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Prix CatalPa 2016. Mentions spéciales. Nominés. 61 catalogues d’expositions de Paris d’exception

mardi 18 avril 2017, par André Balbo

Une parfaite sélection pour les cadeaux de Noël 2016 !

Nous attirons votre attention sur les ouvrages susceptibles de nous laisser plus durablement que d’autres les traces de ces événements artistiques ou culturels qui font de Paris une ville particulièrement attrayante.

Ces catalogues nous offrent des approfondissements, des présentations plus fouillées, et des "compléments d’enquêtes". Ainsi trouveront-ils justement leur place dans une bibliothèque artistique rassemblant des ouvrages choisis... matérialisant peut-être des expositions que vous aurez visitées et qui vous auront plus particulièrement touchés.

Le Prix CatalPa 2016 pour les catalogues d’expositions de Paris a été remis à Apollinaire. Le regard du poète, coédition Gallimard / musées d’Orsay et de l’Orangerie par son Président d’Honneur Dany Laferrière, de l’Académie française, le 15/11 dans les salons de la mairie du IIIe arrondissement.

Deux Mentions spéciales ont également été décernées à Icônes de l’art moderne. La Collection Chtchoukine, coédition Gallimard / Fondation Louis Vuitton, et Beat Generation. New York San Francisco Paris, éditions du Centre Pompidou.

La cérémonie, organisée par l’association Les Arpenteurs d’expositions, reconnue d’intérêt général, était honorée de la présence des responsables et représentants des institutions et sociétés suivantes : Bibliothèque nationale de France, Centre Pompidou, École du Louvre, Flammarion, Fondation Cartier pour l’art contemporain, Fondation Louis Vuitton, Galerie Marguerite Milin, Gallimard, musée d’Art moderne de la Ville de Paris, musée du Louvre, musées d’Orsay et de l’Orangerie, Éditions Paris Musées, RMN-Grand Palais, Somogy, et des représentants de l’association "Un Soir, un Musée, un Verre".

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Vous trouverez dans l’article 2016 à Paris : LES GRANDES EXPOSITIONS de A à Z les différentes expositions 2016 des établissements et musées de la capitale (comme nous l’avions fait en 2015, 2014, 2013, 2012, et 2011.)

De même vous disposerez de ces mêmes événements classés par dates dans l’article CALENDRIER 2016 des grandes expositions à Paris, (comme pour 2015, 2014, 2013, 2012.)

Nouvellement en ligne :
Le CALENDRIER 2017 des grandes expositions à Paris
PARIS 2017. LES GRANDES EXPOSITIONS de A à Z

Mais que restera-t-il demain de nos émotions artistiques de l’année ? Des découvertes plastiques, culturelles, scientifiques, historiques qui touchèrent nos sens et nos pensées ?

Qui est parvenu à visiter toutes les expositions qui l’auraient intéressé ?

Ou même à retenir dans sa mémoire et sa sensibilité profonde, ces œuvres d’art, éclairages scientifiques, révélations archéologiques ou historiques, qui surent le toucher, en un lieu, un instant, quelques jours ?

Les musées produisent des événements "culturels" de toutes sortes.

Ils brassent des concepts, des rencontres artistiques, font des associations d’idées ou d’artistes, combinent des confrontations, judicieuses, ou qui le sont moins.

Parfois, l’idée d’une exposition est originale, forte, voire inédite : révéler un artiste dont l’œuvre parviendra à nous toucher intimement, rassembler comme jamais une large partie de son œuvre, la présenter de telle manière que soudain une compréhension nouvelle nous atteint et complète la vision que nous en avions.

Dans notre lutte permanente contre le temps qui file, contre l’actualité artistique ou culturelle qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence éditoriale, un rôle certain à jouer. Ils offrent même alors de véritables prolongements à ces ravissements qui, sans leurs publications, auraient pu n’être que fugaces.

Pour leurs diverses qualités, et dans leurs différentes fonctions, nous sélectionnons les meilleurs catalogues des expositions parisiennes, dès qu’ils nous parviennent.

CHACUN DE CES 61 CATALOGUES 2016, PRÉSENTÉ AU FUR ET À MESURE DANS CETTE SÉLECTION, EST EN LIEN AVEC L’ARTICLE DE L’EXPOSITION... QUI LUI A DONNÉ LE JOUR.

Accès direct : A - B - C - D - F - G - H - I - J - K - L - M - N - P - R - S - T - W

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A

Anatomie d’une collection

Ce titre est l’un des 10 Nominés au Prix CatalPa 2016.

Par quel fil aborder une collection rassemblant plus de 70 000 vêtements et accessoires ? Dans cet ouvrage, une véritable galerie de portraits et de silhouettes historiques, artistiques, élégantes, scandaleuses, ou scandaleusement riches et célèbres s’égraine avec à la fois ses anecdotes et les descriptifs détaillés et techniques de ces jalons de la mode en marche du XVIIIe siècle à nos jours.

Voilà, présentée dans ce catalogue, une partie momentanément émergée des vêtements anciens et précieux que protègent les discrets tiroirs d’une maison de repos pour textiles fragiles.

Ne retenez pas votre curiosité, car cette caverne d’Ali Baba se refermera bien vite. Heureusement, il nous en restera ces respectueuses et gracieuses photos de ces objets qui furent portés et habités par quelques formidables anonymes, par des humains avec ou sans morgue, oubliés, disparus, ou persistant encore dans nos mémoires ou parfois même dans nos magazines.

Les images sont prioritairement à droite, en belles pages, et l’ensemble dégage une érudition, élégante mais curieusement discrète.

On se prend à rêver de pénétrer un jour ce saint des saints, et de connaître l’inventaire de cette précieuse collection. Quelques outils de lecture auraient été les bienvenus, mais peut-être craignait-on qu’ils ne donnent trop d’indices sur la localisation de ce trésor...

"Le talent particulier de ce catalogue repose sur cet art si personnel du photographe Éric Poitevin qui a su donner vie à ces vêtements, à ces pages d’histoire.

Pour Laurent Cotta « (…) de par sa disparition même, le corps demeure au centre de toutes les préoccupations des musées de mode ». Il était là, il n’est plus.

Et pourtant Éric Poitevin est parvenu à mettre en marche l’imaginaire du lecteur : papiers de soie tels des papillons, sensualité ou au contraire dureté des matières… Témoins la terrible casaque de forçat ou cette image totalement abstraite de la canne de Jacques Doucet que l’on imagine à tout moment venir et s’en saisir." Les Arpenteurs d’expositions

Anatomie d’une collection, coédition Paris Musées / Palais Galliera, sous la direction de Sylvie Lécallier, avec Olivier Saillard, Véronique Belloir, Alexandra Bosc, Laurent Cotta, Pascale Gorguet-Ballesteros, Marie-Laure Gutton, Sylvie Lécallier, Sylvie Roy, Alexandre Samson, photographies d’Éric Poitevin. Relié, 26 x 31 cm, 220 pages, 97 photos couleur, 39,90€.

Le Grand Orchestre

des Animaux

Ce catalogue peut prêter à une méditation sur la place que nous méritons, occupons sur notre planète, de façon si peu raisonnable, voire suicidaire. Le bon sens nous reviendra-t-il à temps ?

L’ouvrage constitue une exploration esthétique, scientifique et philosophique du monde animal. Il propose au lecteur de découvrir le travail rare, attentif de Bernie Krause et propose ni plus ni moins qu’une réflexion sur les enjeux liés à la préservation de la biodiversité à travers de nombreux textes de spécialistes.

Réunissant photographies, cartes, schémas, sono-grammes ainsi que les œuvres des artistes présentés dans l’exposition (Cai Guo-Qiang, Hiroshi Sugimoto, Manabu Miyazaki, Pierre Bodo, JP Mika, Moke, Agnès Varda), et des formidables images des vidéos filmées en Nouvelle-Guinée par les chercheurs du Cornell Lab of Ornithology (Ithaca, États-Unis), cet ouvrage est un véritable manifeste pour la sauvegarde de la beauté des écosystèmes.

Une somme scientifique et méditative à la fois. Précieux, rare et original.

Le Grand Orchestre des Animaux, éditions Fondation Cartier pour l’Art contemporain. Textes de Bruce Albert, Gilles Bœuf, Élisabeth de Fontenay, Vinciane Despret, Bernie Krause, François Bernard Mâche, Paul Shepard. Version bilingue français / anglais. Relié, 30 x 24cm, 368 pages, 350 reproductions couleur et noir et blanc, inclus un CD inédit des paysages sonores de Bernie Krause. 45€.

© Jean-Gabriel Lopez, DR

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Apollinaire.

Le regard du poète

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Ce titre a reçu le Prix CatalPa 2016 pour les catalogues d’expositions de Paris.

Il lui a été décerné le 15 novembre par son Président d’Honneur, Dany Laferrière, de l’Académie française.

Le Prix CatalPa, dont c’était la 5e édition, a été créé en 2012 par l’association Les Arpenteurs d’expositions, reconnue d’intérêt général.

https://youtu.be/gQBha44PVwo

"Ce Prix CatalPa 2016 pour les catalogues d’expositions provoquera certainement chez les lecteurs qui ne profitèrent pas de l’exposition au musée de l’Orangerie des regrets et un fond de mélancolie.

Réussites de l’objet, de sa couverture, de sa mise en pages et des choix de couleurs, mais on évoquera des textes solidement documentés, des références que rythment alternativement des changements de polices de caractères ou des différences de papiers.

On assiste bel et bien à une « prise de possession » de la page, la lecture est fluide et s’auto-alimente, créant plus que l’envie, le besoin d’aller plus loin.

Par la construction des regards croisés du poète et de ses amis artistes, le catalogue déploie de nouvelles perspectives et ouvre la soif d’en apprendre davantage.

Les illustrations, d’une grande qualité, sont d’une grande variété, les calligrammes de poèmes parfois rehaussés d’aquarelle. Comme le choix des œuvres a dû être difficile ! Combien il nous est apparu pertinent !

Voilà une tentative de dévoiler toute l’envergure d’Apollinaire : poète, aquarelliste, illustrateur, peintre, amateur d’art, critique, et fin humoriste, quand il nous confie : "J’ai tellement aimé les arts que je suis artilleur"." Les Arpenteurs d’expositions

Guillaume Apollinaire fut un critique d’art actif et écouté, principalement de 1902 à 1918, durant ces années qui assistèrent à l’éclosion d’un prodigieux foisonnement d’écoles, de manifestes, de tentatives et de découvertes dans le domaine des arts.

Sa personnalité, sa sensibilité artistique, son insatiable curiosité, font de lui un témoin, un acteur et un passeur privilégié des bouleversements du début du XXe siècle. Grand découvreur de l’art de son temps, Apollinaire avait « situé une fois pour toutes la démarche d’un Matisse, d’un Derain, d’un Picasso, d’un Chirico (...) au moyen d’instruments d’arpentage mental comme on en avait plus vus depuis Baudelaire », déclarait Breton en 1952.

Ce catalogue rend compte de l’importance qu’a pu avoir pour son époque le regard de ce poète-critique. Il fut de plus un découvreur des arts africains, un grand complice et ami des artistes, et un acteur central de la révolution esthétique qui donna naissance à l’art moderne.

Ses rencontres comme ses échanges, qu’il s’agisse du Douanier Rousseau, de Matisse, de Picasso, Braque ou Delaunay, du cubisme, de l’orphisme ou du surréalisme, nous permettent de mieux connaître son univers tant mental qu’esthétique, et ce qui orientait sa si grande disponibilité critique.

Les liens amicaux que le poète entretenait avec Picasso sont tout particulièrement mis à l’honneur.

Une très habile façon de s’orienter dans une époque à l’effervescence artistique exceptionnelle.

Apollinaire. Le regard du poète, coédition Gallimard / musée d’Orsay et de l’Orangerie, publié sous la direction de Laurence des Cars, directrice du musée de l’Orangerie, Claire Bernardi, conservateur au musée d’Orsay, et Cécile Girardeau, conservateur au musée de l’Orangerie. 21,6 x 28,8 cm, relié, 320 pages, 270 illustrations en couleurs, 45€.

Araki Nobuyoshi

Réalisé à l’occasion de la première rétrospective en France consacrée à Araki, l’un des plus grands maîtres de la photographie contemporaine japonaise, ce catalogue anthologique retrace 50 années de ses travaux, de la série « Théâtre de l’amour » (1965) à des œuvres inédites, dont l’installation « Tokyo-Tombeau » (2015), spécialement réalisée par l’artiste pour cette présentation au musée Guimet.

Nobuyoshi Araki a publié plus de 500 livres de photographies, ce qui en fait le plus prolifique des photographes. Sa notoriété mondiale a souvent reposé sur l’érotisme de son art, et notamment sur les séries sulfureuses et emblématiques consacrées à l’art du kinbaku (bondage japonais né de l’art martial traditionnel du ligotage, le hojojutsu).

La photographie d’Araki est bien plus riche et complexe que ce seul volet, et si ce catalogue en montre la profondeur, l’ampleur et la poésie, il demeure un ouvrage à ne pas mettre entre toutes les mains.

Les amateurs pourront parcourir les séries consacrées aux fleurs, à Tokyo, à l’histoire d’amour passionnelle d’Araki avec son épouse Yoko, aux ciels de Tokyo, lieu de dialogue et d’émotion qu’Araki photographie chaque jour depuis 25 ans, et des extraits de son « Journal intime photographié ».

Toutes les clés pour comprendre l’enracinement de l’art d’Araki, dont l’œuvre est une véritable fenêtre sur le Japon contemporain, dans la culture traditionnelle. Précieux.

Araki Nobuyoshi, coédition Gallimard / musée Guimet, publié sous la direction de Jérôme Neutres, et avec la collaboration de Tadao Ando, Philippe Forest, Jérôme Ghesquière, Michael Lucken et Sophie Makariou, préface de Tadao Ando, 20 x 26 cm, sous couverture illustrée, 304 pages, 719 illustrations, 39,90€.

L’Art de la Paix

L’art de la guerre tant revendiqué ne doit pas faire oublier l’art de la paix, un idéal qu’il convient de célébrer sans réserve. Et si la diplomatie a ses secrets, elle a aussi ses fastes.

Pour la première fois, cet ouvrage présente une sélection spectaculaire de traités de paix, parmi les 25 000 signés par la France et précieu­sement conservés au sein des archives du ministère des Affaires étrangères.

Ces documents embléma­tiques de l’histoire de France sont aussi de véri­tables objets d’art, dotés pour certains de sceaux remarquables et de portefeuilles ouvragés.

Les plus grands peintres ont par ailleurs également glorifié les traités les plus mémorables et les prestigieuses alliances. L’ouvrage met en valeur ces magni­fiques allégories et les représentations des céré­monies officielles, sans négliger pour autant les œuvres plus critiques, caricatures, affiches militantes et toiles manifestes, qui illustrent l’engagement des peuples.

L’Art de la paix, coédition Paris Musées / Ministère des Affaires étrangères, avec des contributions de Richard Boidin, Hélène Carrère d’Encausse, Patrick Lemasson, Christophe Leribault, Isabelle Nathan, Isabelle Richefort, et Gaëlle Rio. Relié toilé, 24 x 30 cm, 336 pages, 250 illustrations, 49,90€.

L’Art et l’enfant.

Chefs-d’œuvre

de la peinture française

Cézanne, Chardin, Corot, Manet, Monet, Matisse, Renoir, Picasso… à travers une sélection de rares peintures, le parcours retrace l’évolution du statut de l’enfant du XVe au XXe siècle.

Le catalogue s’interroge aussi sur le rôle qu’a pu jouer le dessin enfantin sur les avant-gardes du début du siècle passé.

Provenant de collections particulières et de prestigieux musées français et étrangers, une centaine d’œuvres figurent dans cet ouvrage.

Elles sont signées Le Nain, Champaigne, Chardin, Greuze, Corot, Millet, Manet, Monet, Morisot, Renoir, Cézanne, Matisse, Picasso… et composent une fresque farandolesque inédite.

Une invitation à découvrir sous un jour nouveau et un contexte original et adapté des chefs-d’œuvre tel que L’Enfant au toton, de Chardin, La Béquée et La Leçon de tricot, de Millet, Le Clairon, d’Eva Gonzalès, si proche de Manet, Le Petit Marchand de violettes, de Pelez, Promenade à Argenteuil, de Monet, Eugène Manet et sa fille Julie, de Berthe Morisot, Les enfants de Martial Caillebotte, et La Leçon, de Renoir, Le Ballon, de Vallotton, Le Portrait de Pierre, par Matisse, et Le Peintre et l’enfant, de Picasso.

L’Art et l’enfant, chefs-d’œuvre de la peinture française, coédition musée Marmottan Monet / éditions Hazan, ouvrage collectif écrit sous la direction de Michel Frizot, directeur de recherche émérite au CNRS (EHESS),120 illustrations, 192 pages, broché sous jaquette, 29€.

Dans l’Atelier.

L’artiste photographié,

d’Ingres à Jeff Koons

Les ateliers d’artistes, temples secrets et intimes de la création, ont immédiatement fasciné les photographes, et le charme fantasmatique n’est pas rompu.

D’autant que, hôtes privilégiés, ils ont leurs entrées dans ces lieux auréolés de mystère, fréquentant les mêmes milieux que leurs collègues artistes.

La photographie n’a de cesse, depuis le XIXe siècle, qu’elle documente les intérieurs et tire le portrait des artistes en vogue, qu’elle s’intéresse au geste créateur ou qu’elle prenne l’atelier comme métaphore de la naissance des images, de pénétrer et d’explorer ces espaces où s’élabore l’œuvre d’art.

Cet ouvrage interroge et fouille la persistance de cette fascination. Il documente les diverses réalités de ces ateliers d’artistes souvent majeurs. Il montre ces artistes en quête d’inspiration, au labeur, "à l’œuvre", parfois à l’achèvement. Une histoire d’un important pan de la photographie, prise dans ses rapports complexes aux autres arts, se dessine ici, multiple, et intime. Elle redonne un rôle de premier plan à l’amitié, à l’admiration, et aux échanges. Un catalogue et un utile répertoire...

Dans l’Atelier. L’artiste photographié, d’Ingres à Jeff Koons, coédition Paris Musées / Petit Palais, sous la direction de Delphine Desveaux, Susana Gàllego Cuesta et Françoise Reynaud, 24 x 30 cm, relié, 304 pages, 290 illustrations, 49,90€.

L’Atelier en plein air

Initiée par les peintres anglais dès les années 1820, la pratique du paysage en plein air s’étend aux artistes français et trouve dans le territoire normand un terreau inépuisable de motifs topographiques et atmosphériques.

Développé hors des ateliers dans le souci de capter la lumière naturelle, le genre évolue tout au long du XIXe siècle et s’incarne à mesure dans la virtuosité et la liberté de touche des grands maîtres de l’impressionnisme qui sillonnent la Normandie, de Claude Monet à Berthe Morisot, Auguste Renoir, Paul Gauguin et Camille Pissarro.

L’ensemble des œuvres sélectionnées pour l’exposition qui fut à l’origine de ce catalogue, issues de prestigieuses collections nord-américaines et européennes, retrace les étapes d’une révolution qui a su s’approprier son époque à travers une traduction picturale originale et nouvelle de la dynamique des paysages et des hommes.

Ce catalogue étudie les étapes essentielles du mouvement tout en soulignant l’influence du modèle anglais dans la naissance d’une école française du paysage et en accordant à la Normandie une place déterminante dans l’émergence de l’impressionnisme.

L’Atelier en plein air. Les impressionnistes en Normandie, coédition Fonds Mercator / musée Jacquemart André, sous la direction de Claire Durand-Ruel Snollaerts et de Jacques-Sylvain Klein, commissaires généraux de l’exposition, relié sous jaquette, 24,8 × 28,7cm, 192 pages, 44,95€.

La France d’Avedon.

Vieux Monde / New Look

C’est le premier ouvrage si documenté en français consacré au photographe américain Richard Avedon.

Il explore pour la première fois les liens singuliers que cet artiste entretenait avec la France.

Célébré dès ses débuts pour ses photographies de mode, Richard Avedon a développé tout au long de sa vie une œuvre exceptionnelle, jalonnée de rencontres françaises qui ont fortement influencé son travail.

Lors d’un entretien avec Michel Guerrin, le critique photographique du quotidien Le Monde en 1993, alors qu’il avait 70 ans, il s’emportait : "Je commence à en avoir vraiment assez (...) ce que vous me faites est terrible, je suis un photographe et tout ce qui vous intéresse c’est la foutue mode parisienne (...) c’est avilissant (...) vous voulez faire de moi un Horst, une relique du passé (...) je suis un photographe en activité".

Ce catalogue d’exposition en témoigne en montrant la vaste étendue de la gamme d’expression de cet artiste. Il présente près de 200 photographies, choisies pour raconter pas à pas une histoire (et tous les chemins explorés) : celle de l’attachement profond que le photographe américain, l’un des plus grands de la seconde moitié du XXe siècle, vouait à la France.

Un format et une maquette originaux. Ce catalogue sera rapidement une référence.

La France d’Avedon. Vieux Monde / New Look, éditions de la BnF, publié sous la direction de Marianne Le Galliard et de Robert M. Rubin, 15 x 19cm, relié sous jaquette, 800 pages, 59€.


B

Miquel Barceló.

Sol y sombra

Miquel Barceló a été remarqué tout jeune à la Documenta de Kassel, en 1982, la même année que Jean-Michel Basquiat et Keith Haring. Et depuis 40 ans, il innove et élargit ses champs d’expérimentation : peinture, céramique, sculpture, performance, installation, gravure et dessin bien sûr.

Sa générosité lui a fait réaliser pour chacune de ses deux expositions à la BnF et au musée Picasso une œuvre monumentale... et éphémère.

Il faut lire le récit de ses aventures avec l’imprimé, avec tous ses imprimés, que Barceló confie à Cécile Pocheau Lesteven, la commissaire de la BnF. Toujours explorateur, pour pousser la peinture au plus loin, en travaillant directement les plaques à la main, en se jouant des erreurs, et de l’avancement de la décomposition.

L’entretien de Miquel Barceló avec Émilia Philippot, la commissaire de l’exposition au musée Picasso est tout autant de grande qualité : franchise, densité, explications justes et profondeurs. Il repositionne les vrais apports dont il se réclame, les outils transmis par sa mère, qui arrêta de peindre, les Fontana, Joseph Beuys et Cy Twombly, bien que Picasso imprègne largement sa façon de lier si fortement et directement la tête et la main. À lire, bien sûr !

Ce catalogue est un véritable bijoux aux reproductions formidables, un papier d’une extrême sensualité, et la délicatesse de ne pas avoir paginé les pages illustrées, et donc de laisser l’amateur contempler, découvrir, revenir, et se délecter.

La matière des œuvres, quelle qu’elle soit, est présente dans sa réalité visuelle et physique. Formidable. Un catalogue à conserver précieusement.

Sol y sombra. Miquel Barceló, coédition Actes Sud / Bibliothèque nationale de France / musée Picasso-Paris, sous la direction de Émilia Philippot et Cécile Pocheau-Lesteven, textes de Marie-Laure Bernadac et Alberto Manguel, broché sous jaquette, 19,6 x 25,5 cm, 224 pages, 150 illustrations quadri, 39€.

L’Œil de Baudelaire

En confrontant les écrits esthétiques de Charles Baudelaire aux reproductions des œuvres d’art que ceux-ci commentent, ce petit catalogue nous fait pénétrer dans les pages principales des commentaires critiques des Salons de 1845 et de 1846.

Commencés avec le Salon de 1845, cette veine critique de Baudelaire s’exprimera jusqu’en 1863, parcourant le paysage artistique d’une période qui assistera à la confrontation des grands maîtres avec tout à la fois les derniers feux du romantisme, l’apogée du réalisme de Courbet, et les débuts d’Édouard Manet, alors que Delacroix et Ingres sont devenus des monstres sacrés.

L’auteur s’attachera à des artistes moins en vue (William Haussoulier, George Catlin, Antoine Chazal ou Constantin Guys) s’attachant, dans l’éclectisme de la production artistique de l’époque à proposer une vision originale de la beauté moderne. Une façon de définir un art qui témoigne du présent mais aussi de privilégier "naïveté", "sincérité" et imagination, indispensables à la sensualité artistique qu’il développe dans le passage où il en appelle à un musée de l’amour.

"Glorifier le culte des images (ma grande, mon unique, ma primitive passion)."

Une centaine de peintures, de sculptures et d’estampes sont évoquées et analysées par le poète. Ainsi invitent-elles le lecteur à confronter son propre regard à la sensibilité artistique et la définition de la beauté moderne.

L’Œil de Baudelaire, co-édition Paris Musées / Musée de la Vie romantique, préface d’Antoine Compagnon, postface de Jean Clair, 192 pages, 29,90€.

© Jean-Gabriel Lopez, DR

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Beat Generation.

New York

San Francisco

Paris

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Ce titre a reçu une Mention spéciale au Prix CatalPa 2016 pour les catalogues d’expositions de Paris le 15 novembre.

Le Prix CatalPa, dont c’était la 5e édition, a été créé en 2012 par l’association Les Arpenteurs d’expositions, reconnue d’intérêt général.

https://youtu.be/qc6JmRmvRHs

"Beat Generation n’est pas qu’une histoire de très beaux garçons (Ginsberg, Burrough, Corso, Kerouac) à la recherche de paradis artificiels et partis sur la route des contradictions de l’Amérique de l’Après-guerre ployant sous tant de contradictions. C’est une histoire d’amour libre avec les mots, de poésie accouchée dans les douleurs du racisme, de l’homophobie et des ventres vides.

Une couverture couleur bitume, traversée d’un rail blanc, comme sortie d’un vieux sac à dos fatigué par la pluie et les aventures. Le lecteur se fait auto-stoppeur emporté dans cette épopée moderne de la contre-culture qui, si elle influencera et fera rêver des générations entières, fera aussi grincer les dents des tenants rances de l’ordre-famille-patrie.

Ce catalogue ne nous épargne rien, ni le meilleur, avec ses textes dactylographiés au kilomètre, ses superbes portraits de dandies narcissiques, ses collages et vidéos amateurs d’une incroyable sensualité, ni le pire, ses fréquentes crises de delirium, ses coups de couteau ou de revolver, mortels soit, mais toujours accidentels !

Prolongement idéal d’une formidable exposition au Centre Pompidou aujourd’hui terminée, ce guide de papier réussit l’exploit de porter le lecteur jusqu’au bout de la route que Kerouac eut tant de mal à avaler d’une seule traite, celle qui passe par San Francisco, New York, Mexico et se termine à Paris, rue Git-Le-Cœur, au Beat Hotel, chambre 25." Les Arpenteurs d’expositions

La Beat Generation naît à New York dans les années 1940 de la rencontre d’un petit groupe d’écrivains encore inconnus : Jack Kerouac, William S. Burroughs et Allen Ginsberg. Rayonnant au-delà de ce premier cercle, le mouvement acquiert une notoriété immense. De Greenwich Village à North Beach, le quartier de la bohème littéraire de San Francisco, puis au-delà des frontières vers le Mexique, Tanger, Paris et jusqu’en Extrême-Orient, porté par l’ivresse du voyage et le goût de la liberté, l’esprit de la Beat Generation se répand partout.

Défiant l’Amérique consumériste, ségrégationniste et réactionnaire, défendant sans doctrine un idéal contemplatif et nomade, le groupe et sa génération multiplient les expérimentations, formant le creuset des contre-cultures modernes.

Mettant en perspective un courant littéraire allant bien au-delà de l’avant-garde littéraire, et parfaitement bien adapté à son sujet, notamment mieux que l’exposition par exemple, ce catalogue rassemble essais, témoignages, poèmes et entretiens. Richement illustré, il rend littéralement compte de l’effervescence d’un des mouvements culturels les plus influents du XXe siècle, et les plus décisifs sur la création contemporaine.

L’ouvrage revient sur ces 18 années explosives, de New York, en passant par Los Angeles et San Francisco, jusqu’au Mexique, Tanger et Paris. Il met particulièrement en avant le séjour parisien, une étape essentielle de ces écrivains.

Les nombreux documents reproduits (photos, manuscrits, pochettes de disques, dessins et peintures ...) témoignent de l’euphorie créative des membres du groupe, ainsi que de la pluridisciplinarité du mouvement (arts visuels, littérature, jazz, poésie sonore ...).

Sous la direction de Philippe-Alain Michaud, l’ouvrage propose différents essais des plus grands spécialistes du sujet. Une dizaine d’entretiens inédits avec des protagonistes du mouvement, ainsi que des extraits de textes et poèmes (Allen Ginsberg, Gregory Corso, William Burroughs, notamment) viennent enrichir le catalogue.

Beat Generation. New York San Francisco Paris, éditions du Centre Pompidou. Sous la direction de Philippe-Alain Michaud, en français, 23x30,5cm, 304 pages, 300 illustrations, relié ou broché, 44,90€.

Ben. Tout est art ?

Ce catalogue devrait vous étonner. Ben Vautier y est à son meilleur, se livrant entièrement à l’œuvre de sa vie : tout dire, tout faire, tout le temps, mais surtout le documenter.

Ne vous attendez pas à ce que cet agitateur se fasse suivre. D’une part, il est incernable et trop expansif, alchimiste de la récupération, et transformateur en majesté, et d’autre part, si l’on a pu dire qu’Alain Delon aimait Alain Delon, de toute évidence, Ben Vautier adore Ben.

Le reportage en boucle qu’il réalise sur lui-même est susceptible de vous être bénéfique. Soyez prudent.

Perspicace, provocateur et bouillonnant, l’artiste confie au lecteur de ce catalogue une réserve d’aphorismes et un démontage radicale de tout ce qui bouge chez les humains. Saurez-vous recoller les morceaux ?

Quand chaque syllabe, chaque mot, chaque objet, chaque geste peut cacher un engin explosif, il convient de parvenir à conserver son calme, et de redécouvrir avec gourmandise et curiosité chacun des sens qui l’habille et qui s’y tapit.

Cette carte blanche laissé à Ben, qui en abuse, une fois de plus, est une réussite, et constitue une surprise par son ampleur !

Ben. Tout est art ?, éditions Fonds Mercator, préface de Jack Lang, haute densité d’illustrations, 218 pages, 35€.

Bentu.

Des artistes chinois dans

la turbulence des mutations

Si le terme Bentu peut s’entendre comme la terre natale, dans le champ de l’art contemporain chinois il ne renvoie pas à un nationalisme mais recouvre un concept dialectique que nous avons utilisé nous aussi, celui de "glocal", mariage du "local" et du "global", dans un processus d’universalisme et de redécouverte critique de l’identité propre.

Cette expression est au centre des réflexions des artistes, des critiques et des chercheurs dans la Chine d’aujourd’hui.

Ce catalogue d’exposition réunit 12 artistes vivants en Chine continentale. Volontairement choisis en nombre limité, la plupart vivent et travaillent à Pékin, comme Cao Fei (née en 1978 à Canton), Hao Liang (né en 1983 à Chengdu), Hu Xiangqian (né en 1983 à Guangdong), Liu Chuang (né en 1978 à Hubei), Liu Wei (né en 1972 à Pékin), Liu Xiaodong (né en 1963 à Liaoning), Tao Hui (né en 1987 à Chongqing), Xu Qu (né en 1978 à Nanjing). Liu Shiyuan, née en 1985 à Pékin, vit et travaille à Pékin et à Copenhague ; Qiu Zhijie (né en 1969 à Zhangzhou) vit et travaille à Pékin et Canton ; Xu Zhen (né en 1977 à Shanghai) et Yang Fudong (né 1971 à Pékin) vivent et travaillent à Shanghai.

Issus de différentes générations, ces personnalités n’ont pas été assemblées pour offrir une proposition de panorama de la la scène artistique chinoise. Elles investissent un large éventail de techniques et d’outils, relevant aussi bien d’une tradition et d’une culture locale que des nouvelles technologies internationales les plus pointues.

Ces artistes, à la fois spectateurs et acteurs, révèlent les contradictions et les complexités d’une société en permanente mutation accélérée. Leurs œuvres témoignent de la transformation des rapports ville/campagne, manifestée par la nouvelle donne économique, celles de l’écologie et des questions d’identité. Leurs regards d’artistes sur la société chinoise contemporaine est douze fois inédit.

Quels sont leurs parcours ? Sont-ils singuliers ou symptomatiques de l’état actuel de la scène chinoise ? Ce sera à chacun de se prononcer.

Une découverte, comme on s’y attendait, tonifiante, et 12 denses biographies synthétiques qui nous rendent ces artistes un peu plus familiers, un peu moins "exotiques". De belles découvertes. Des reproductions de qualité.

Bentu : des artistes chinois dans la turbulence des mutations, coédition Hazan / Fondation Louis Vuitton, relié cousu, 210 x 285mm, 120 illustrations, 180 pages, 35€.

La Boîte de Pandore.

Une autre photographie

par Jan Dibbets

Ce titre est l’un des 10 Nominés au Prix CatalPa 2016.

Ce catalogue propose une relecture de l’histoire de la photographie artistique, la lecture volontairement anticonformiste et parfaitement partial, de Jan Dibbets.

« J’ai voulu présenter un arbre avec ses racines. Comment celles-ci se sont développées », explique-t-il en introduction, dans un passionnant entretien avec l’historien de l’art Erik Verhagen.

« Ce sont les scientifiques qui ont produit des choses grandioses. La photographie scientifique a favorisé une utilisation du médium bien plus libre et désenclavée. Tout le drame de la photographie est finalement d’avoir été inventée à la mauvaise période. Les photographes de l’époque cherchaient surtout à imiter des artistes comme Ingres et autres « réalistes », ainsi que l’a parfaitement décrit Baudelaire. Ce jeu d’imitation a brouillé les pistes et empêché le processus d’émancipation d’être mené à bien », explique Jan Dibbets.

Il trace une ligne sur laquelle il pose tous les noms des artistes qu’il considère comme tel, ou du moins toutes les photographies qu’il considère comme des œuvres, depuis le début de l’invention photographique jusqu’à aujourd’hui.

Près de 300 pièces sont ainsi présentées. Les photographies de Nicéphore Niépce, Gustave Le Gray, Étienne-Jules Marey et Edward Muybridge côtoient celles de photographes moins connus mais non moins déterminants aux yeux de Jan Dibbets, tels Wilson Alwyn Bentley ou Étienne Léopold Trouvelot.

Leurs successeurs directs sont Karl Blossfeldt, Man Ray, Alexandre Rodtchenko, Alfred Stieglitz, Paul Strand… jusqu’à Bruce Nauman.

Enrichi de citations de Baudelaire, Le Gray, Coburn, cet ouvrage offre ainsi une réflexion passionnante sur l’histoire d’un medium qui aujourd’hui plus encore qu’hier cherche sa place dans le monde de l’art.

La Boîte de Pandore. Une autre photographie par Jan Dibbets, coédition Paris Musées / MAMVP, de François Michaud, Erik Verhagen, Hubertus von Amelunxen, Markus Kramer, relié, 22 x 32 cm, 300 illustrations, 272 pages, 42€.

Edme Bouchardon.

Une idée du beau

Edme Bouchardon (1698-1762) fut l’un des artistes les plus créatifs et fascinants du XVIIIe siècle français. Couronné par des projets soumeis au Pape, sa grande réputation le fit rappelé en France où il devint sculpteur du roi.

Il joua un rôle décisif dans la transition entre le style rococo et le néoclassicisme. Ses créations apparaissent comme une merveilleuse et exceptionnelle synthèse de sa passion pour l’art antique et de son observation attentive de la nature.

Ce catalogue présente l’art de Bouchardon dans ses diverses spécialités (dessin, sculpture, médaille, estampe) et dans ses nombreuses techniques (pierre noire, sanguine, plâtre, cire, terre cuite, marbre et bronze).

Il dévoile les résultats d’une grande enquête sur les thèmes qu’il illustrait de son art, des copies d’après l’antique aux grands sujets de l’histoire ou de la mythologie, du portrait et des études anatomiques à l’ornement, aux fontaines et aux tombeaux, sans oublier les grandes commandes qu’il reçut, telles que la fontaine de Grenelle, l’Amour se faisant un arc de la massue d’Hercule ou le Monument équestre à Louis XV.

Riches outils de lecture et biographie érudite.

Edme Bouchardon (1698-1762), une idée du beau. Coédition musée du Louvre / Somogy Éditions d’art, par Anne-Lise Desmas, Edouard Kopp, Guilhem Scherf et Juliette Trey. Relié, 250 x 305mm, 448 pages, 515 illustrations, 49€.

Bernard Buffet

L’ouvrage propose une relecture approfondie de l’œuvre de l’un des peintres français les plus célèbres du XXe siècle, mais aussi l’un des plus controversés.

L’artiste fut le plus polémique qui soit, par son travail, à la fois attrayant et repoussant, comme par ce que l’on a pu projeter sur sa vie personnelle, et la démesure de sa fulgurante popularité mondiale.

Invitant à une réflexion actuelle sur Bernard Buffet, l’ouvrage aborde cette écrasante notoriété de l’artiste mais aussi les raisons d’une désaffection de la part des critiques, souvent aussi brutale qu’avait été leur engouement.

Ce sera justement l’immensité de son succès public "qui masquera l’ambition de son travail acéré, pérenne et radical", comme le souligne dans son avant-propos Fabrice Hergott.

Avec plusieurs essais confiés à des historiens, critiques et sociologues, le livre est construit autour de trois axes thématiques : la personnalité de l’artiste, la réception de son œuvre et sa contextualisation dans l’actualité artistique.

Il est complété par une anthologie de textes et par un important appareil documentaire.

Un ouvrage aux multiples entrées et lectures.

Bernard Buffet, coédition Paris Musées / MAMVP, publié sous la direction de Dominique Gagneux et Fabrice Hergott, 24 × 30 cm, relié, 240 pages, 150 illustrations, 44,90€.


C

Chamanes & divinités

de l’Équateur précolombien

L’Équateur, traversé du Nord au Sud par la cordillère des Andes, est le plus petit et le plus densément peuplé des pays andins. Il est riche d’une histoire d’au moins 12 000 ans.

Avant 1532, date de l’arrivée des conquistadors espagnols, la place de la pratique du chamanisme et les philosophies qu’elle accompagnait étaient très importantes. On situe l’apogée de ces croyances et rites historiquement de 500 av. J.-C. à 500 apr. J.-C., et géographiquement sur la côte Centre-Nord de l’Équateur.

Le chamanisme permet d’appréhender d’assez près la pensée et la philosophie des peuples ancestraux de l’Équateur. Leur monde social, économique et politique s’est en effet construit à partir de ce système de croyances. Ces habitudes, valeurs et savoirs font partie d’un legs millénaire, qui fut peu ou prou transmis aux peuples de l’actuel Équateur.

Passeur de tradition, le chamane présidait une infinité de rites, cérémonies et fêtes. Choisi depuis l’enfance pour officier dans ce rôle, il devait se préparer à entrer dans le monde des esprits à travers la méditation, l’utilisation de plantes sacrées et la transe. Il cherchait à atteindre l’interconnexion entre les différents niveaux de l’espace cosmique, en fixant son attention sur les cycles de la nature et de la vie humaine, sur les aspects constitutifs de l’être humain et sur les éléments de la nature.

Le catalogue évoque quatre cultures de la côte équatorienne (Chorrera, Bahia, Jama-Coaque et La Tolita). Il aborde le contexte social et religieux, puis le savoir sacré (méditation, ornements, rôle de la musique, utilisation des boissons rituelles, costume du chamane), et il analyse les différents rituels permettant l’exercice de ce savoir sacré (rituels de guérison, de capture du temps, de fertilité, propitiatoires, d’initiation, sacrificiels et, pour finir, l’ensemble des rites funèbres).

L’achèvement porte sur la transformation du chamane en déité temporelle. Richement illustré par des œuvres souvent inédites, issues des collections des musées nationaux de Guayaquil et de Quito, cet ouvrage nous plonge dans cette civilisation encore méconnue.

Chamanes & divinités de l’Équateur précolombien, coédition Actes Sud / musée du Quai Branly, collectif, sous la direction de Santiago Ontaneda, 260 illustrations en quadri, 240 pages, ouvrage broché avec jaquette, 42€.

Jacques Chirac,

ou Le dialogue des cultures

Jacques Chirac a beaucoup œuvré en faveur de la compréhension et des échanges avec les cultures non occidentales. Ce catalogue prend habilement prétexte, à travers 56 dates marquantes et 150 œuvres et objets issus de collections publiques et privées, et quelques documents d’archives, pour nous mener vers ces civilisations et les richesses de la diversité dont l’humanité peut encore se prévaloir aujourd’hui.

C’est aussi une adroite présentation de l’histoire culturelle des rapports que l’Europe a entretenu avec les civilisations extra-occidentales.

À l’occasion de son 10e anniversaire, le musée du quai Branly a confié à Jean-Jacques Aillagon le commissariat d’une exposition exceptionnelle consacrée à son fondateur, Jacques Chirac.

Jacques Chirac a fortement marqué l’histoire culturelle peut-être de son siècle et clairement de son pays, notamment par son inlassable engagement en faveur de la diversité des cultures et de leur dialogue.

Si Georges Pompidou a tenu à réconcilier la France avec la culture de son temps, Jacques Chirac aura fortement contribué à la familiariser avec la culture des autres, enjeu crucial pour un avenir plus serein des sociétés occidentales, dont les créations du musée du quai Branly, du Pavillon des sessions ou du département des arts de l’islam au Louvre ne sont que des exemples parmi d’autres.

Cet ouvrage esquisse le portrait culturel d’un homme qui a curieusement longtemps voulu accréditer l’idée selon laquelle il était dépourvu de tout intérêt pour la culture alors qu’elle constituait, de façon originale, l’un des ressorts essentiels de son existence.

À travers une cinquantaine de dates-clefs, l’exposition et son catalogue posent les jalons de sa vie et de sa carrière, ainsi en parallèle que ceux d’une histoire culturelle des rapports de l’Europe avec les civilisations extra-occidentales.

Un catalogue vivant et passionnant de bout en bout qui mêle objets quotidiens ou rituels, œuvres d’art, mouvements d’idées, histoires contemporaines française et internationale, soubresauts politiques et relations entre les civilisations, extrêmement respectueux de l’Homme comme du président.

L’ouvrage, bien illustré, est curieusement imprimé en un bleu dont le sens caché voire ésotérique m’a jusqu’à présent échappé.

Jacques Chirac, ou Le dialogue des cultures, coédition Flammarion / musée du Quai Branly, sous la direction de Jean-Jacques Aillagon, 245 x 295mm, 210 illustrations, 192 pages, relié, 35€.

The Color Line. Les

artistes africains-américains

et la ségrégation

Ce titre est l’un des 10 Nominés au Prix CatalPa 2016.

L’expression "Color Line", utilisée pour la première fois en 1881 par Frederick Douglass, ancien esclave devenu grand leader de l’abolitionnisme, désigne la ségrégation des Noirs apparue aux États-Unis en 1865, à la fin de la guerre de Sécession.

Cette ségrégation se poursuit jusqu’en 1964 lorsque fut enfin signé le Civil Rights Act qui mettait un terme, au moins légal, à toutes formes de discrimination.

Ce catalogue, accompagnant une exposition du musée du quai Branly, embrasse l’histoire de près d’un siècle de lutte acharnée des artistes africains-américains. Il rend ainsi hommage à une grande variété de formes d’expression, de la peinture à la sculpture en passant par la photographie, la littérature, la bande dessinée, le film et la musique.

The Color Line est l’opportunité de (re)découvrir des artistes, souvent demeurés marginaux en leur temps, mais dont l’histoire de l’art américaine commence depuis 30 ans à mesurer l’importance et l’originalité.

Quatre parties chronologiques divisent ce catalogue : de la Reconstruction à la Grande Guerre (1865-1918), de l’avènement du New Negro à la Seconde Guerre mondiale (1918-1945), la longue marche vers les droits civils (1945-1964), et enfin du Black Power à nos jours (1964-2014).

Elles sont enrichies d’inserts thématiques sur la musique, la littérature, le sport, ainsi que par des encarts sur des artistes emblématiques pour chacune de ces périodes.

Formidable bibliographie.

The Color Line. Les artistes africains-américains et la ségrégation, coédition Flammarion / musée du Quai Branly, publié sous la direction de Daniel Soutif, textes de Charlotte Barat, David Bindman, Manthia Diawara, Gerald Early, Eric Foner, Sarah Frioux-Salgas, Stephen Harris, Robert O’Meally, Richard Powell, Daniel Soutif, Diane Turquety, Elvan Zabunyan. 245 x 295 mm, 700 illustrations, 368 pages, broché, 49€.

Coluche

Personnalité brillante et multiple, joyeuse, sincère et passionnée, Coluche a marqué plus d’une génération d’hommes et de femmes qui ont cherché à prendre leurs distances avec le cynisme d’une époque chic et un peu toc.

De ses débuts au Café de la Gare en 1969 à la création des Restos du cœur en 1986, l’homme comme le comédien s’est insurgé contre la bêtise, l’ignorance, l’injustice, et la société de consommation.

Icône populaire en salopette rayée, nez rouge et lunettes rondes, regard vif et voix stridente, il caricature ses contemporains, les incarne, s’en inspire et aime en rire.

Ses archives et documents personnels sont ici dévoilés : la préparation de ses spectacles, ses "anti-sèches" et ses petits secrets, son univers et ses amis.

Coluche, éditions du Cherche-Midi, postface de Renaud, 144 pages, 19,80€.


D

Destin / Dessins de guerre

Images de corps brisés, de vies fauchées, l’espace qui bascule et se déconstruit, les dessins et gravures réalisés par le sculpteur Ossip Zadkine durant la Première Guerre mondiale sont ceux de l’implacable.

Ces quelque 60 compositions de la série des corps couchés n’avaient jamais été réunies.

Dans ce livre d’enquête menées dans les archives militaires qui recoupe les sources, fait se croiser les destins et révèle les réalités dont le soldat Zadkine, matricule 38 513, né en Russie en 1888, engagé volontaire dans la Légion étrangère en 1915, affecté à l’ambulance russe sur le front, gazé en 1916, réformé en 1917 fut le témoin direct.

Sur la trame des mots du poète T.S.Eliot, The Hollow Men, dans sa magnifique méditation sur l’oubli et des images qu’ils inspirèrent à Chris Marker il y a 10 ans, dans sa méditation sur l’oubli, la mémoire, sa disparition, ses résurgences, Owls at noon prelude : the Hollow Men, les uns après les autres, les éclats de guerre sur papier défilent, laissés par un artiste qui fut de ceux, Léger la mémoire meublée, Apollinaire la tête bandée, Cendrars la main arrachée, qui en revinrent : dont le destin fut d’en revenir.

Présentation originale de pages doubles, qui confère une forme de respect et d’attention particulière à cet ouvrage.

Destin / Dessins de guerre, coédition Paris Musées / musée Zadkine, cartonné, 198 pages, 35€.

George Desvallières.

La Peinture corps et âme

L’occasion de découvrir la figure cet artiste indépendant de toute école et curieux de toutes les formes d’art. L’ouvrage présente George Desvallières dans son ancrage parisien ainsi que son rôle dans le bouillonnement culturel du Paris de la modernité à travers une série de tableaux pour la plupart de collections particulières.

Pour Desvallières, le corps humain demeure l’architecture suprême. Sa quête d’idéal s’incarne en des figures charnelles et héroïques. Son retour à la foi chrétienne en 1905, renforcée par l’expérience douloureuse des combats de la première guerre mondiale, en ont fait le défenseur du renouveau de l’art sacré, aux côtés de Maurice Denis. Son enseignement prône un art audacieux, à la lumière de l’Évangile. Soldat durant la Grande Guerre, Desvallières fut l’un des tous premiers au retour du front à mettre en image l’expérience des combats par une série d’œuvres monumentales.

Un décryptage de son œuvre grâce à de courts essais qui mettent en perspective sa démarche.

George Desvallières. La Peinture corps et âme, coédition Paris Musées / Petit Palais, avec les contributions de Isabelle Collet, Catherine de Bayser, Annette Becker, Jean-Paul Deremble, Claire Maingon, Isabelle Saint-Martin, Fabienne Stahl-Denis, broché, 22 x 28cm, 192 pages, 140 illustrations, 35€.


F

Franco Franco.

Cali clair-obscur

Ce titre est l’un des 10 Nominés au Prix CatalPa 2016.

Ce catalogue aux photographies intenses, graves, et sensibles, dont beaucoup furent présentées dans l’exposition, raconte à merveille le travail systématique, passionné et effréné mené par Fernell Franco.

Il s’agissait de documenter de toute urgence une vie et une ville qui disparaissaient et s’estompaient, de plus en plus rapidement, emportées par les contraintes de la modernité et leurs envahissements.

Beautés, misères, transformations sont attrapées par l’œil du photographe, sublimées et rendues tragiques par des images qui suggèrent et laissent traîner quelques dramaturgie que le lecteur attentif ne saurait rater.

Richement renseignée, cette monographie contient aussi une biographie de cet artiste encore insuffisamment reconnu en Europe.

Fernell Franco, Cali clair-obscur, coédition Fondation Cartier pour l’art contemporain / Toluca Éditions, textes de Oscar Muñoz et de Maria Wills Londoño, bilingue français-anglais, relié, 22x27,5cm, 296 pages, 196 reproductions noir et blanc, et couleur. 40€.

La Franc-maçonnerie

À partir du XVIIIe siècle, la franc-maçonnerie s’implante aussi profondément que durablement dans la société française. Si, de nos jours, celle-ci fait régulièrement la une des journaux, elle n’en demeure pas moins mal connue, quand elle ne nourrit pas encore d’obscurs soupçons de trafic d’influence, de complot ou d’occultisme.

Ce catalogue, publié à l’occasion de l’exposition d’une envergure sans précédent que la BnF consacre à la franc‑maçonnerie, est déjà devenu l’une des références incontournables du domaine. Réunissant les contributions des plus grands spécialistes, il répond à la légitime curiosité dont la maçonnerie fait l’objet.

Des origines légendaires à la franc-maçonnerie moderne, dite spéculative, il retrace l’histoire de la franc-maçonnerie en faisant la part du fantasme et de la réalité. Il présente le corpus symbolique et les rites maçonniques associés à la notion, ici centrale, d’initiation.

Excluant tout esprit polémique, il répertorie les réalisations politiques et sociétales de l’histoire moderne qui puisent leurs sources dans l’engagement philanthropique des maçons : les lois sur la liberté de la presse, la liberté d’association, la laïcité, l’école gratuite et obligatoire ou encore les premières bases de la protection sociale.

Il relève également les inspirations maçonniques variées qui, depuis trois siècles, irriguent les arts et les lettres, de La Flûte enchantée de Mozart à Léon Tolstoï ou Rudyard Kipling, en passant, aujourd’hui, par la bande dessinée ou le roman policier.

Riche par la diversité des thèmes abordés, cet ouvrage l’est enfin par son iconographie. La BnF abrite l’un des plus importants dépôts de documents maçonniques au monde : manuscrits, estampes, livres rares y sont à la fois nombreux et de qualité. Ces collections exceptionnelles méritaient d’être connues et admirées au-delà du monde des chercheurs et des spécialistes ; reproduites ici, parfois pour la toute première fois, elles contribuent désormais, de manière aussi spectaculaire que documentée, à la meilleure compréhension d’une société dont les adeptes eux-mêmes reconnaissent la complexité.

À recommander absolument.

La Franc-maçonnerie, éditions de la Bibliothèque nationale de France, édité sous la direction de Pierre Mollier, directeur du musée de la Franc-maçonnerie, Sylvie Bourel, département des Manuscrits, et Laurent Portes, département Philosophie, Histoire, Sciences de l’homme de la BnF. Relié, toilé sous jaquette, 344 p., 230 ill., 22 x 27 cm, 45€.

Gérard Fromanger

Qui êtes-vous Gérard Fromanger ? Un émule et contemporain de Polly Magoo ? Le jeune peintre des années 1960, ami de Prévert, auteur, avec Godard, d’un film-tract sur Mai 68 ? Une importante figure de la Figuration narrative, artiste brillamment commenté par Deleuze, Guattari, et Michel Foucault ? Êtes-vous l’œil qui voit passé les époques ? L’ancien nouvel observateur des évolutions (marchandisation un monde, substitution des signes au réel) et des velléités de révolution de notre société ? L’acteur et le peintre politique ?

En demi-siècle de création, le travail de cet artiste affirme sa permanence : il conçoit l’acte de création comme un acte de résistance.

En une cinquantaine d’œuvres réalisées de 1964 à 2015, ce catalogue, dont la conception épouse aussi la période traversée, analyse, sans se gêner plus que ça de la chronologique, les différentes expressions graphiques de Gérard Fromanger. Des premiers tableaux de nus tracés à la craie des tout débuts de l’apprenti artiste jusqu’aux dernières séries, colorées, vibrantes, et, n’hésitons pas, joyeuses, son œuvre se fait sans faiblir l’écho de l’actualité, de la nôtre, comme de celles des révolutions arabes ou de la mondialisation.

Michel Gauthier et Olivier Zahm accompagnent le lecteur de leur regard amical mais vif sur les tableaux de Fromanger, esquissant des pistes d’explication, révélant des sources d’inspirations et des influences. Bon catalogue, à l’iconographie soignée, mais dans lequel on aurait aimé trouver une biographie de cet artiste, si soucieux de son époque !

Gérard Fromanger, éditions du Centre Pompidou, sous la direction de Michel Gauthier, relié, 21x30cm, 144 pages, 140 illustrations, 29,90€.


G

Geste baroque.

Collections de Salzbourg

Les terres de langues germaniques ont été parmi les foyers de création du baroque et du rococo les plus fertiles. Les plus grands maîtres allemands et autrichiens travaillèrent sur de prestigieux chantiers commandités par le pouvoir tant laïc que religieux.

Cité millénaire, Salzbourg a été l’un de ces chantiers les plus actifs. Ses princes-archevêques la transformèrent, métamorphosant la cité médiévale en une ville baroque grandiose, dont l’éclat rivalisa avec celui des plus belles villes européennes, jusqu’à son déclin en 1803.

Patrie de la musique, qui enfanta Wolfgang Amadeus Mozart en 1756. Elle fut aussi celle de l’architecture, de la peinture et de la sculpture, au point d’être souvent considérée comme la Rome du Nord.

Cet ouvrage réunit une centaine d’œuvres, dessins, peintures et sculptures provenant des musées et des collections religieuses qui ont été constitués dès cette époque à Salzbourg. Il invite à mieux connaître et à comprendre l’originalité du baroque et du rococo salzbourgeois et leur rayonnement en Autriche et en Allemagne du Sud.

Geste baroque. Collections de Salzbourg, coéditions Louvre éditions / Somogy, 272 pages, broché avec rabats, 225 illustrations, 35€.

Charles Gleyre (1806-1874),

le romantique repenti

La France n’avait jamais jusqu’à présent consacré d’exposition ni de catalogue monographique au peintre suisse Charles Gleyre. Pourtant, celui-ci occupe une place majeure dans la peinture académique à Paris au milieu du XIXe siècle et eut de très nombreux élèves.

La perfection lisse de sa facture et ses sujets majoritairement mythologiques ont pu longtemps faire croire que nous étions en présence d’un esthète froid, conventionnel et aveugle aux révolutions de son temps. Les recherches en histoire de l’art ont toutefois fait prendre conscience du rôle important de son atelier, dont sortirent tant Jean-Léon Gérôme que Claude Monet ou Fréderic Bazille, même si de méchantes langues osèrent dire que ce furent ceux qui s’en éloignèrent qui devinrent célèbres.

En outre, les relectures de son œuvre, au premier rang desquelles figure l’analyse psychanalytique de Michel Thevoz publiée en 1980, ont fait réapparaitre les contradictions passionnantes de l’artiste comme de son œuvre.

Placée sous le signe du spleen et de l’idéal, le catalogue, comme l’exposition d’ailleurs, offre l’occasion, à travers les prêts majeurs du Musée cantonal des beaux-arts de Lausanne, de se replonger avec bonheur dans les illusions de l’académisme.

Ce peintre connut des voyages d’un exotisme torride, vécut des aventures rarissimes pour son époque ! Que n’a-t-il accepté d’exprimer toutes ses richesses sans trop prendre en compte les goûts du temps...

Des outils de lecture formidables et une œuvre qui ne devait pas restée autant dans l’ombre. Une surprise !

Charles Gleyre (1806-1874). Le romantique repenti, coédition Hazan / musée d’Orsay, Côme Fabre, 256 pages, 170 illustrations, 247x308mm, relié, 45€.

Dominique Gonzalez-Foerster.

1887-2058

Plasticienne, cinéaste et vidéaste, Dominique Gonzalez-Foerster emprunte tant à la mémoire collective qu’au patrimoine littéraire et cinématographique qu’elle réactualise, créant ainsi des environnements pluri-temporels, à mi chemin entre réalité et fiction.

Parce que son œuvre appelle à la réminiscence et l’introspection, l’artiste s’adresse à un spectateur actif. Son exposition invitait plus particulièrement à un voyage spatio-temporel à chronologie fictionnelle, au cours duquel la notion d’identité était questionnée.

Ce catalogue, telle une machine à voyager dans le temps, projette le spectateur dans des paysages et des intérieurs tour à tour tropicaux ou désertiques, biographiques ou dystopiques : 1887 Construction du Splendide Hotel /// 1948 Le Garçon aux cheveux verts /// 1960 Inauguration de Brasilia /// 1975 Nos années 70 /// 1977 Exposition Marcel Duchamp au Centre Pompidou /// 1985 Bibliothèque /// 1996 Une chambre en ville /// 1999 Riyo /// 2001 Cosmodrome /// 2010 Desert Park /// 2014 euqinimod & costumes /// 2058 TH.2058, Londres.

Gonzalez-Foerster (Dominique). 1887-2058. Éditions du Centre Pompidou. Sous la direction d’Emma Lavigne et de Dominique Gonzalez-Foerster. Avec des contributions de Tristan Bera, Elia Biezunski, Nicole Brenez, Emma Lavigne, Pablo León de la Barra, Catherine Millet et Enrique Vila-Matas. 246 pages, 280 illustrations couleur et noir et blanc. 42€.

Guerres secrètes

Cet ouvrage décrypte la naissance des services secrets modernes, leur histoire, l’évolution de leurs méthodes, techniques, et types d’opérations.

De la Belle Époque à la fin de la Guerre froide, en France, en Grande-Bretagne, en Allemagne, aux États-Unis ou en URSS, on y découvre les grandes heures de l’espionnage, les actions clandestines et subversives, les opérations d’intoxication et de propagande.

Y sont également évoqués les hommes et les femmes, grandes figures ou simples exécutants, qui ont conduit et vécu ces guerres secrètes, par temps de guerre ouverte ou de paix officielle.

Premier travail de synthèse et d’analyse sur le sujet, cette somme réunit 31 auteurs et interviewés, d’horizons fort différents, historiens, journalistes, anciens des services de renseignement et hommes politiques, professionnels de musées et de centres d’archives.

Guerres secrètes, coédition Somogy / musée de l’Armée, sous la direction de Christophe Bertrand, David Guillet, Carine Lachèvre, François Lagrange et Emmanuel Ranvoisy, broché avec rabats, 368 pages, 450 illustrations, 19 x 26,5cm, 32€.


H

Habiter le campement :

Nomades, Voyageurs,

Contestataires, Conquérants,

Infortunés, Exilés

Ce catalogue interroge le rapport entre la notion d’habitat, qui implique une pérennité, et celle du campement, qui suppose un état provisoire.

Des contextes politiques, économiques et environnementaux ont en effet conduit des milliers de personnes à s’établir et à s’organiser de manière durable dans des campements, pour "habiter" les camps et "faire ville".

Comment habiter dans des zones insalubres, inhospitalières ? Comment habiter en toute liberté, avec les moyens du bord ? Peut-on habiter autrement ?

Cet ouvrage s’appuie sur un large inventaire des différents types de camps observés aujourd’hui à travers le monde, et qui en reflète la terrible diversité.

L’iconographie est basée pour l’essentiel sur des reportages récents et d’actualité illustrant les 6 grandes typologies identifiées, et pour lesquelles les articles des chercheurs contributeurs approfondissent et fouilles évolutions, dérives et promesses.

Un catalogue indispensable pour s’informer mieux de tous ces drames constitutifs et convergents, à l’origine du domaine d’expansion du campement.

Habiter le campement : Nomades, Voyageurs, Contestataires, Conquérants, Infortunés, Exilés, coédition Actes Sud / Cité de l’architecture et du patrimoine. Collectif, plus de 300 photographies, 320 pages, 39€.

Hodler, Monet, Munch.

Peindre l’impossible

Pourquoi Philippe Dagen a-t-il tenu à réunir le temps d’une exposition et pour un catalogue des œuvres de Ferdinand Hodler (1853-1918), Claude Monet (1840-1926) et Edvard Munch (1863-1944) ? Des peintres qui de plus ne s’étaient même jamais rencontrés ?

Parce que ce sont des peintres essentiels de la modernité européenne, entre impressionnisme, post-impressionnisme et symbolisme. Parce que leurs œuvres s’avancent dans le XXe siècle (jusqu’en 1918 pour Hodler, 1926 pour Monet et 1944 pour Munch), et qu’elles ont exercé une influence déterminante dans l’histoire de l’art.

Mais, plus encore, parce qu’ils ont, tous les trois, affronté des questions de peinture en apparence insurmontables, avec la même constance et au risque d’être incompris.

Comment peindre de face l’éclat éblouissant du soleil, avec de simples couleurs sur une simple toile ? Comment peindre la neige ? Comment suggérer les mouvements et les variations de la lumière sur l’eau ou sur le tronc d’un arbre, malgré l’immobilité de la peinture ?

« J’ai repris encore des choses impossibles à faire : de l’eau avec de l’herbe qui ondule dans le fond… c’est admirable à voir, mais c’est à rendre fou de vouloir faire ça. » Ces mots sont de Monet, mais ils pourraient être ceux du peintre qui, jusqu’à sa mort, s’obstine à étudier l’horizon des Alpes depuis sa terrasse, de l’aube au crépuscule, Hodler.

Ou de celui qui revient inlassablement, jusqu’à la dépression, sur les mêmes motifs colorés, une maison rouge, des marins dans la neige, le couchant, Munch. Tous trois ont mis la peinture à l’épreuve de l’impossible.

À travers une vingtaine d’œuvres de Ferdinand Hodler, Claude Monet et Edvard Munch réunies pour l’événement, un rapprochement audacieux et original.

Ces chefs-d’œuvre mis en présence laissent apparaître une étonnante communion chez ces trois peintres pour l’art dans ce qu’il a de plus exigeant comme pour l’inconfort individuel choisi d’une ardue recherche et d’une permanente mise à l’épreuve des perceptions et des technicités de ces artistes.

Un angle déconcertant et intéressant.

Hodler, Monet, Munch. Peindre l’impossible, coédition Hazan / musée Marmottan Monet, de Philippe Dagen, bilingue anglais/français, sous jaquette, 176 pages, 90 illustrations, 222x285mm, 29€.


I

© Jean-Gabriel Lopez, DR

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Icônes

de l’art moderne.

La collection

Chtchoukine

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Ce titre a reçu une Mention spéciale au Prix CatalPa 2016 pour les catalogues d’expositions de Paris le 15 novembre. Le Prix CatalPa, dont c’était la 5e édition, a été créé en 2012 par l’association Les Arpenteurs d’expositions, reconnue d’intérêt général.

https://youtu.be/OlCPgZf8Ypg

"Un catalogue formidable que l’on conservera longtemps et qui fera date en ce sens que nous ne reverrons sûrement jamais en France ces œuvres associées.

Une somptueuse présentation d’une des principales collections d’art moderne du monde dans laquelle on découvre ébahis des chefs-d’œuvre de nos plus grands peintres modernes… des pièces de notre patrimoine culturel que souvent nous ne connaissions pas.

Évidemment, c’est très émouvant. D’autant que, en accrochage à l’anglaise, ces tableaux nous sont aussi montrés dans leur lieu originel, un palais Troubetskoï comme hanté par l’artifice de judicieux négatifs.

L’ensemble de la collection Chtchoukine (répartie entre les musées Pouchkine et de l’Ermitage) est dans ce catalogue, alors que seule une moitié des œuvres est exposée actuellement à Paris." Les Arpenteurs d’expositions

Ce catalogue, établit à l’occasion de l’exposition de la Fondation Louis Vuitton, réunit les principales œuvres de la collection de Sergueï Chtchoukine conservées au musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg, et au Musée Pouchkine à Moscou.

Cette collection Chtchoukine est essentiellement dédiée aux plus novateurs des artistes français fondateurs de l’art moderne, appartenant principalement à la scène parisienne pour la période 1890-1914, tels Cézanne, Gauguin, Van Gogh, Monet, Renoir, Degas, Rousseau, Derain, Matisse et Picasso.

Ces chefs-d’œuvre furent aussi une source d’inspiration pour les artistes des avant-gardes russes. Grâce au soutien de la Galerie Tretyakov et d’autres grandes institutions, le catalogue esquisse les termes d’une confrontation entre les principaux protagonistes du XXe siècle autour d’enjeux artistiques et esthétiques majeurs pour l’histoire de l’art de l’époque, et d’aujourd’hui.

Cet ouvrage précieux et monumental a été élaboré en collaboration avec les équipes scientifiques de l’Ermitage et du musée Pouchkine comme avec des experts français et russes.

Il permet de découvrir la collection, son origine et sa place dans le monde de l’art pour la période 1890-1914. En plus des 160 œuvres de la collection reproduites en grand format, le catalogue propose un inventaire général de la collection Chtchoukine (278 références) et restitue pour chaque œuvre les éléments documentaires historiques et descriptifs.

Parmi les annexes, retenons une chronologie de la vie de Serguei Chtchoukine, ainsi qu’une anthologie des grands textes théoriques ou critiques, qui témoignent de la réception de la collection en Russie. Afin de contextualiser la présentation de ces chefs-d’œuvre, de grands dépliants reproduisent les photographies du palais Troubetzkoi où ils étaient exposés.

Icônes de l’art moderne. La collection Chtchoukine, coédition Gallimard / Fondation Louis Vuitton, sous la direction d’Anne Baldassari, 300 x 280mm, 540 illustrations, 478 pages, 49,90€.


J

Jade,

des empereurs à l’Art déco

Plus de 200 œuvres provenant de prestigieuses collections nationales et internationales, parmi lesquelles certaines des pièces les plus fastueuses des collections impériales chinoises, dressent une épopée historique et esthétique du jade.

Depuis les sources de la Chine la plus ancienne, où le jade puise ses valeurs fondamentales, jusqu’aux années 1920, quand cette pierre, "plus précieuse que l’or" devint source d’inspiration de bijoux et d’objets d’art modernes, cet ouvrage lève le voile sur l’histoire d’une expression majeure de la civilisation chinoise.

Jade, des empereurs à l’Art déco, coédition Somogy / musée Guimet, sous la direction de Huei Chung Tsao, co-commissaire de l’exposition, ingénieur d’études, collections chinoises, MNAAG, 277 illustrations, 288 pages, version française 38€, version anglaise 45€.


K

Anselm Kiefer

Ce catalogue est publié à l’occasion de la grande rétrospective que le Centre Pompidou consacre à l’un des tout premiers peintres allemands de ce siècle et du précédent.

Il est l’un des plus célèbres, avec Georg Baselitz ou Gerhard Richter, de la scène artistique internationale, et certainement l’artiste qui a su le mieux aider son pays à recouvrer une partie essentielle et difficile de sa mémoire. Son audace à provoquer violemment a permis de briser le silence sur le passé de son pays, au risque d’être mal compris dans le sens de sa démarche.

Il a fouillé l’inconscient collectif et la culture allemande, les mythologies germaniques et nordiques comme l’œuvre de Wagner en se posant les plus terribles des questions sur le nazisme.

Avec lui, l’Histoire est devenue l’objet et le matériau de son expression plastique.

Cet ouvrage de référence est un outil indispensable. Il réunit une documentation inédite qui permet au plus grand nombre d’appréhender la force, la complexité et l’originalité du travail d’Anselm Kiefer, son œuvre immense, ses champs intellectuels, ses grandes étapes et ses ateliers. Une carrière qui prend d’ailleurs très vite forme d’épopée.

Ses peintures, ses sculptures comme ses installations monumentales convoquent tout autant l’Histoire et la philosophie que la littérature et la science, embrassant cultures anciennes, religions et mystiques de nombreux horizons, et dressant un mélange d’archéologie et de cartographie des savoirs.

Une formidable chronologie adroitement illustrée nous fait suivre pas à pas la démarche si personnelle d’Anselm Kiefer, et la mieux comprendre. Reproductions impeccables.

Anselm Kiefer, éditions du Centre Pompidou, publié sous la direction de Jean-Michel Bouhours, relié, 288 pages, 42€.

Paul Klee.

L’ironie à l’œuvre

"Nul n’a besoin d’ironiser à mes dépens, je m’en charge moi-même." Paul Klee, Journal, janvier 1906.

Du cubisme au primitivisme en passant par le constructivisme, l’ouvrage explore pour la première fois l’ensemble de la création de Paul Klee. Des premières caricatures ou silhouettes lestes aux années de crise et d’exil, chaque temps fort de la vie de cette figure majeure de l’art moderne est exploré au travers de ses plus grands chefs-d’œuvre et de ses différents moyens d’expression (peinture, lithographie, gravure, dessin, sculptures et même marionnettes).

Cette nouvelle approche transverse permet également d’éclaircir les rapports entretenus par Klee avec les autres artistes comme avec les courants artistiques qui lui furent contemporains. Ses influences et l’immense héritage qu’il nous a laissé sont également mis en exergue.

Abondamment illustrés, les différents chapitres se composent d’une chronologie, d’un essai, d’un focus thématique et de notices. Une anthologie d’entretiens vient compléter l’ensemble.

C’est la monographie la plus récente offrant une approche globale de l’œuvre de Paul Klee.

Des débuts satiriques aux années de crise, en passant par une relecture du cubisme, de fertiles échanges avec Dada, et un renversement des dogmes du Bauhaus, Paul Klee s’est attaché, tout au long de sa carrière, à affirmer une absolue liberté à l’égard des modernismes successifs de son temps, n’hésitant pas à ironiser sur leurs principes et à en perturber les systèmes.

S’appuyant sur l’exceptionnel rassemblement de ses chefs-d’œuvre, l’ouvrage propose de relire pour la première fois l’ensemble de son œuvre par le prisme de l’ironie romantique. Ce catalogue, richement illustré, réunit les contributions des plus grands spécialistes de Paul Klee et met en évidence le caractère subversif de ses interventions et de ses travaux.

Paul Klee. L’ironie à l’œuvre, éditions du Centre Pompidou. Publié sous la direction de Angela Lampe. Relié, 23,5 x 30 cm, 312 pages, 300 illustrations. 44,90€.


L

Le Douanier Rousseau.

L’innocence archaïque

Bien que ce cas ait été unique dans l’histoire de l’art européen, l’œuvre de ce peintre si singulier s’inscrit pourtant fortement au tournant du XXe siècle. En la confrontant à quelques-unes de ses sources d’inspiration, qui englobaient aussi bien l’académisme que la nouvelle peinture, comme aux œuvres des artistes d’avant-garde qui l’intronisèrent comme père de la modernité, ce catalogue met en lumière la critique de son art autour d’une réflexion sur la notion d’archaïsme.

Ainsi serait-elle le fil conducteur entre toutes ces œuvres présentées dans les salles du musée d’Orsay. Les chefs-d’œuvre d’Henri Rousseau des collections d’Orsay et de l’Orangerie (de La Charmeuse de Serpents à La Noce) sont confrontés aux toiles prêtées par les plus prestigieuses institutions internationales. Des œuvres de Seurat, Delaunay, Kandinsky ou Picasso mais aussi d’artistes méconnus permettent d’évoquer la richesse des liens qui se tissent autour du Douanier Rousseau, creuset d’une voie originale dans l’exploration de la modernité...

Le Douanier Rousseau. L’innocence archaïque, coédition Musée d’Orsay / Hazan. Guy Cogeval. Relié. 270 pages, 180 illustrations, 28 x 32 cm, 42€.

Ludwig van.

Le Mythe Beethoven

Monstre démiurge pour les uns, figure du héros pour les autres, chantre de la liberté républicaine, modèle de la puissance inspirée, incarnation de la Création enfiévrée ou parangon de la Douleur sublimée, Beethoven a façonné, depuis bientôt deux siècles, un imaginaire littéraire, visuel et musical d’une richesse prodigieuse.

De Klimt à Beuys, de Gide à Haneke, de Burne-Jones à Pierre Henry en passant par Hartung, Basquiat et Kubrick, l’aura beethovénienne hante les artistes et ne manque jamais son objet : celui d’électriser le regard, l’oreille et l’esprit.

Beethoven désigne aujourd’hui bien plus qu’un objet d’étude historique ou musicologique. Il tient avant tout à un imaginaire collectif, à la fois populaire et savant, politique et artistique, dans lequel se mire constamment notre humanité.

Telle est l’identité du musicien que ce catalogue restitue, à travers un riche parcours iconographique, tout en questionnant l’adéquation, ou au contraire la distorsion, entre le Beethoven « historique » et son devenir imaginaire.

Une étonnante promenade dans la musique, nos sensibilités, et dans ce qui meut les êtres humains.

Ludwig van. Le mythe Beethoven. Coédition Gallimard / Cité de la musique - Philharmonie de Paris, publiée sous la direction de Colin Lemoine et Marie-Pauline Martin, 210 x 280mm, 184 pages, très illustré, sous jaquette, 35€.


M

Magritte.

La trahison des images

Ce catalogue rassemble les plus grands chefs-d’œuvre de René Magritte.

Il offre aussi un dialogue inédit entre les tableaux du peintre et cinq mythes fondateurs de la pensée occidentale, illustrant l’ambition de Magritte de faire de la peinture la forme la plus aboutie de l’expression de l’esprit.

"Interpréter Magritte, en saisir l’ambition critique et l’exigence analytique... La tâche est complexe et ouverte à toutes les hypothèses, tant l’auteur de La Tentative de l’impossible avançait masqué. Des années 1920 à sa mort en 1967, Magritte ne cessait de traquer le mystère qui unit l’image à la parole, l’écart entre le réel et sa représentation, les mots et les choses. Le temps faisant son œuvre, l’artiste que l’on apparentait trop facilement à un imagier apparut comme l’un des protagonistes essentiels d’une pratique conceptuelle qui ne disait pas encore son nom. On cherchait un surréaliste et on trouva un père spirituel de Marcel Broodthaers et de tant d’autres, preuve, s’il en faut, qu’un grand artiste n’est jamais là où l’on croit savoir le reconnaître." (Bernard Blistène)

C’est alors que s’avancèrent les non-aristotéliciens...

Magritte ne s’est jamais accommodé de ce qu’il appelait "la bêtise des peintres", bêtise présumée qui les aurait placés dans une hiérarchie verrouillée par des siècles de philosophie bien en dessous des musiciens et des poètes.

Pour affirmer la dignité intellectuelle de sa peinture, pour la hausser au niveau de la poésie puis de la philosophie, Magritte la soumet à un processus de rationalisation en s’efforçant de doter son iconographie de l’objectivité qui est celle d’un vocabulaire.

Ce catalogue est judicieusement enrichie de correspondances et d’échanges éclairants.

Un catalogue de référence, un artiste et une œuvre vertigineux.

Magritte. La trahison des images, éditions du Centre Pompidou. Sous la direction de Didier Ottinger, relié, 23 x 29 cm, 224 pages, richement illustré, 39,90€.

Albert Marquet

Ce catalogue monographique pose la place et l’importance du peintre français Albert Marquet de la première moitié du XXe siècle, discret et taciturne, voyageur insatiable à qui il importait de ne pas être considéré comme un "orientaliste".

Ce peintre, qui fut si souvent à l’étranger, appréciait, curieusement, tout spécialement Paris et les bords d’eau, ou de Seine, et peignit sa vie durant ce qu’il voyait et percevait de ses successives fenêtres, qui devinrent même, à la fin de sa carrière, un sujet à part entière.

Son œuvre passe ici au fil de la lecture croisée d’historiens d’art prestigieux. Elle permet de découvrir et de parcourir les différents aspects de son œuvre, ses premiers travaux d’atelier, ses peintures et ses pastels durant la période fauve, ses nus si caractéristiques entre étude académique et face à face sensuel, ses dessins et caricatures saisis sur le vif, et, surtout, son obsession du paysage, de la variation à la série.

La richesse des illustrations met en valeur cette peinture singulière proche de la contemplation, méditative et lucide qui impose le silence. À la fois traditionnelle dans son attachement au paysage, elle est moderne dans ses sujets (des villes, des ports) comme dans son style, véritable synthèse de l’impressionnisme et du fauvisme, de l’insaisissable, de la couleur franche et du contraste.

Une invitation à la contemplation d’une œuvre dont l’auteur fut le seul peintre qui s’opposa par écrit à "être exposé à Paris tant que cette ville serait sous la botte nazie".

Albert Marquet, peintre du temps suspendu, coédition Paris Musées / Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, sous la direction de Sophie Krebs, 240 x 288mm, broché, jaquette, 232 pages, 150 illustrations, 39,90€.

Mata Hoata.

Arts et société

aux îles Marquises

Pour la première fois depuis 20 ans, ce catalogue présente la richesse, la force et l’originalité des arts des îles Marquises, de la fin du XVIIIe siècle à nos jours.

Mata désigne le visage et les yeux, motifs essentiels dans tout l’art et les traditions marquisiens, dont la constance est exceptionnelle tant en ce qui concerne le patrimoine matériel (tiki, tapa, clubs, massues...) que dans l’immatériel (festivals et tatouages, notamment).

Hoata peut se traduire comme "brillant", "clair", "pur", ou "miroir". Et les deux ensemble signifieraient quelque chose comme "regard engageant". Forcément positif.

Au fil des pages, le lecteur découvre les différents aspects de cette société particulièrement dynamique. Il pénètre au cœur de l’archipel : faune et flore, les mythes explicatifs de la création des îles Marquises, la hiérarchie sociale et ses symboles, la vie quotidienne et ses rituels, les cérémonies funéraires et religieuses, les festivals et cérémonies publiques, et l’art contemporain...

La créativité des artistes des Marquises, remarquable dans les objets les plus anciens, se retrouve dans les productions qui vinrent après que des contacts aient été établis avec l’Occident. Un vrai voyage, une vraie découverte.

Mata Hoata. Arts et société aux îles Marquises, coédition Actes Sud / musée du Quai Branly, collectif sous la direction de Carol Ivory, 24 x 28cm, 320 pages, 230 illustrations quadri, 47€.

De Méliès à la 3D.

La Machine Cinéma

Cet ouvrage, très richement illustré de documents inédits, se veut un cheminement dans la longue histoire des techniques cinématographiques à travers les collections de La Cinémathèque française et par le biais de 120 dates emblématiques (du XVIIIe siècle à nos jours).

Il a évidemment tiré parti et profit des collections tant de matériels que d’archives, parmi les plus riches du monde, que la Cinémathèque française a engrangées au fil du temps.

Ainsi y trouvera-t-on projecteurs, caméras, matériels de studio et de laboratoire, archives, films rares..., dévoilés à la fois de façon esthétique, technologique et historique.

On y voit notamment la progression darwinienne du cinéma, son éclosion et sa lente mutation vers l’électronique.

Une mine de renseignements vivants avec des exemples film à film qui permettent de suivre pas à pas un temps technologique qui parfois nous étourdirait par ses accélérations si nous ne bénéficiions pas de tels outils de lecture et de référence.

Pour les amoureux du cinéma, les bricoleurs et les curieux dont nous sommes.

De Méliès à la 3D. La Machine Cinéma, coédition Lienart / La Cinémathèque, de Laurent Mannoni, 350 illustrations, 304 pages, 35€.

Miroir du désir.

Images de femmes

dans l’estampe japonaise

Un joli petit objet érudit qui donne beaucoup à voir sur les estampes japonaises et à comprendre, avec des textes de Sophie Makariou, présidente de Guimet et de Agnès Giard, docteur en anthropologie et spécialiste des questions de sexualité au Japon.

Au fil des pages de ce petit recueil, qui est aussi un catalogue d’exposition, c’est le monde des femmes entre elles, celui des courtisanes du quartier du plaisir de Yoshiwara, à Edo, que nous dévoilent les grands maîtres de l’estampe japonaise.

Dans la paix de leur intimité, comme cédant à un appel pressant de volupté, ces femmes dégagent un profond parfum de séduction.

Poétiques et malicieux, les textes de ce petit catalogue précieux révèlent avec beaucoup de finesse les secrets cachés derrière les cloisons de papier. Ils sont des plus judicieux pour aiguiser notre regard face à ses œuvres des XVIIIe et XIXe siècles qui éclairèrent tant nos propres artistes occidentaux.

Courte bibliographie. Reproductions impeccables.

Miroir du désir. Images de femmes dans l’estampe japonaise, coédition RMN-GP / MNAAG, en conversation avec Agnès Giard, anthropologue, chercheur rattaché au Sophiapol, relié, 14 x 18 cm, 96 pages, 40 illustrations, 13,50€.

Daido Moriyama /

Daido Tokyo

Ce très élégant catalogue réunit l’ensemble des photographies présentées dans l’exposition "Daido Tokyo", offrant une occasion unique de découvrir le travail récent de Daido Moriyama.

Un texte de l’artiste invite également à mesurer sa passion pour Shinjuku, quartier underground de la ville de Tokyo où il vit et dans lequel il aime dériver "comme un chien errant".

Il dit : "Peu importe la ville dans laquelle je me trouve, le monde que j’observe autour de moi pendant que je déambule dans les rues me confronte à l’excitation, au mystère ou à l’érotisme ; mes yeux se promènent en totale liberté sur ces visions et je déclenche la prise de vue dès que je ressens l’impulsion du désir ou de la tentation éternels".

Daido Moriyama est un des monstres de la photographie japonaise contemporaine. Cet ouvrage tranche de la manière la plus radicale qui soit entre les couleurs arrachées aux réalités de la ville, et le noir et blanc qui plonge dans les rêveries de chacun... et du photographe en tout premier lieu. Un bijou. Bravo à la conception graphique (Olivier Andreotti et l’équipe de Toluca Studio).

Daido Moriyama, Daido Tokyo, édition Fondation Cartier pour l’art contemporain, bilingue français-anglais, relié, 18 x 27cm, 248 pages, 377 reproductions couleur et noir & blanc, 35€.


N

Napoléon à Sainte-Hélène.

La conquête de la mémoire

Conquérant, il a été comparé à Alexandre et à César. Chef d’État, il a marqué d’une empreinte durable les villes, les lois, les religions. Souverain, il a possédé 47 palais et allié les siens aux plus grandes familles d’Europe.

Le voici prisonnier sur une île de 122 km2 au milieu de l’océan Atlantique. Pour territoire, un plateau nuageux enserré par un cordon de fantassins britanniques.

Pour demeure, une maison humide et infestée de rats. Pour cour, une quinzaine de fidèles et de serviteurs désemparés. Et l’oblitération de son nom, partout où la renommée, autrefois, l’avait fait résonner.

Voilà le théâtre de son dernier combat. Malgré l’adversité et la précarité, contre les petitesses de l’exil, contre l’oubli, Napoléon, bien que vaincu, remporte à Sainte-Hélène sa dernière victoire, celle de la mémoire.

Cet ouvrage met en contexte les objets humbles ou glorieux – souvent inédits – qui ont entouré l’Empereur dans ses derniers moments, ainsi que les récits et les images qui ont façonné la légende.

Napoléon à Sainte-Hélène. La conquête de la mémoire, coédition Gallimard / musée de l’Armée, ouvrage collectif, 304 pages, sous couverture illustrée, 19,5 x 25,5 cm, cartonné, 35€.


P

Paulin

Un passionnant catalogue très original sur Pierre Paulin et le design, qui bénéficie des archives et de pièces jusqu’alors jamais montrées et mises à la disposition du Centre Pompidou par la famille du designer.

Des témoignages de familiers et de collaborateurs recueillis augmentent la compréhension tant de l’approche que de l’œuvre, de même qu’ils s’enrichissent d’apports plus surprenants comme ceux de Carolyn Carlson, qui fut une proche de Paulin, ou ceux de Arnaud Petit et de Marc Audibet.

Designer français à la renommée internationale, Pierre Paulin (1927-2009), créateur aussi exigeant pour inventer une chaise de bureau qu’un fauteuil d’un salon présidentiel (il meubla le Palais de l’Élysée sous Georges Pompidou puis sous François Mitterrand), a considérablement influencé la scène du design.

Le livre s’articule autour des thèmes et des étapes clés du travail de Pierre Paulin, le bleu, le futur, les commandes institutionnelles, les matières. Ses environnements, ses pièces de mobiliers, ses objets industriels, dépouillés ou spectaculaires se mettent toujours au service du corps, lui offrant confort et réconfort.

Ce catalogue deviendra vite un ouvrage de référence sur Pierre Paulin, ses maîtres et ses sources d’inspiration, comme sur l’influence qu’il exerce encore dans le monde du design.

Un graphisme vintage, dans l’air du temps, a été imaginé pour replonger le lecteur dans l’époque inspirante et inspirée des années 1960.

De riches outils de lecture et une biographie impeccable.

Paulin, éditions du Centre Pompidou, sous la direction de Cloé Pitiot, relié avec jaquette, 200 pages, 200 illustrations, 20 x 24cm, 34,90€.

La Peinture américaine

des années 1930.

The Age of Anxiety

Les années 1930 voient s’affirmer aux États-Unis des artistes considérés parmi les plus grands noms de l’art du XXe siècle, comme Georgia O’Keeffe, Grant Wood, Edward Hopper ou Jackson Pollock.

Dans une période particulièrement complexe de son histoire, et dans un contexte international alarmant, le continent américain s’interroge sur son passé pas si éloigné, comme sur son identité en formation.

À travers des univers esthétiques différents tels que le régionalisme, le réalisme "social", l’abstraction ou le surréalisme, les artistes américains manifestent les mêmes doutes et les mêmes interrogations suscités par le contexte de la Grande Dépression qui broie alors les populations, qu’elles soient rurales ou citadines.

La réalité est réévaluée, l’idéal d’un monde rural préservé de l’économie moderne ou le retour aux cultures indigènes se confrontent à des visions angoissantes d’un monde devenu précaire, de corps tourmentés et d’une nature asséchée.

Ce catalogue montre comment l’expression de ces questionnements sur l’histoire et l’identité a donné lieu à des formes stylistiques dans lesquelles l’art moderne américain a pris racine et comment s’est construite ce qu’artistes et critiques appellent la "Scène américaine".

La Peinture américaine des années 1930, coédition Hazan / musées d’Orsay et de l’Orangerie, publié sous la direction de Judith A. Barter, broché avec rabats, 240 x 300mm, 120 illustrations, 208 pages 39€.

Picasso-Giacometti

Le catalogue de l’exposition Picasso-Giacometti témoigne d’un nouvel état de la recherche dans les fonds d’archives, et met en lumière des documents qui ne furent jamais encore publiés.

Les expertises de conservateurs et d’historiens d’art apportent des éclairages approfondis, notamment sur les liens étranges qui unissaient ces deux artistes que 20 ans séparaient. Chacun d’eux, à sa manière, a su bouleverser les conventions esthétiques de leurs époques, et donné de nouvelles mesures à l’art. Étaient-ils vraiment parvenus à faire exister entre eux un principe d’échanges et d’équivalence qui n’aurait fait naître nul lien de nature hiérarchique ? On se plaît à le croire.

Ils furent proches, très proches, à plusieurs époques de leurs vies, puis leurs liens se sont distendus, trop occupés qu’ils étaient à leur propre création dévorante.

Une anthologie de textes historiques permet de croiser les regards que leurs contemporains ont portés sur leurs œuvres.

160 illustrations, reproductions pleine page de grande qualité, illuminent et valorisent cet ouvrage. Des cahiers de photographies dévoilent les ateliers de ces deux monstres sacrés, plaçant le lecteur au cœur de ces deux activités en permanence créatrices.

Une liste des œuvres exposées et une bibliographie sélective concluent ce catalogue, à la fois accessible au grand public, par la place donnée à l’iconographie, et véritable outil de recherche scientifique, précis et exigeant.

Picasso - Giacometti, coédition Flammarion / Musée national Picasso-Paris / Fondation Giacometti, publié sous la direction de Catherine Grenier, Virginie Perdrisot, Serena Bucalo, 21 x 26,5 cm, 288 pages, 200 illustrations, 39€.

Picasso. Sculptures

Ce catalogue, qui couvre le versant sculpteur de Picasso, sans n’exclure aucune passerelle vers d’autres domaines de l’expression artistique, insiste plus particulièrement sur la dimension sérielle de son travail.

Picasso déclarait volontiers que nul autre domaine de la création ne semblait si bien donner vie à "ce mouvement de la pensée", qu’il disait préférer encore à sa "pensée elle-même", que la sculpture, et plus encore son évolution dans chacune des étapes d’une série.

C’est l’objet de la fine traque de cet ouvrage, de cette création en fusion et en fait en mouvement permanent, alors même que la sculpture est le plus souvent définie par son immobilité !

Changement de matériau, évolutions des formes et des mélanges de matières comme de techniques, intervention de la couleur, des transparences, des influences...

Le catalogue prend méticuleusement la précaution de segmenter cette chronologie de création si volcanique, si prolifique, et si vivante.

Un glossaire finaud apporte sur chacun des éléments de la création comme sur chacune des contributions, des lieux, des ateliers, ou des termes des techniques utilisées, un éclairage utile qui familiarise aisément le lecteur avec l’œuvre en pleine évolution.

Photographies difficiles et résultats adroits.

Picasso. Sculptures, coédition musée national Picasso - Paris / Somogy / Bozar, sous la direction de Cécile Godefroy et Virginie Perdrisot, 21 x 26,5 cm, 352 pages, 270 illustrations en couleurs, relié, 45€.


R

Rembrandt intime

Maître incontesté du Siècle d’or hollandais, Rembrandt a dominé l’art de son temps. Trois de ses tableaux majeurs, conservés au musée Jacquemart-André, illustrent chacun une époque différente et fondamentale de sa création : ses débuts à Leyde, ses premières années de succès fulgurant à Amsterdam et ses années de maturité.

Ce catalogue, conçu autour de ces trois chefs-d’œuvre, les confronte à d’autres œuvres de Rembrandt afin de mieux saisir l’ampleur de son génie. Il réunit une vingtaine de tableaux et une trentaine d’œuvres graphiques, grâce à une série de prêts exceptionnels, consentis à l’occasion de l’exposition au musée Jacquemart-André, par le Metropolitan Museum of Art de New York, l’Ermitage de Saint-Pétersbourg, la National Gallery de Londres, le Rijksmuseum d’Amsterdam, le Louvre et le Kunsthistorisches Museum de Vienne.

La sélection des dessins et gravures amorce un fructueux dialogue avec les peintures de Rembrandt et dévoile les facettes de son immense talent.

Ce catalogue évoque les moments forts de la carrière de l’artiste et retrace son évolution stylistique. Il dévoile l’intimité de son processus créatif et permet ainsi d’approcher le cœur de sa pratique artistique, tout en s’attachant à sa biographie, indissociable de son œuvre.

Rembrandt intime, coéditon Fonds Mercator / musée Jacquemart-André, publié sous la direction d’Emmanuel Starcky, Peter Schatborn et Pierre Curie, 192 pages, broché 32€, relié

Bettina Rheims

Bettina Rheims ne laisse pas indifférent. Elle séduit ou heurte depuis ses premières photographies, bougeant sans cesse les codes, depuis ses premières photographies. De sa série sur les stripteaseuses de Pigalle (1980) au cycle sur la vie de Jésus dans I.N.R.I (1998), ou d’une publicité pour Chanel à son travail sur le genre dans Gender Studies (2011), son œuvre bouscule l’iconographie traditionnelle dans une double interrogation sur la beauté et le dérapage.

Cette somme rétrospective de son œuvre embrasse, en plus de 500 photos, 40 années d’une carrière provocante, innovante et rebelle. Cette sélection, faite et ordonnancée par l’artiste elle-même, mêle et mixe des extraits de ses séries les plus fameuses (Chambre Close, Héroïnes, Rose, c’est Paris) et certains clichés inédits de ses archives. Des notes du « journal intime » de Bettina Rheims livrent des souvenirs personnels et l’envers du décor de quelques unes de ses images.

Alternant photos de mode, de presse et séries artistiques, ce catalogue de la rétrospective de la MEP étonne par la force des images égrainées comme par la diversité des sujets, le rare souci esthétique, le nombre des célébrités présentées et leur évidente complicité abandonnée à l’art de cette femme photographe.

Femmes anonymes abordées dans la rue ou stars (Kate Moss, Madonna, Monica Bellucci, Claudia Schiffer, Charlotte Rampling, Naomi Campbell), l’ouvrage révèle le regard empathique que Bettina Rheims porte sur ce qui fonde peut-être une nouvelle féminité, de la fragilité à la puissance de toutes ces femmes.

Une édition collector a été faite (500€), de même qu’une édition d’art (1 250€).

Bettina Rheims, éditions Taschen, multilingue (français, anglais, allemand), relié, 27,9 x 35,7cm, 590 pages, plus de 500 photos, 59,99€.

Hubert Robert, 1733-1808.

Un peintre visionnaire

Ce titre est l’un des 10 Nominés au Prix CatalPa 2016.

Hubert Robert fut l’un des peintres et des créateurs les plus séduisants du siècle des Lumières.

L’artiste, qui sait s’attirer d’emblée les sympathies, parvint à s’introduire dans les cercles les plus brillants de son temps, édifiant avec méthode une longue carrière prolifique dans la France de l’Ancien Régime et jusqu’au règne de Napoléon.

Reçu et formé vers le milieu du siècle dans une Rome en pleine fièvre antiquaire, compagnon d’apprentissages et de découvertes de Fragonard, Robert s’impose dès son retour à Paris comme « peintre d’architecture ».

Le philosophe Denis Diderot célèbrera tôt la « poétique des ruines » du jeune artiste, dont la production fait preuve d’une exceptionnelle dynamique d’amplification tout au long de sa carrière : œuvres, projets, et charges y atteignant une dimension considérable.

Hubert Robert, très recherché pour la production de vastes ensembles de décors peints, se lancera avec succès dans une forme d’« art total », devenant même créateur de vastes jardins, dont le parc de Méréville (de 1786 à 1793), sans doute son chef-d’œuvre.

Frappé par le bouleversement historique de la Révolution française, il en consigne les premières manifestations en représentant, dès l’été 1789, La Bastille dans les premiers jours de sa démolition. En 1795, il réintègre sa fonction de conservateur de ce qui deviendra le musée du Louvre, et dont il avait préparé activement la création.

Un intéressant chapitre de Marie-Martine Dubreuil resitue historiquement les œuvres de ce fameux peintre de la France des Lumières dans le marché de l’art.

L’ouvrage est somptueux et rehaussé d’outils de lecture irréprochables. Grande qualité des reproductions. Appelé à faire rapidement référence.

"Cet ouvrage est d’un classicisme assumé. On pourrait parler de catalogue absolu ici, tout comme Vincent Pomarède qualifie Hubert Robert de « paysagiste absolu ».

Tout est là. La puissance qui rythme l’ouvrage est celle qui habitait l’exposition. La cohérence globale affirme le parcours historique de cet homme remarquable. La diversité des cadrages thématiques est généreuse, les articles courts et éclairants. Un jeu d’illustrations réalistes permet au lecteur de vagabonder du plan large aux détails.

Et si le plaisir de l’œil n’y suffisait pas, les 144 œuvres s’accompagnent d’une fiche, et l’ensemble couronne plus de 10 années de recherches collectives." Les Arpenteurs d’expositions

Hubert Robert, 1733-1808. Un peintre visionnaire, coédition Somogy / Louvre éditions, sous la direction de Guillaume Faroult, Conservateur au Département des peintures du musée du Louvre, avec la collaboration de Catherine Voiriot, Documentaliste scientifique au musée du Louvre, département des Objets d’art, 24 x 30cm, 300 illustrations, 544 pages, 49€.

L’Enfer selon Rodin

Ce catalogue permet de revivre la création de La Porte de l’Enfer, la création centrale de toute la carrière d’Auguste Rodin (1840-1917).

Commandée en 1880 pour le musée des Arts décoratifs, cette porte préoccupera Rodin pendant 30 années, durant lesquelles reviendra inlassablement sur ses thèmes, l’épurant et tirant certaines de ses sculptures les plus connues : Le Penseur, Le Baiser, Ugolin ou Les Ombres.

S’inspirant de La Divine Comédie de Dante et des Fleurs du mal de Baudelaire, le sculpteur crée une œuvre monumentale et hors normes, grouillante de quelque 200 personnages, d’une hauteur de 6,35m, et de 4m de large, où les corps expriment peur, violence, souffrance, et désir.

Le catalogue présente 150 œuvres, dont 50 "dessins noirs" rarement présentés et une trentaine de sculptures montrées pour la première fois. Ainsi se découvre l’histoire fascinante et l’élaboration d’un chef-d’œuvre dont l’influence fut considérable dans l’évolution de la sculpture et des arts, abordant de manière inédite les passions humaines.

L’Enfer selon Rodin, coédition musée Rodin / Norma, de François Blanchetière, Claire Barbillon, Sophie Biass-Fabiani, Catherine Chevillot, et Camille Morineau, 22 x 28cm, 256 pages, 250 illustrations couleurs, couverture souple avec rabats, 34€.


S

Soulèvements

Ce titre est l’un des 10 Nominés au Prix CatalPa 2016.

La réunion et la mise en forme commentée, par le philosophe et historien de l’art Georges Didi-Huberman, d’œuvres anciennes et contemporaines sur le thème des gestes humains, qu’ils soient collectifs ou individuels, d’actions ou de passions, d’œuvres ou de pensées.

Ces gestes disent non à un état de l’histoire trop pesant, mais ils appellent aussi un monde désiré meilleur, imaginé ou esquissé, en tout cas plus vivable.

« Une confiance d’enfant, une confiance qui va au-devant, espérante, qui vous soulève, confiance qui, entrant dans le brassage tumultueux de l’univers […], devient un soulèvement plus grand, un soulèvement prodigieusement grand, un soulèvement extraordinaire, un soulèvement jamais connu, un soulèvement par-dessus soi, par-dessus tout, un soulèvement miraculeux qui est en même temps un acquiescement, un acquiescement sans borne, apaisant et excitant, un débordement et une libération, une contemplation, une soif de plus de libération, et pourtant à avoir peur que la poitrine ne cède dans cette bienheureuse joie excessive… »
Henri Michaux, L’Infini turbulent (1957).

Où va donc la colère ?

"Soulèvement, insurrection, révolte : le feu de la colère suscite un événement imprévisible, qui, entre fête et violence, entre allégresse et ressentiment, est toujours susceptible de bifurquer ou de se dévoyer, s’il n’est pas simplement écrasé ou canalisé par l’autorité contre laquelle il s’est dressé. C’est dire que révolte n’est pas synonyme d’émancipation." Georges Didi-Huberman

L’émouvant défilé des révoltes, avec ou sans méthode, désespérées ou trop pleines d’espérance, dont les attentes bien souvent démesurées de promissions qui ne s’accompliront que bien incomplètement et très rarement.

Un feu doux qui couve à travers le monde et peut être violent, mais que l’on gagnera à entretenir. Une façon constructive et destructive à la fois de regarder et de prendre le monde, à travers de nombreux exemples qui s’égrainent dans le temps et sèment à tous les vents.

"Dès la couverture, la présence élégante de ce manifestant en colère annonce le lien étroit qui, dans ce catalogue, unira l’esthétique et le fait politique inhérents à chaque révolte, à chaque soulèvement.

Le choix de recadrer certaines des photos que présente Didi-Huberman nous indique avec force sa volonté de mettre à distance le réel pour affuter notre réflexion et lui éviter toute dispersion.

Tout soulèvement même réprimé sert aussi à redonner de la dignité à l’homme qu’il s’agisse de celui d’Atlas, de Prométhée ou même de la révolte du Ghetto de Varsovie.

L’envers du soulèvement étant la soumission, le philosophe ainsi nous met face à nos responsabilités." Les Arpenteurs d’expositions

Soulèvements, coédition Gallimard / Jeu de Paume, publiée sous la direction de Georges Didi-Huberman, ouvrage collectif de Nicole Brenez, Judith Butler, Marie José Mondzain, Antonio Negri et Jacques Rancière. 165 x 230mm, 428 pages, sous couverture illustrée et cartonnée. 49€.

Spectaculaire Second Empire

Régime décrié en son temps et honni après sa chute, le Second Empire fut longtemps marqué du sceau décadent et superficiel de la "fête impériale".

Sur fond de bouleversements sociaux, cette époque de prospérité fut pourtant un temps de fastes et d’euphorie économique, d’ostentation et de célébrations multiples qu’il convient aujourd’hui de réexaminer.

Des décors éphémères aux mutations haussmanniennes de Paris, des joyaux impériaux à l’éclectisme des arts décoratifs, de Cabanel à Manet, cet ouvrage brosse le portrait d’une époque foisonnante, brillante et riche de contradictions aux sources de notre modernité.

Spectaculaire Second Empire, coédition Skira / musée d’Orsay, publié sous la direction de Guy Cogeval, président des musées d’Orsay et de l’Orangerie, Yves Badetz, conservateur général arts décoratifs, musée d’Orsay, Paul Perrin, conservateur peinture, musée d’Orsay, Marie-Paule Vial, conservateur en chef, chargée de mission à la direction des affaires culturelles de la ville de Marseille. Relié, 240 x 280 mm, 320 pages, 250 illustrations, 45€.

Christine Spengler.

L’Opéra du monde

Christine Spengler, photographe, a été une correspondante de guerre de renommée internationale. De 1970 à 2003, elle a couvert tous les conflits mondiaux pour les plus grands magazines dont Life, Paris Match, Time, Newsweek...).

Ce catalogue est une courte rétrospective de son parcours photographique. Il réunit pour la première fois les deux principales facettes de son œuvre.

Dans la première partie, ses photos de guerre sont pour la plus grande part en noir et blanc. Photos humanistes, c’est surtout la dimension humaine que l’œil de la photographe a fixé, au Liban, en Bolivie, en Afghanistan, au Cambodge, en Irlande ou en Iran. Mais c’est ainsi que, dans ses images de tous ces conflits, les corps, les visages, et les regards en disent davantage que bien des discours. Les émotions y sont incrustées : la souffrance, la peur, le défi, le courage.

Dans la seconde partie, Christine Spengler présente une sélection de ses photos oniriques, enluminées, rehaussées. Portraits en couleur et évocations lyriques, elles sont autant de célébrations. La photographe déambule parmi les autels dressés à ses icônes personnelles (André Breton, Frida Khalo, Greta Garbo, etc.) comme à ses intimes (sa famille, son compagnon). Images joyeuses et réparatrices. La résilience est un art.

Christine Spengler a publié par ailleurs Une femme dans la guerre (éditions des Femmes), Entre la luz y la sombra (Pais Aguilar), Les Années de guerre et Vierges et Torreros (éditions Marval).

Christine Spengler. L’Opéra du monde, coédition Le Cherche-Midi / La Maison européenne de la photographie, relié, 22 x 29 cm, 168 pages, 35€.

Un Suédois à Paris

au XVIIIe siècle.

La collection Tessin

Ce « Suédois à Paris au XVIIIe siècle » dévoile un choix spectaculaire d’une centaine d’œuvres de la collection initiale dont certaines, comme le Triomphe de Vénus de François Boucher, revenaient à Paris pour la première fois depuis leur achat par Tessin. Découverte de l’histoire du goût parisien au milieu du XVIIIe...

En courant les boutiques, les ventes aux enchères et les ateliers d’artistes parisiens, Tessin avait acquis une collection exceptionnelle, révélant à la fois le goût d’un homme et l’émulation artistique qui régnait à Paris dans les années 1730-1740.

De retour en Suède, criblé de dettes, Carl Gustaf Tessin se voit contraint, à partir de 1749, de se séparer de sa collection dont une grande partie devient propriété de la Couronne suédoise.

D’une qualité exceptionnelle, la sélection d’œuvres présentée dans cet ouvrage suit un parcours à la fois chronologique et thématique, montrant comment l’amateur a rassemblé ce grand nombre de dessins et de peintures des plus illustres artistes français (Boucher, Natoire et Oudry...) et étrangers (Dürer, Rembrandt, Caracci…), ainsi que du mobilier et des objets d’art à la mode.

De toutes évidences, Carl Gustaf Tessin fut un collectionneur passionné à la personnalité atypique.

Nombreux et copieux outils de lecture.

Un Suédois à Paris au XVIIIe siècle. La collection Tessin, coédition Liénart / Musée du Louvre, broché, 254 pages - Textes en Français


T

Tous à la plage !

Ce catalogue offre la première étude internationale sur les villes balnéaires, à la fois chronologique et typologique.

L’invention et l’âge d’or de ces stations, leurs développements majeurs de l’après-guerre, le patrimoine naturel et architectural qu’elles ont constitué.

La mondialisation actuelle et les enjeux touristiques futurs y sont évoqués, en convoquant de nombreux exemples en France et à l’étranger.

Il raconte et décrit l’histoire des villes balnéaires en France, au regard des pratiques internationales.

L’ouvrage présente la singularité de l’architecture et de l’urbanisme des bords de mer, ainsi que l’évolution de la société et de son rapport au littoral.

Celui-ci, d’abord perçu comme hostile voire dangereux, va devenir au XIXe siècle le lieu privilégié des villégiatures d’été et d’hiver, puis au XXe siècle, la destination préférée d’un tourisme de masse.

De nos jours, à l’heure de la mondialisation, la ville balnéaire peut à sa manière préfigurer la ville de demain. Elle se dessine comme un terrain propice aux développements d’utopies urbanistiques et écologiques à la fois, allant jusqu’aux villes-îles flottantes, auto-suffisantes, n’exerçant plus d’action néfaste sur l’environnement, et capable d’accueillir 50 000 personnes par unité...

Tous à la plage !, coédition Lienart / Cité de l’architecture & du Patrimoine, sous la direction de Bernard Toulier, avec des contributions de Guy Amsellem, Florence Allorent, Valter Balducci, Corinne Bélier, Franck Delorme, Christine Desmoulins, Philippe Duhamel, Richard Klein, Yannick Lageat, Claude Laroche, Agnès Monges, Gilles Ragot, Émilie Regnault, Simon Texier, , Jean-Didier Urbain. 300 pages, 35€.


W

La collection

Thea Westreich Wagner

et Ethan Wagner

Le couple de collectionneurs new-yorkais, Thea Westreich Wagner et Ethan Wagner, a assemblé une extraordinaire collection d’art contemporain depuis les années 1980 et en a fait donation au Whitney Museum (500 œuvres) et au Centre Pompidou (300 œuvres).

Ce catalogue à la fois précieux et imposant accorde une grande place aux figures désormais établies de l’histoire de l’art de la fin de XXe siècle (Jeff Koons, Christpher Wool, Sam Lewitt, Philippe Parreno...) comme à des artistes dont la pratique s’est plus récemment affirmée (Claire Fontaine, Josephine Pryde, Bernadette Corporation...).

Avec plus de 500 illustrations, la version française éditée par le Centre Pompidou présente l’ensemble de la collection et propose de nombreuses biographies et notices d’œuvres dans la partie consacrée à la donation française.

De grandes thématiques sont évoquées, au fil d’un parcours chronologique : l’épuisement du sujet en peinture, le modernisme réinventé ou la question du genre. Un tiré à part à été ajouté à la version française, consacré aux notices des œuvres de la donation ne figurant pas dans l’édition américaine.

La collection Thea Westreich Wagner et Ethan Wagner, coédition Centre Pompidou / Whitney Museum of American Art, publié sous la direction de Christine Macel et Elizabeth Sussman, 352 pages, 500 illustrations, relié, 70€.

Walasse Ting,

le voleur de fleurs

Le musée Cernuschi présente dans cet ouvrage l’itinéraire de ce peintre inclassable né près de Shanghai et actif tour à tour à Paris, New York et Amsterdam. Un ensemble unique et encore jamais montré de ses œuvres.

Au début des années 1950, Walasse Ting gagne Paris où ses créations expressives le rapprochent du groupe CoBrA. Si sa prédilection pour Matisse s’affirme pendant ses années parisiennes, c’est à New York qu’il construit son univers fait d’allers-retours entre l’encre et la couleur pure, entre les codes de la peinture chinoise et la spontanéité de l’Action painting.

Une œuvre d’une incroyable vitalité, chargée d’érotisme.

Walasse Ting est un artiste dont l’extrême mobilité préfigure l’internationalisation de l’art contemporain chinois, comme de plus en plus des artistes dans leur ensemble.

Walasse Ting. Le voleur de fleurs (1929-2011), coéditions Paris Musées / musée Cernuschi, sous la direction de Éric Lefebvre et Mael Bellec, relié, 224 pages, 39,90€.

Oscar Wilde.

L’impertinent absolu

Ce titre est l’un des 10 Nominés au Prix CatalPa 2016.

Esthète décadent, expert en provocations et en redoutables et définitifs mots d’esprit, Oscar Wilde fut aussi un grand écrivain, un dramaturge, un poète et un critique d’art.

L’ouvrage mêle et raconte à la fois ce que fut la vie passionnante et tourmentée de cet artiste dont le mythe est encore aujourd’hui particulièrement vivace, et la place en regard de son œuvre puissante.

Les portraits de Oscar Wilde (photos, caricatures, peintures...), les tableaux préraphaélites qu’il a abondemment commentés, mais aussi des manuscrits et des éditions rares, sont accompagnés par des textes de spécialistes qui éclairent et commentent les différentes facettes de l’écrivain.

Il faut (re)lire Oscar Wilde ne serait-ce que parce qu’il disait avec pertinence "Plus de la moitié de la culture moderne est faite de ce que l’on ne doit pas lire".

"Cet ensemble rare de plus de 200 pièces et documents souvent inédits (manuscrits, dessins, photos et effets personnels) rend hommage à cet original, à cet impertinent, ce romancier, dramaturge et poète irlandais si francophile.

Ce catalogue nous immerge dans son univers onirique et exigeant, où claquent tels des fouets les aphorismes pertinents de cet incroyable dandy.

Cet ouvrage rend parfaitement compte de la complexité du personnage, Oscar Wilde ayant été ce fin critique d’art qui porta ses idées esthétiques dans de longues tournées de conférences à travers l’Amérique, cet écrivain au talent immense talent, bien sûr, et aussi cet homosexuel puni d’un emprisonnement dont il mourut." Les Arpenteurs d’expositions

Oscar Wilde. L’impertinent absolu, coédition Paris Musées / Petit Palais, sous la direction de Dominique Morel et Merlin Holland, 24 × 30 cm, relié, 304 pages, 290 illustrations, 35€.


André Balbo

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Voir aussi : www.laffairedescatalogues.org.

Les catalogues d’expositions de Paris ont leur prix.

Dany Laferrière © JF Paga, Grasset

Dans sa 5e édition, le Prix CatalPa 2016 pour les catalogues d’expositions a été remis le 15 novembre prochain par Dany Laferrière, de l’Académie française, Président d’Honneur 2016 du Prix CatalPa.

Lire aussi :

- Paris 2015. Les 36 meilleurs catalogues d’expositions de Paris

Prix CatalPa 2015  : Warhol Unlimited, édité par les Éditions Paris Musées ;

Mention spéciale au Prix CatalPa 2015 : Splendeurs et misères. Images de la prostitution de 1850 à 1910, coédition Flammarion / musée d’Orsay.

Mention spéciale au Prix CatalPa 2015 : Beauté Congo, 1926-2015, Congo Kitoko, édité par la Fondation Cartier pour l’Art contemporain.

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- Sélection 2014 des catalogues d’expositions de Paris

Prix CatalPa 2014  : Niki de Saint Phalle, édition de la Réunion des Musées nationaux et Grand Palais ;

Mention spéciale au Prix CatalPa 2014 : Gustave Doré, l’imaginaire au pouvoir, coédition Flammarion / musée d’Orsay.

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- Sélection 2013 des catalogues d’expositions de Paris

Prix CatalPa 2013  : Ron Mueck, édition Fondation Cartier pour l’art contemporain ;

Prix CatalPa 2013  : La Spoliation des juifs, une politique d’État (1941-1944) ;

Mention spéciale au Prix CatalPa 2013 : Angkor. Naissance d’un mythe, Louis Delaporte et le Cambodge, coédition Gallimard / musée Guimet.

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- Sélection 2012 des catalogues d’expositions de Paris

Prix CatalPa 2012  : Les Enfants du Paradis, coédition Cinémathèque / Fondation Jérôme Seydoux / Xavier Barral ;

Mention spéciale au Prix CatalPa 2012 : Artemisia (1593-1654). Pouvoir, gloire et passions d’une femme peintre, coédition Gallimard / musée Maillol ;

Mention spéciale au Prix CatalPa 2012 : Wim Delvoye au Louvre, coédition musée du Louvre / Fonds Mercator.

Voir aussi : www.laffairedescatalogues.org.

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