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Expo gratuite : Paris, grande star romantique d’Hollywood, à l’Hôtel de Ville

jeudi 7 décembre 2017, par André Balbo

Tous les jours sauf dimanches et jours fériés, l’exposition gratuite Paris vu par Hollywood est ouverte de 10 à 19h.

Jack Lemmon et Shirley MacLaine dans Irma la douce, de Billy Wilder, 1963 © Irma la douce, MGM studios Inc. Tous droits réservés

Paris a été la ville étrangère que le cinéma hollywoodien a le plus représenté dans ses films : plus de 800, dont une centaine de chefs-d’œuvre, retenus et rappelés ici sous différentes formes : une vingtaine d’écran montrent plus de 70 extraits, des affiches, des costumes, des musiques, des dessins de décors, etc, etc.

Tous ces films ne furent pas tournés dans nos murs, il arrivait souvent que Paris soit reconstitué, comme par Ernst Lubitsch, par exemple, qui y situa, une douzaine de ses films… sans jamais y tourner le moindre plan, et eut quelques perles de dialogue merveilleuses, dont, dans Ninotchka (1939) la fameuse réplique faite par l’entreprenant Parisien à une Soviétique arrivée dans le Paris capitaliste : « Votre plan quinquennal me fascine depuis 15 ans ».

La visite de cet événement léger et frivole, dont le commissaire est l’historien et critique de cinéma Antoine de Baecque, commence par la mezzanine sur laquelle figurent quelques rappels de films muets. À l’aube du cinéma déjà, Edison envoyait à l’Exposition universelle de Paris de 1900 ses opérateurs.

Puis ce furent les grands muets, essentiellement tirés, très librement, d’œuvres littéraires (romans de Victor Hugo ou d’Alexandre Dumas, grandes fresques, Révolution française, que nos amis américains ne comprendront vraiment jamais).

En descendant dans la grande salle du rez-de-chaussée, un grand écran spectaculaire, la "Fresque", de 13 mètres, et à son ombre, quelques extrémités de tables peut-être insuffisamment éclairées.

Audrey Hepburn, dans Charade, 1963, réal. Stanley Donen. © 1963 Universal Pictures Company Inc. and Stanley Donen, Inc. © Photo Vincent Rossell / visuel TCD

De courts extraits de moins d’une minute de 70 films, pour que les organisateurs ne soient pas ensevelis sous le montant des royalties à payer… Le coût en droits de la manifestation aurait déjà été considérable, mais pas de chiffres. On est là pour s’instruire et se divertir.

L’exposition rassemble quelque 350 documents ou pièces, regroupés par thème dans les travées. La voix du Cinéclub, Patrick Brion, grand collectionneur, a confié ses trésors.

Et que montre-t-on de Paris dans ces films ? Que dit-on de nous et de notre ville ? On en montre des lieux, des ambiances, des personnages, en général des « clichés » qui peuvent assez facilement nous agacer un peu au final. À travers le regard américain, Paris est la ville du désir, du plaisir, de l’adultère possible, de la liberté.

C’est la ville où l’on s’embrasse partout, en tous lieux, en toute situation, isolés ou devant les autres.

Gene Kelly et Leslie Caron dans Un Américain à Paris, de Vincente Minnelli, 1951. © Turner Entertainment Co. Disponible sur Warner TV / Visuel Prod DB

La ville par excellence où l’on se donne le plus que fameux « french kiss » ! Et c’est ainsi que dans quelque 250 comédies américaines, le monde moderne se crée sous nos yeux dans le Paris des films hollywoodiens, comme si ce n’était qu’ici que furent inventés tout à la fois la modernité, la peinture, la danse, le théâtre, l’amour, la vraie vie, le bonheur possible, et comme si les héritiers de tout cela, puisque la France et Paris font partie de la Vieille Europe sont… les États-Unis d’Amérique !

Faites donc aussi tournoyer les mannequins élégants dans les rues de la capitale … Et ces toits de Paris, si romantiques, combien de fois nous auront-ils été montrés ?

Dans les Années 1950-1960, les tournages US s’installent à Paris, et les influences du cinéma américain avec la Nouvelle Vague française s’entremêleront, jusqu’au échange de certaines stars (dont Jean Seberg).

Plus tard, vers les Années 1980-1987, Paris deviendra ce qu’avaient été pendant la Guerre froide certaines villes européennes plus à l’Est, comme Vienne ou Berlin, un repaire d’affaires louches mêlant mafias ou agents spéciaux. Paris est alors le lieu d’intrigues, pas forcément amoureuses, terrain de jeux de cascadeurs, de poursuites, de policiers, de méchants dans des décors d’un grand intérêt touristique !

Ce côté comploteur, passablement terroriste aussi, permettra par exemple de punir symboliquement, cet allié (la France !), qui se débina, quand Cap’tain America eut besoin de lui, au moment d’attaquer l’Irak.

La punition fut terrible, à la hauteur de la trahison ressentie puisque dans pas moins de 6 films on assiste, horrifié… à la destruction de la Tour Eiffel par des groupes terroristes arabes ou professionnels !

Asa Butterfield dans Hugo Cabret, de Martin Scorsese, 2011 Jaap Buitendijk © 2011 GK Films LLC Tous droits réservés.

Enfin, tout récemment, le Diable s’habilla en Prada, Marie-Antoinette glorifia la futilité, le Da Vinci Code revivifia le tourisme d’églises, à Saint-Sulpice, Disney glorifia la gastronomie française grâce à un rat très sympathique, et le presque éternel Woody Allen nous imposa deux autres films, et Scorsese l’intéressant « Hugo Cabret », évocateur de Georges Méliès, grand-père français malicieux, de Montreuil, du cinéma mondial.

Il ne manquerait plus qu’un producteur américain me proposa de réaliser, sur les plus intenses années que connut Paris, le grand film en costumes sur Paul Poiret qui reste toujours à tourner, et dont je suis, sans fausse modestie, avec mon ami cinéaste Éric Darmon, le plus grand spécialiste !

Un peu cher, certes, mais superbe projet, avec la naissance de la Haute Couture, les fêtes les plus inoubliables, les exotismes, les fortunes si vite faites et défaites, et Paris, phare du monde et du goût !

Et les studios de la Plaine-Saint-Denis de Luc Besson nous accueilleraient, j’en suis sûr, à bras ouverts, à la seule lecture de cet article !

Paris... si romantique !

Paris vu par Hollywood. Hôtel de Ville. Du 18 septembre au 15 décembre 2012. Sauf dimanches et jours fériés. De 10 à 19h.

Vous retrouverez dans l’article « 2012 à Paris : les grandes expositions de A à Z » les différentes expositions 2012 déjà annoncées par leurs établissements et musées, et dans l’article « Calendrier 2012 des grandes expositions à Paris », ces mêmes expositions classées par dates.

David méditant devant la tête de Goliath, d’Orazio Gentileschi, huile sur lapis-lazuli, exposition Artemisia

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et vous remercions des suggestions, précisions et corrections que vous pourriez apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : "LA SEMAINE des expositions, musées, et galeries : que faire à Paris du...".

Nous tentons aussi de vous les présenter par mois : Février, Mars, Avril, Mai, Juin, Septembre, Octobre, Novembre...

Enfin, contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons la sélection, pour Paris, des MEILLEURS CATALOGUES des expositions 2012. Celui de cette exposition en fait partie.

André Balbo

sources : visite, Antoine de Baecque, Mairie de Paris

Adresse

Place de l’Hôtel de Ville 75004 Paris

Horaires

- Du 18 septembre au 15 décembre 2012

- Tous les jours sauf dimanches et jours fériés de 10h à 19h

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