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Inga Liljeström

Dernière mise à jour : mercredi 22 juin 2011, par Jean

Chanteuse australienne récemment installée en France, Inga Liljeström développe un son personnel entre l’énergie rock d’une PJ Harvey et le post-folk torturé de Shannon Wright. Découvrez-la sur Musique.evous !

"majestueuse et complexe, glaciale et bouillante, organique et dérangeante". Tels sont les qualificatifs désignant Inga Liljeström.
Il y a d’abord cette voix. Intrigante, unique, dérangeante presque. Inga, c’est une gorge profonde débarquée de l’Australie où elle a grandi, mais qui prend sa source en Finlande, là où jaillit jadis l’origine de son monde. Installée à Paris depuis plusieurs mois, c’est dans la ville lumière que sa carrière prend en 2011 un nouvel envol avec un deuxième album majestueux et complexe, glacial et bouillant, organique et d’une modernité folle. Femme orchestre, touche à presque tout, organe vocal immaculé, Inga Liljeström est tout cela à la fois mais bien plus encore. Naturellement portée vers le cinéma, elle commence par composer des musiques de films en Australie en parallèle d’une carrière riche en collaborations et en expériences.

Depuis son premier album Elk (2005), Inga Liljeström n’a eu de cesse d’avancer en regardant derrière elle pour tutoyer ses origines, et sur les côtés pour explorer l’infini de cette terre qui tourne à toute allure. Quelques projets plus loin, celle qui est devenue une artiste accomplie atteint enfin la fameuse maturité à laquelle aspirent tous les apprentis musiciens. L’ex-étudiante en improvisation jazz a désormais bien plus d’une corde à ses instruments, bien plus d’une corde vocale. Sa maitrise du studio et la richesse de son imaginaire lui permettent de lâcher sa voix dans des paysages infiniment variés : des violons soyeux qui enveloppent son single à la tonalité très pop (Bittersweet), un riff de guitare primitif pour une redoutable cavalcade rock (Bloodstain), de frêles notes répétées dans une comptine minimaliste (Drowning Song), des accords de guitare steel pour une balade country lumineuse (Lovers Gun), une nappe de synthés tristes dressée sur un slow de cabaret futuriste (Dogs and Wolves), une six cordes baignée dans un blues moite (Mascara Black)... Black Crow Jane, c’est l’œuvre d’une Calamity Jane du grand Nord qui se réapproprie l’héritage américain en l’honorant de la richesse de son parcours. Elle se fond ainsi dans la solitude enneigée du grand nord, dans le désert du sud austral autant que dans la mixité urbaine occidentale. Comme une sirène de la banquise qui abuserait de ses charmes et se transformerait en serpent vénéneux du bayou. Un grand choc des cultures.

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