Almasy, Gérard Bloncourt, Jacques Windenberger, Ad van Denderen, Kader Attia, Denis Barzacq, Louis Clergeau, et du studio Arax.

Le parcours migratoire se compose de 9 séquences : Émigrer / Face à l’État / Terre d’accueil, France hostile / Ici et la-bas / Lieux de vie / Travail / Enracinements / Sport / Diversité.

Odyssée moderne. Voyage avec les migrants clandestins du Sahara à la Grande Bleue, Sarah Caron, 2001-2004. Tirage argentique noir et blanc sur papier baryté.

1. Émigrer. Marseille, ville portuaire emblématique, les immigrations polonaise et belge, portugaise à travers le travail photographique de Gérald Bloncourt, ou sub-saharienne avec les clichés de Sarah Caron. Kimsooja, artiste coréenne nomade qui fait de l’exil et du voyage le nœud de son travail.

Carnet de photographies. Camp de Gurs, été 1939. Turai

2. Face à l’État. Des photographies du camp de Gurs par Dezso Révai, dit Turaï, et des archives évoquant la création d’un carnet anthropométrique des nomades sont mises en rapport avec les dessins de Plantu sur les démarches administratives des arrivants. La carte de réfugiée de Maria Casarès.

3. Terre d’accueil, France hostile. Documents sur la création de la Ligue des droits de l’Homme et de l’association Amana (Aide morale aux Nord-Africains), originaux de la presse satirique (Plantu, Wolinski), marionnettes illustrant l’usage des stéréotypes dans le monde du spectacle, photos de Louis Clergeau de femmes polonaises placées dans les fermes du Loir-et-Cher dans les années 1930.

Douce France, Georges Wolinski. Sans date. Feutre sur papier.

4. Ici et là-bas. Les photographies du studio Arax sur la communauté arménienne dans les années 1920-1935, et de Kasimir Zgorescki sur les commerces polonais dans le Nord-Pas-de-Calais dans les années 1920-1930, dialoguent ici avec les œuvres contemporaines de Kader Attia et de Thomas Mailaender.

5. Lieux de vie. Des archives plongent le visiteur dans une brasserie tchèque, un salon de thé norvégien, des cafés arabes, un restaurant russe ou le quotidien de la population britannique installée à Pau... L’installation de Barthélémy Toguo « Climbing down » évoque les foyers d’immigrants, les tirages de Guillaume Collanges, la vie de résidents de différents hôtels meublés, et ceux de Paul Almasy, les immigrés portugais à Champigny-sur-Marne dans les années 60.

6. Travail. Dans cet espace, plusieurs thématiques. Celle de la concentration de certains groupes d’immigrés dans des secteurs d’activités (chemins de fer du Sud de la France ou mines du Nord et du Midi), et celle de l’engagement syndical. Focus sur le studio photographique Rex, dont l’histoire est liée à un quartier populaire de Marseille et dont l’essentiel de la clientèle était constitué d’ouvriers immigrés. Ici aussi, les dessinateurs de presse traitent de l’immigration avec leur regard.

Le jour de l’embauche à Lens, photographie du personnel des mines de Lens. 1922-1930. Reproduction d’après numérisations de plaques de verres.

7. Enracinements. Des documents, relatifs aux volontaires belges de 1914 et à l’armée coloniale en 1939, témoignent de l’engagement par les armes. La question de l’engagement syndical et citoyen plus contemporain est abordée avec la Marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983. Le thème de l’école comme lieu d’intégration est, quant à lui, illustré par les photographies et des livres d’enseignement. La mixité à l’intérieur des familles est illustrée par l’arbre généalogique de la famille Slimani issu de « Jambon-Beur, les couples mixtes », BD de Farid Boudjellal. Des clichés de Denis Darzacq montrent, quant à eux, des jeunes de Bobigny devant leur cité.

8. Sport. Certaines pratiques portent en elles des revendications militantes : redresser les corps ployés par le travail, inverser la figure de l’immigré docile, s’endurcir pour les combats politiques ou sociaux. L’occasion aussi de s’ouvrir à l’autre, de comprendre les règles du jeu social et de construire, sur le stade, une mémoire partagée. Pour les meilleurs, la réussite sportive va de pair avec une certaine ascension sociale. Très tôt, les champions venus de l’étranger et de l’Empire ont contribué aux palmarès en tricolore. Victoires des pères devenus français, mais surtout victoires des fils, régulièrement transformés en porte-drapeau de la Nation et symboles de l’intégration.

9. Diversité. Dans cette dernière section, un juke-box permet d’écouter des titres de la chanson populaire française, de la variété aux sonorités punk en passant par le rap. Des œuvres d’art contemporain comme Bukhara de Mona Hatoum et Uninterrupted voice de Chen Zhen, ainsi que des témoignages de chorégraphes comme Maguy Marin, Angelin Preljocaj, Carolyn Carlson ou Emmanuelle Huynh remarqués sur la scène française. Un focus sur la scène artistique algérienne est également présenté.

Musée de L’Histoire de l’immigration. 293, avenue Daumesnil, 75012 Paris. Métro Porte Dorée (8), tramway 3a, bus 46. Les personnes à mobilité réduite accèdent au Palais au 293, avenue Daumesnil (entrée administrative). Ouvert du mardi au vendredi, de 10 à 17h30. Les samedi et dimanche, de 10 à 19h. Fermeture des caisses 45 mn avant la fermeture. En période d’exposition temporaire 6€, en dehors 4,5€. L’entrée du Musée est gratuite pour les moins de 26 ans et pour tous le premier dimanche de chaque mois.

***

Lire aussi les autres collections permanentes de musées parisiens :

Musée de l’Orangerie : Guide des plus belles œuvres des collections permanentes.

Musée du Petit Palais : Guide des plus belles œuvres des collections permanentes. Gratuit.

Musée d’Art moderne de la Ville de Paris : Guide des plus belles œuvres des collections permanentes. Gratuit.

Musée des Arts et Métiers : Guide des plus belles pièces des collections permanentes.

Musée Carnavalet : Guide des plus belles œuvres et pièces des collections permanentes. Gratuit.

Musée de Cluny : Guide des plus belles œuvres et pièces des collections permanentes.

Musée de l’Histoire de l’immigration : Guide des plus belles œuvres et pièces des collections permanentes.

Centre Pompidou, Niveau 4. Une Histoire. Art, architecture, design des années 1980 à nos jours. Le nouvel accrochage des collections permanentes du musée : 400 œuvres et objets de plus de 200 artistes, créateurs et architectes.


***

Vous retrouvez comme chaque année dans PARIS 2017. LES GRANDES EXPOSITIONS de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans Le CALENDRIER 2017 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2017-2018 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musées d’Orsay et de l’Orangerie, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, au musée Guimet, au musée Galliera, au Petit Palais, et au Château de Versailles.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : PARIS EXPOS HEBDO. Nouveautés / Conseils / Derniers Jours.

Vous pouvez consulter plus d’une centaine de présentations d’artistes, classées de A à Z.

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2017 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2016, 2015, 2014, 2013, 2012.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions 2017 dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
Aix-en-Provence - Albi - Les Alpilles - Angers, - Angoulême - Antibes - Arles - Aubagne - Avignon : Saintes-Maries-de-la-Mer, L’Isle-sur-la-Sorgue - Bègles - Biarritz - Biot, - Blois - Bordeaux - Bourg-en-Bresse - Cagnes-sur-Mer, - Cannes, - Carcassonne - Dijon - Grasse- Grenoble - Hyères - Ile-de-France : Auvers/Oise, Boulogne-Billancourt, Bussy-Saint-Martin, Chamarande, Chantilly, Châtenay-Malabry, Compiègne, Écouen, Fontainebleau, Giverny, L’Isle-Adam, Jouy-en-Josas, Malmaison, Marne-la-Vallée, Meudon, Milly-la-Forêt, Noisiel, Pantin, Pierrefitte/Seine, Poissy, Pontoise, Royaumont, Rueil-Malmaison, Saint-Cloud, Saint-Denis, Saint-Germain-en-Laye, Saint-Ouen-l’Aumône, Sceaux, Sèvres, Versailles, Vitry/Seine, Yerres - Le Cannet - Le Havre - Lens - Le Rayol - Le Canadel/Mer - Les Sables-d’Olonne - Libourne - Lille : Villeneuve d’Ascq, Roubaix, Tourcoing, Croix, Graveline, Cassel, Valenciennes - Lodève - Lyon - Marseille - Martigues - Metz - Monaco, - Montauban - Montpellier - Mougins, - Nantes - Narbonne - Nice - Nîmes - Ornans - Rennes : Landernau, Quimper - Rodez - Rouen - Saint-Étienne - Saint-Nazaire- Saint-Paul-de-Vence, - Saint-Tropez - Sérignan - Sète - Strasbourg - Toulon - Toulouse - Tours - Valence - Vallauris - Vence - Vendôme - Villeurbanne

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam : Harlem, Rotterdam, La-Haye, Bois-le-Duc Berlin Bâle Bruxelles Genève Londres Madrid Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Visites, musée de l’Histoire de l’immigration